Coca-Cola CEE : Rupture des négociations, FO dénonce

Rupture des négociations chez Coca-Cola European Partners : Quand le dialogue social est jeté aux oubliettes !

C’est un véritable camouflet pour le dialogue social européen ! La direction de Coca-Cola European Partners (CCEP) a claqué la porte des négociations sur la création d’un Comité d’Entreprise Européen (CEE), torpillant des mois de travail et l’esprit même de la construction européenne. Chez Force Ouvrière, nous dénonçons avec la plus grande fermeté cette attitude inacceptable.

Le CEE : Un pilier essentiel pour l’intégration et la croissance

Dans un groupe de l’envergure de CCEP, récemment formé et présent dans de nombreux pays, il est plus que légitime d’attendre des relations sociales exemplaires et un dialogue constant avec les représentants des travailleurs. Ces éléments sont, en effet, la pierre angulaire de toute intégration réussie et de toute croissance durable.

C’est dans cet esprit que le Groupe Spécial de Négociation (GSN), composé de représentants des salariés de tous les pays où CCEP opère, négocie depuis novembre 2016 avec la direction pour établir un CEE digne de ce nom.

La proposition du GSN est claire et constructive :

  • La tenue de quatre réunions du CEE par an.
  • Un dialogue positif et constructif avec la direction.
  • La possibilité de « se faire entendre » avant toute décision ayant des effets à long terme sur le personnel.

Ce CEE serait un canal de communication bidirectionnel, permettant à la direction d’informer le personnel de sa vision et de ses ambitions, tout en bénéficiant d’un retour structuré des différents pays et niveaux de l’organisation. Une situation de « gagnant-gagnant », en parfaite adéquation avec les valeurs et la législation européenne.

« Notre succès dépend de notre personnel – la croissance de notre entreprise va de pair avec la croissance de nos salariés. »
— Slogan sur le site de CCEP

Un slogan qui sonne aujourd’hui étrangement creux face à la réalité…

Le 6 septembre à Bruxelles : La direction sabote les négociations

Lors du dernier round de négociations à Bruxelles, le 6 septembre dernier, le GSN a été confronté à une fin de non-recevoir brutale. Alors que les discussions sur le nombre de réunions du CEE n’avaient même pas pu être lancées, la direction a décidé de rompre unilatéralement les négociations !

La raison ? La direction a insisté pour introduire des « seuils » totalement inacceptables, sous lesquels aucune consultation avec le CEE ne serait possible. Des conditions drastiques qui videraient le CEE de toute substance :

  • La situation doit affecter au moins dix pour cent (10%) du personnel total de CCEP.
  • Un pourcentage donné des effectifs par pays doit être affecté dans au moins deux pays au même moment.
  • Les questions délicates ne pourraient être abordées que si ces deux seuils sont dépassés simultanément, et en cas d’impact direct sur l’emploi.

« Dix pour cent des effectifs totaux de CCEP, c’est près de 2 600 personnes ! Autrement dit, selon la direction, le CEE ne mérite de se faire entendre que si une véritable catastrophe sociale est déjà en cours. C’est un déni pur et simple de la représentation des salariés. »
— Le GSN, soutenu par Force Ouvrière

Si de tels seuils étaient appliqués, il n’y aurait jamais de consultation significative. C’est une stratégie cynique visant à museler le CEE et à empêcher toute anticipation des changements, toute discussion constructive avant que les décisions ne soient déjà prises et leurs conséquences irréversibles.

Force Ouvrière le dit haut et fort : Chaque salarié compte !

Le GSN, et par extension Force Ouvrière, est ouvert à toute proposition raisonnable et basée sur des critères objectifs. Mais nous ne pouvons et ne pourrons jamais accepter que le CEE soit privé de son activité centrale : la consultation sur les circonstances risquant d’avoir un impact sur les intérêts des salariés.

L’introduction de tels « seuils » est absolument discriminatoire et diamétralement opposée aux intérêts des salariés. Elle est également contraire à l’esprit du droit européen, qui ne mentionne pas ces seuils mais évoque le concept « d’impact potentiel » comme exigence suffisante pour lancer un processus de consultation sur les circonstances transnationales.

Le dialogue européen devrait servir à anticiper les changements et à éviter les licenciements de masse, non pas à constater des dégâts une fois qu’ils ont été planifiés.

Un appel à la raison et à la reprise des négociations

Le GSN a été consterné par la proposition de la direction et l’a entièrement rejetée. Le 6 septembre 2017 restera la date où la direction de CCEP a préféré rompre le dialogue plutôt que de respecter les droits de ses salariés.

Est-ce une tentative de contraindre le GSN à accepter l’inacceptable ? Est-ce ainsi que CCEP espère accroître ses performances, « main dans la main avec la croissance des salariés » ? Nous en doutons fortement.

Le GSN, soutenu par Force Ouvrière, appelle la direction de Coca-Cola European Partners à revoir sa position et à reprendre les négociations dans un esprit plus constructif et respectueux des droits des travailleurs et de la législation européenne. Le dialogue social n’est pas une option, c’est une nécessité !

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