Réforme Retraites : FO dit NON ! Mobilisation Générale 19 Janvier

Réforme des Retraites : La FGTA-FO dit NON à une régression sociale inacceptable !

Le Gouvernement a annoncé ce 10 janvier 2023 son projet de réforme des retraites. Un texte défini de longue date, présenté après un simulacre de concertations, qui marque une régression sociale majeure pour l’ensemble des travailleurs.

À compter du 1er septembre 2023, l’âge légal de départ à la retraite sera progressivement relevé de manière accélérée pour atteindre 64 ans en 2030. La durée de cotisation sera, quant à elle, fixée à 43 ans dès 2027. Pour la FGTA-FO, cette réforme est tout simplement inadmissible.

Un déficit largement exagéré et résorbable : Les chiffres ne mentent pas !

Le Gouvernement justifie cette réforme par un « déficit » des retraites. Mais la FGTA-FO le dit haut et fort : ce déficit est largement exagéré et parfaitement résorbable !

Nous confirmons la conclusion du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) qui, sur l’équilibre du système de retraite (en excédent en 2021 et 2022), affirmait :

« les résultats ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l’idée d’une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite. »

Certes, de 2022 à 2032, la situation financière du système de retraite devrait se dégrader avant de revenir à l’équilibre. Mais ce déficit potentiel de 12 milliards d’euros est à mettre en perspective avec des chiffres bien plus vertigineux :

  • Les 300 milliards d’euros que collecte chaque année le système des retraites.
  • Les 150 milliards d’euros annuels d’exonérations de cotisations dont bénéficient les entreprises sans garanties ni contreparties !

La prétendue urgence financière est donc une fausse urgence, un prétexte pour faire payer les travailleurs.

Les enjeux dramatiques pour les salariés : Une vie de labeur écourtée

Cette réforme ignore délibérément la réalité de la vie des travailleurs, notamment ceux des secteurs professionnels couverts par la FGTA-FO, caractérisés par la pénibilité et la précarité. La FGTA-FO rappelle quelques points cruciaux :

  • L’espérance de vie en bonne santé est de 63 ans pour les hommes et 64 ans pour les femmes. Reculer l’âge de départ, c’est voler des années de vie en bonne santé.
  • La durée moyenne de la retraite de base ne cesse de diminuer depuis les premières réformes.
  • Un chiffre choc : 25% des salariés les plus pauvres sont déjà décédés à 62 ans. Que dire à ceux qui devront travailler jusqu’à 64 ans ?
  • 50% des salariés qui liquident leur retraite ne sont plus en emploi (chômage, arrêt maladie, invalidité, minimas sociaux). Cette réforme va aggraver cette situation.

Une fabrique à invalides et chômeurs : Un transfert de charges inacceptable !

Compte tenu du faible taux d’emploi des seniors et de la pénibilité de nombreux emplois, cette réforme est un non-sens social et économique !

Une étude de la DREES sur l’effet du report de l’âge minimal de la retraite de 60 à 62 ans avait déjà mis en évidence que ce recul représentait un surcoût d’environ 1,2 à 1,5 milliard d’euros pour les régimes gestionnaires des pensions d’invalidité et augmentait les dépenses d’allocation de minima sociaux de 600 millions d’euros par an.

Aux mêmes causes, les mêmes effets ! Le recul à 64 ou 65 ans ne va pas créer plus de retraités, mais des invalides et des chômeurs. Ce sont donc les salariés, l’assurance-chômage et les régimes de pensions d’invalidité qui vont faire les frais de la réforme des retraites. Pour la FGTA-FO, ce ne sera ni plus ni moins qu’un transfert de charges inacceptable de la retraite vers d’autres budgets sociaux, financés par les mêmes cotisants !

L’emploi est la clef du maintien et de l’amélioration de notre système de retraite

La FGTA-FO est claire : la véritable solution pour la préservation et l’amélioration de notre système de retraites réside dans le travail sur l’emploi. Plutôt que de punir les travailleurs, il faut agir sur :

  • L’amélioration de l’emploi des seniors. Un index non contraignant et réservé aux seules grandes entreprises se révélera aussi inutile que celui mis en place pour l’égalité. Il faut des mesures fortes et contraignantes !
  • La mise en place d’un système de cotisations équivalentes à un emploi à temps plein pour les temps partiels subis, qui pénalisent des milliers de travailleurs, majoritairement des femmes.
  • La lutte concrète contre l’inégalité salariale entre hommes et femmes pour améliorer les recettes liées aux cotisations et garantir des retraites décentes pour toutes et tous.

Toutes et tous mobilisé(e)s le 19 janvier pour faire reculer le Gouvernement !

Pour la FGTA-FO, le projet gouvernemental est inacceptable à plus d’un titre :

  • Le recul de l’âge de départ à la retraite au-delà de l’espérance de vie en bonne santé.
  • La mise à l’index de l’emploi des seniors sans mesures contraignantes.
  • L’absence d’éléments précis et efficaces pour lutter contre la pénibilité.
  • L’absence totale de mise à contribution des employeurs, notamment en révisant les nombreuses exonérations fiscales inefficaces sur l’emploi.

La FGTA-FO appelle donc l’ensemble de ses délégués, adhérents, et salariés des secteurs dont elle a la charge à se mobiliser massivement pour faire reculer le Gouvernement dans son projet anti-social en participant le 19 janvier 2023 à la première journée de mobilisation nationale intersyndicale. Ensemble, nous pouvons gagner !

Laurent Rescanières,
Secrétaire général FGTA-FO

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