
Près de vingt ans après la chute d’une dictature militaire répressive en Indonésie, une réalité glaçante persiste : les travailleurs des opérations indonésiennes de Coca-Cola Amatil (CCA), l’embouteilleur australien de The Coca-Cola Company, sont toujours privés de leurs droits démocratiques fondamentaux sur leurs lieux de travail.
Quand Coca-Cola étouffe la démocratie syndicale en Indonésie
Alors que les travailleurs de Coca-Cola Amatil Indonésie s’organisent courageusement pour former des syndicats démocratiques indépendants, la réaction de la multinationale est scandaleuse : une attaque systématique contre leurs membres et leurs dirigeants élus. C’est inacceptable et Force Ouvrière dénonce avec force ces pratiques dignes d’une autre époque.
Les tactiques de répression : une liste accablante
La formation de syndicats indépendants sur deux sites de CCA a été accueillie par une vague de mesures punitives intolérables :
- Le licenciement abusif de responsables syndicaux.
- Des transferts forcés visant à isoler les leaders.
- La suspension immédiate de figures clés comme Atra Narwanto et Lutfi Ariyanto, pour les empêcher d’assumer leurs fonctions de président.
- Un harcèlement systématique infligé aux membres des syndicats indépendants.
L’ampleur de cette répression est telle que lorsque 150 travailleurs-ses de l’usine de Surabaya ont osé signer une pétition pour exprimer leur défiance envers une organisation syndicale datant de l’époque Suharto – et imposée par CCA – la direction a exercé des pressions intenses pour les forcer à retirer leurs signatures. Une preuve flagrante de la volonté de museler toute contestation.
L’ombre de la dictature : un allié inattendu pour CCA
L’allié de Coca-Cola Amatil dans cette répression des droits humains n’est autre que la SPSI-RTMM, la fédération nationale des syndicats des employé-e-s du tabac, de l’alimentation et des boissons d’Indonésie. Mais attention, cette entité est une émanation directe de l’organisation créée par la dictature de Suharto pour précisément empêcher les travailleurs de se syndiquer et de défendre leurs droits !
« CCA se réfère encore aujourd’hui à des conventions collectives qui ne sont rien d’autre que des codes disciplinaires conçus pour contrôler la main-d’œuvre. Ces instruments remontent à une époque où contester les syndicats « officiels » équivalait à un acte de sédition. »
C’est une régression intolérable, un retour aux heures les plus sombres de l’histoire indonésienne, cautionné par une entreprise à la réputation mondiale.
Un appel international à la justice : l’inaction de The Coca-Cola Company
L’UITA (Union Internationale des Travailleurs de l’Alimentation), dont Force Ouvrière est membre, a pourtant, à de nombreuses reprises, porté ces atteintes flagrantes aux droits humains à l’attention de The Coca-Cola Company (TCCC) et de CCA. Malgré ces interpellations, les violations se poursuivent, en violation flagrante des normes internationalement reconnues en matière de droits humains et des conventions de l’OIT.
Plus qu’un combat syndical : une lutte pour l’avenir démocratique de l’Indonésie
Les syndicats indépendants chez Coca-Cola Amatil Indonésie ne se battent pas seulement pour les droits de leurs propres membres. Leur combat est bien plus large, bien plus profond. Ils se battent pour :
- Défendre les droits de tous les travailleurs en Indonésie.
- Promouvoir un avenir démocratique pour le pays.
- Lutter contre l’héritage persistant d’un passé autoritaire.
Il est inacceptable que les vestiges de la longue dictature militaire soient encore si clairement présents chez Coca-Cola Amatil Indonésie, la société qui fabrique la marque internationale la plus connue dans le pays. Force Ouvrière se tient aux côtés de ces travailleurs courageux et appelle à une intervention immédiate pour que justice soit faite. La solidarité internationale est notre force !



