CET : FO dit NON à un accord trompeur pour les salariés

Compte Épargne Temps : Pourquoi Force Ouvrière a dit NON à un accord inacceptable pour les salariés

Chez Force Ouvrière, notre engagement est clair : défendre les droits et les intérêts réels des salariés. C’est dans cet esprit que nous nous faisons un devoir d’expliquer notre non-signature de l' »Accord sur le Compte Épargne Temps » (CET). Un accord qui, sous des airs de générosité, se révèle être un véritable leurre pour la majorité des travailleurs.

Initialement, l’accord prétendait s’adresser à trois catégories de « bénéficiaires ». Examinons ensemble, point par point, pourquoi ces promesses sont loin de la réalité du terrain et pourquoi FO n’a pas transigé sur le respect dû aux salariés.

1. La pré-retraite progressive : Une façade séduisante, mais…

L’une des « bonnes » intentions affichées de l’accord était de permettre à ceux qui approchent de la retraite de s’offrir une vie personnelle plus tôt. En s’appuyant sur l’accord sur la pré-retraite progressive, le CET prévoyait un abondement de l’employeur, permettant dans le meilleur des cas de partir un an plus tôt. Une perspective alléchante, n’est-ce pas ?

Mais comme pour l’achat d’une maison, une belle façade ne suffit pas si le reste est insalubre. Imaginez une demeure avec un rez-de-chaussée somptueux, digne d’Hollywood, mais deux étages pourris et inaccessibles. L’enthousiasme initial laisserait vite place à la déception.

« S’il y a un tiers de bon dans un accord, faut-il le signer ? Non, pas quand le reste est une impasse pour les salariés ! »

Cette approche, où une petite partie de l’accord semble favorable, ne justifie en rien la validation d’un texte globalement déséquilibré et préjudiciable.

2. La formation professionnelle : Un droit à l’épanouissement confisqué

L’accord sur l’Aménagement et la Réduction du Temps de Travail (ARTT) permet déjà aux salariés de bénéficier de jusqu’à 10 jours (et 14 pour les cadres) de formation financée par l’employeur pour un projet professionnel. Le CET aurait pu être une formidable opportunité d’aller plus loin, en favorisant des formations pour l’épanouissement personnel, non directement liées au travail.

Pourtant, l’employeur s’est montré inflexible, imposant une durée de formation d’un minimum de 2 mois. Une exigence totalement déconnectée de la réalité financière des salariés !

  • Qui peut se permettre de financer une formation de deux mois, quand même une semaine est déjà un budget colossal ?
  • Qui peut prévoir son développement de compétences à 4 ans, durée d’épargne nécessaire pour atteindre ce seuil ?

Force Ouvrière a pourtant insisté sur l’intégration des formations courtes, accessibles via CD-Rom, Internet ou TV. Ces options, moins onéreuses, auraient pu ouvrir des portes. Mais l’employeur a préféré ériger des barrières infranchissables, rendant ce volet du CET quasiment inapplicable pour la grande majorité.

3. Les congés pour convenance personnelle : Le rêve d’une pause brisé par l’absurde

Les congés pour convenance personnelle représentent une aspiration forte pour de nombreux salariés. Soutenir un enfant dans sa passion, s’adonner à un nouveau loisir, ou faire face à un événement imprévu : autant de situations où un temps de pause est crucial. C’était là une opportunité en or à saisir, mais l’accord en a fait un véritable parcours du combattant.

L’employeur a imposé un minimum de 5 mois de congé pour convenance personnelle, nécessitant une épargne colossale de 9 ans d’économie de jours RTT ou de congés !

  • Comment prévoir un projet personnel 9 ans à l’avance ?
  • Le rêve d’un enfant de 9 ans sera-t-il toujours le même à 18 ans ?
  • Et si, après toutes ces années d’épargne, il manque un demi-mois de salaire pour atteindre le seuil minimum, le salarié perdra de l’argent !

« Un jeu où l’on perd quelque chose à tous les coups, est-ce encore un jeu ? Pour Force Ouvrière, la réponse est un NON catégorique. »

C’est une vision totalement décalée des besoins et de la réalité des vies des salariés, qui ne peuvent pas planifier leurs envies et leurs besoins sur une décennie.

Pourquoi Force Ouvrière refuse de céder aux sirènes d’un accord bancal ?

La question se pose souvent : pourquoi ne pas signer un accord qui contiendrait « un tiers de bon », quitte à le renégocier plus tard ? La réponse est simple et fondamentale pour Force Ouvrière : nous refusons de valider des textes qui, en pratique, mènent à la frustration des salariés. Attendre 9 ans d’épargne pour que les travailleurs se rendent compte que le compte n’y est pas, c’est inacceptable.

Notre rôle est d’anticiper les difficultés, de nous mettre à la place des salariés. Nous simulons les situations, évaluons les conséquences concrètes des accords. Il n’est pas nécessaire d’attendre les retours amers d’une expérience négative quand la réflexion préalable permet de déceler les pièges.

« Force Ouvrière préfère écouter les salariés avant qu’après pour faire des choix qui les engagent réellement et positivement. »

Notre non-signature de cet Accord sur le Compte Épargne Temps est la preuve de notre engagement inébranlable pour des conditions de travail justes et des droits des salariés respectés, sans compromis sur l’essentiel.

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