
Coca-Cola Entreprise : Du Modèle Social à la Régression ? Force Ouvrière Dit STOP !
Il fut un temps, pas si lointain, où notre entreprise était citée en exemple dans les revues et livres de droit social. Une fierté ! Aujourd’hui, avec les propositions actuelles sur le Compte Épargne Temps (CET), Coca-Cola Entreprise semble vouloir marquer le nouveau siècle en étant l’emblème d’une régression sociale sans précédent. Est-ce vraiment l’image que nous voulons donner ?
« Coca-Cola Entreprise veut-elle annoncer le nouveau siècle en étant citée comme une entreprise de régression sociale? »
Le Compte Épargne Temps (CET) : Un Droit, Pas un Piège !
Le Compte Épargne Temps (CET) est un dispositif légal précieux. Il offre aux salariés la possibilité de reporter une partie de leurs jours de repos (congés payés, RTT) pour les prendre ultérieurement, à une période choisie. C’est un véritable droit à l’épargne personnelle de temps, encadré par la loi :
- La loi travail de 1994 l’avait initialement mis en place pour les formations, avec un minimum de six mois.
- Les lois Aubry l’ont étendu aux congés pour convenance personnelle et ont réduit le minimum à deux mois (négociable par accord).
Au niveau de la branche, un accord avait déjà été conclu en 1996 pour accompagner la loi de 1994. Mais Coca-Cola s’était bien gardée de vouloir négocier quoi que ce soit à l’époque. Et aujourd’hui, alors que la loi a été améliorée pour les salariés, l’entreprise voudrait… appliquer l’ancienne législation !
Coca-Cola : Un Retour en Arrière Inacceptable !
Le premier projet de CET présenté par la direction était clair : il prévoyait des prises de congé sans solde de six mois minimum, tant pour la formation que pour la convenance personnelle. Une aberration totale au regard de la législation actuelle !
Les Vraies Intentions de la Direction Démasquées
On aurait pu croire à une simple méconnaissance des textes. Mais non ! Le représentant de l’entreprise a annoncé d’emblée qu’il ne souhaitait « pas trop favoriser des congés sans solde pour convenance personnelle ». La vérité est donc ailleurs :
- L’objectif est de privilégier les formations personnelles…
- … permettant à l’employeur de se désengager de certaines formations en les faisant prendre en charge par les salariés.
Pour Force Ouvrière, un accord, c’est la conciliation des intérêts des salariés et de l’employeur. S’il n’y a pas de contrepartie pour les salariés – c’est-à-dire un CET pour convenance personnelle réellement avantageux – alors il n’y a plus rien à négocier !
« Dès lors qu’il n’y a pas de contrepartie pour les salariés, il n’y a pour Force Ouvrière plus rien à négocier. »
L’Hypocrisie Révélée : Un « Molière » à la Coca-Cola
Le comble du cynisme ? Ce même représentant qui refusait de favoriser les reports de congés pour convenance personnelle osait annoncer qu’il avait autorisé des salariés, n’ayant pu prendre tous leurs congés payés, à les « garder » pour un futur accord CET… non encore signé !
« Cela rappelle une pièce de Molière. »
Le Piège du CET « Façon Coca-Cola » : Des Chiffres Qui Parlent
Imaginons un instant un accord signé (mais pas par FO !) avec un minimum de cinq mois pour convenance personnelle. Quelles seraient les conséquences concrètes pour vous, salariés ?
- Vous devriez attendre 9 ans pour prendre un congé de cinq mois… dont vous ne pourriez financer que 4 mois et demi !
- Si vous réalisiez le piège et décidiez d’attendre 4 ans pour prendre un congé de formation de deux mois, vous pourriez le financer intégralement, mais vous devriez payer votre formation (et 2 mois de formation coûtent sans doute bien plus qu’un demi-mois de salaire perdu).
Face à ce projet inacceptable, le Comité Central d’Entreprise (CCE) n’a pas hésité : il a émis un vote unanime « pas d’avis ». Une preuve supplémentaire de la dangerosité de ces propositions !
Force Ouvrière : Le « Principe de Faveur » ou Rien !
Notre syndicat est inébranlable sur un principe fondamental : le « principe de faveur ». Cela signifie qu’un accord d’entreprise doit être PLUS favorable aux salariés que l’accord de branche ou le Code du travail. Signer un projet de Compte Épargne Temps pire que la loi, c’est ouvrir la porte à une dérive dangereuse :
« Ce serait commencer à rentrer dans une logique où les syndicats deviendraient des auxiliaires des patrons contre les salariés. Cela ne s’appelle plus du syndicalisme. »
Force Ouvrière ne transigera jamais avec vos droits. Nous sommes là pour défendre vos intérêts, pas pour cautionner la régression sociale. Restons mobilisés !



