
Le Comité Central d’Entreprise (CCE) de Coca-Cola Enterprises a rendu un avis DÉFAVORABLE à la majorité sur les modalités d’accompagnement du Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE). Un vote clair et sans équivoque : 2 voix favorables contre 9 défavorables. Un message fort envoyé à la Direction, malgré un processus entaché d’irrégularités dès le départ.
Un Avis Sans Appel : Le CCE de Coca-Cola Enterprises Dit NON au PSE !
L’affaire est grave. Alors que les salariés de Coca-Cola Enterprises font face à la menace d’un PSE, la Direction s’illustre par des manquements troublants. Notre CCE n’a même pas pu s’exprimer sur le projet de fond, la Direction ayant « oublié » d’inviter des intervenants cruciaux. Une maladresse ? Ou une tentative délibérée d’entraver le débat démocratique ? L’avis, rendu en janvier, est sans équivoque.
« Notre comité central d’entreprise entend rappeler que la présente délibération qu’il rend sur ce PSE est strictement prise dans le cadre d’une procédure d’information et de consultation d’une institution représentative du personnel. Ainsi, le présent avis exprimé n’engage que le Comité Central d’Entreprise et non les organisations syndicales qui peuvent être amenées à signer un tel accord PSE en qualité de parties à sa négociation. »
Quand l’Indécence Fait Loi : CICE et Licenciements, le Scandale Coca-Cola
La motivation de ce vote défavorable est limpide et scandaleuse. Force Ouvrière dénonce une situation inacceptable :
« Tout d’abord, notre comité central d’entreprise juge indécent que ce plan de licenciement soit imposé à des salariés alors que dans le même temps la société COCA COLA ENTREPRISE se voit attribuer un crédit d’impôt (CICE) pour un montant qui avoisinera les 2,5 millions d’euros en 2014 et alors même que le rapport de l’expert-comptable montre que la compétitivité de CCE n’est absolument pas menacée. »
Oui, vous avez bien lu ! Pendant que l’entreprise encaisse des millions d’euros d’argent public censé « soutenir l’emploi », elle s’apprête à licencier. L’expert-comptable est formel : la compétitivité de CCE n’est ABSOLUMENT PAS menacée. Un paradoxe qui en dit long sur les priorités de la Direction.
Des Critères de Licenciement Douteux : La Subjectivité au Service du Tri Sélectif ?
Au-delà de l’indécence économique, le CCE s’est élevé contre des critères de licenciement qui ouvrent la porte à l’arbitraire.
Qualités Professionnelles : Un Piège Subjectif
Le CCE refuse que les « qualités professionnelles » soient un critère d’ordre des licenciements. Pourquoi ?
- L’appréciation des qualités professionnelles est soumise à la plus grande subjectivité.
- Elle offre un levier dangereux pour « choisir » les salariés à écarter, loin de toute objectivité.
Catégories Professionnelles : Une Définition Obsolète et Suspecte
La définition des catégories professionnelles, censée encadrer les licenciements, est jugée totalement inadaptée à la réalité des fonctions actuelles. Elle s’appuie sur un accord du 13 janvier 1993, aujourd’hui complètement obsolète.
« Notre Comité craint que ce manque de précision sur les catégories cache en réalité une volonté de choisir indirectement les salariés licenciés ce qui est confirmé par notre expert-comptable dont le rapport indique clairement la liste des 38 salariés potentiellement impactés. »
La transparence n’est clairement pas au rendez-vous. Le rapport de l’expert-comptable confirme nos craintes : il y a une volonté cachée de cibler des individus.
Le Périmètre des Licenciements : L’Entreprise Entière, Pas de Morcellement !
Force Ouvrière est claire : le périmètre retenu pour l’ordre des licenciements ne peut l’être que dans le cadre d’un accord négocié. En l’absence d’accord, c’est l’entreprise dans son ensemble qui constitue le périmètre adéquat, sans chercher à différencier artificiellement les activités (siège, commercial, industriel).
Mesures d’Accompagnement : L’Inégalité de Traitement, une Pilule Amère
Les mesures d’accompagnement, négociées sous la contrainte d’une logique de « donnant-donnant » imposée par la Direction, sont également sous le feu des critiques.
Le CCE s’interroge fortement sur l’application concomitante de deux PSE différents à des salariés de la même entreprise. Cette variation est injustifiable et soulève une question fondamentale : celle de l’égalité de traitement entre les salariés de CCE.
- Des congés de reclassement différents selon les salariés.
- L’absence de pré-retraite accolée au congé de reclassement pour certains.
Ces disparités sont inacceptables et renforcent le sentiment d’injustice.
Des Moyens Colossaux, des Mesures au Rabais : Le Paradoxe Coca-Cola
Enfin, si les mesures proposées aux salariés peuvent formellement respecter les obligations légales, elles sont en réalité loin d’être proportionnelles aux moyens colossaux du groupe COCA COLA ENTERPRISES Inc. et encore moins si l’on considère les ressources astronomiques du groupe The COCA COLA COMPANY. La machine à cash « Coca-Cola » a les moyens d’offrir bien mieux à ses salariés, mais choisit la voie de la restriction.
« Cette délibération vaut avis du Comité Central d’Entreprise. »
Cet avis est un cri d’alarme. Force Ouvrière reste mobilisée et continuera de défendre sans relâche les droits et la dignité de tous les salariés de Coca-Cola Enterprises. La lutte pour la justice sociale est notre combat quotidien !



