Retraites, Assurance Chômage : FO contre le 49.3 social

Retraites : Le Sénat tente un « 49.3 » social, Force Ouvrière ne laissera pas faire !

Dès l’annonce du vote d’un amendement au Sénat le samedi 14 novembre, réintroduisant le débat sur les retraites, notre réaction a été immédiate et sans équivoque :

« L’amendement au Sénat sur la réforme des retraites avec le recul de l’âge et l’allongement de la durée de cotisation s’apparente à un 49-3 ! Coupé des réalités qui préoccupent les salariés, notamment jeunes – santé, emploi et revenus. Force Ouvrière ne laissera pas faire ! »

Ce message, diffusé sur nos réseaux sociaux, illustre notre ferme opposition à une méthode et à un contenu inacceptables.

Un air de déjà-vu : quand le gouvernement court-circuite le dialogue social

Si nous avons établi un lien direct avec l’article 49.3 de la Constitution, qui permet à l’exécutif d’adopter un projet de loi sans débat parlementaire, c’est que la mémoire syndicale est longue. Nous gardons en effet en tête le samedi 29 février 2020. En plein conseil des ministres extraordinaire, en lien avec l’arrivée de la pandémie de Covid-19, le gouvernement annonçait, sans la moindre concertation préalable, son intention de recourir au 49.3 pour imposer son projet de système universel de retraites. Un projet que Force Ouvrière combattait déjà depuis des mois.

« À l’époque, nous avions déjà dénoncé le caractère incompréhensible et inacceptable d’une telle décision. L’initiative actuelle du Sénat est tout aussi alarmante. »

Cette manœuvre du Sénat, loin de la concertation, interroge la sincérité du dialogue social, si souvent invoqué ces derniers temps.

Le dialogue social bafoué : un consensus syndical ignoré

Il y a peu, le 14 octobre, les cinq confédérations syndicales de ce pays, malgré des positions distinctes sur certains sujets, s’étaient accordées pour adresser un message clair au Premier ministre et au Président de la République :

« L’heure n’est pas à la remise à l’ordre du jour du sujet des retraites. »

Ce consensus, fruit d’un dialogue intersyndical, a été purement et simplement ignoré. Cela vaut tant pour le gouvernement que pour les sénateurs. Cette obstination à vouloir imposer des réformes majeures sans écouter les corps intermédiaires est une négation de la démocratie sociale.

Assurance Chômage : Le gouvernement s’obstine, FO dénonce les conséquences désastreuses

Mais l’acharnement ne s’arrête pas aux retraites. Dans la même lettre évoquée précédemment, Force Ouvrière avait renouvelé la nécessité d’abandonner la réforme de l’assurance chômage, décidée en juin 2019. Nous réclamions un retour aux dispositions de la convention négociée en 2017.

Malgré nos alertes et les preuves de son inefficacité, le gouvernement s’obstine. Bien qu’ayant dû reporter à trois reprises son application (initialement au 1er septembre, puis au 1er décembre, et désormais au 1er avril), il continue d’affirmer que cette réforme est « bonne dans son esprit » !

Pourtant, son caractère nocif pour les travailleurs demandeurs d’emploi n’est plus à démontrer. Les projections de l’Unédic sont alarmantes :

  • Près de la moitié des demandeurs d’emploi indemnisés, soit 1,2 million de personnes, seraient impactés.
  • Ces impacts se traduisent par une baisse significative de leur indemnisation ou une difficulté accrue à recharger leurs droits.
  • Les plus touchés ? Les plus précaires et les saisonniers, déjà en grande difficulté.

« Cette réforme est une véritable punition pour les travailleurs et une menace pour la cohésion sociale. »

FO, acteur incontournable du dialogue social : Télétravail et Santé au Travail

Force Ouvrière ne se contente pas de dénoncer. Nous sommes également en première ligne pour défendre les intérêts des salariés sur d’autres fronts cruciaux. Si nous avons, pour l’heure, réussi à nous préserver d’une mainmise directe de l’État sur Action Logement (le 1% logement), la Confédération s’est également mobilisée pour que deux négociations essentielles soient mises à l’ordre du jour :

  • Une négociation sur le télétravail : Notre objectif est clair : encadrer strictement ses pratiques et renforcer les protections au niveau national interprofessionnel. Nous nous opposons à la volonté des employeurs de privilégier le niveau local ou l’accord de gré à gré, qui fragilise les salariés.
  • Une négociation sur la santé au travail : Un sujet de pleine actualité, visant à préserver et conforter les mécanismes de prévention. La crise sanitaire a mis en lumière l’urgence de renforcer la protection des travailleurs face aux risques professionnels.

Force Ouvrière : Nous ne lâcherons rien !

Face à ces tentatives de régression sociale, à ce déni de démocratie et de dialogue, Force Ouvrière réaffirme sa détermination inébranlable.

« Pour ce qui nous concerne, nous ne lâcherons pas ! Nous continuerons de nous mobiliser, d’alerter et de lutter pour défendre les droits et les acquis des travailleurs, pour une société plus juste et plus solidaire. »

YVES VEYRIER
Secrétaire général de Force Ouvrière

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