
Halte à la novlangue patronale : vous êtes des salariés, pas des « collaborateurs »
Nous sommes le 28 avril 2013. Dans les couloirs de nos entreprises, une mode sémantique s’installe insidieusement : la direction ne nous appelle plus « salariés », mais « collaborateurs ». Derrière ce changement de vocabulaire en apparence valorisant, se cache une réalité juridique et idéologique que la FGTA-FO tient à dénoncer avec force.
La subordination : le socle de vos droits
Comme le rappelle un échange percutant avec l’inspection du travail, le terme « collaborateur » est totalement absent du Code du travail. Pourquoi ? Parce que ce qui définit votre relation avec l’entreprise, c’est le lien de subordination juridique permanente.
C’est précisément parce que vous êtes subordonnés à un employeur que vous bénéficiez de protections légales. Le Code du travail est la contrepartie nécessaire à cette subordination. En gommant le mot « salarié », la direction tente d’effacer la réalité de ce rapport de force pour affaiblir vos droits.
L’illusion de l’égalité et le piège idéologique
Prétendre que nous sommes tous des « collaborateurs » suggère que nous serions sur un pied d’égalité, partageant le même « challenge » ou le même « défi ». C’est une illusion dangereuse. Dans la réalité économique de 2013, les intérêts divergent : le salarié cherche à vendre sa force de travail au meilleur prix, tandis que l’employeur cherche à minimiser ses coûts.
L’idéologie du « tous dans le même bateau » s’arrête souvent brusquement à la porte de Pôle Emploi. Quand le navire tangue, le patron part avec le bateau et le prétendu « collaborateur » reste amarré sur le quai. C’est à ce moment-là que la réalité du contrat de travail réapparaît brutalement.
Un mot chargé d’histoire
Il ne faut pas oublier que le terme « collaborateur » porte, dans l’histoire de France, une marque d’infamie liée à la période 1940-1944. Ce n’est pas par hasard si les législateurs de 1945 ont systématiquement privilégié le terme de « salarié ». En 2013, restons vigilants : les mots ont un sens et une portée politique. Exigeons d’être appelés pour ce que nous sommes : des salariés fiers de leurs droits.
Ne vous laissez pas séduire par les mots, défendez votre statut !



