La chute de Coca-Cola : emplois sacrifiés pour les profits ?

La sonnette d’alarme retentit dans le métro new-yorkais : « Vos enfants pourraient bien être en train de se rendre malades avec leur boisson favorite », prévient une campagne de santé publique omniprésente. Ce n’est pas une anecdote, mais un symptôme : les consommateurs se détournent massivement des boissons sucrées et des édulcorants. Et face à cette prise de conscience collective, un géant tremble : Coca-Cola Inc.

Mais quand un mastodonte de l’agro-alimentaire comme Coca-Cola voit ses ventes reculer, qui en paie le prix ? Force Ouvrière est là pour le rappeler : ce sont trop souvent les travailleurs et travailleuses qui sont sacrifiés sur l’autel du profit !

Les géants du soda en perte de vitesse : la santé avant le profit ?

L’Amérique du Nord, bastion historique de la consommation de sodas, est en pleine mutation. Les messages de santé publique sont clairs :

« Les boissons sucrées peuvent conduire à l’obésité et augmenter les risques de maladie vasculaire. »

Ces avertissements portent leurs fruits. Les Américains se détournent du sucre, et pour cause : l’obésité continue de toucher 36 % des adultes et 17 % des enfants, selon les dernières estimations du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies d’Atlanta. Face à cette réalité, les ventes de boissons Coca-Cola en Amérique du Nord ont reculé de 1 % au dernier trimestre 2013.

Mais la méfiance ne s’arrête pas là. Les consommateurs s’inquiètent aussi des édulcorants, craignant des effets à long terme sur leur santé. Le Diet Coke en souffre particulièrement. Ce recul n’est plus compensé par la croissance dans les marchés émergents : les ventes mondiales des boissons estampillées Coca-Cola n’ont progressé que de 1 % l’an dernier, contre 3 % en 2012.

Coca-Cola n’est pas le seul à l’agonie. Ses concurrents, Pepsi et Dr Pepper Snapple, affichent également des ventes en repli, tandis que des acteurs plus petits et plus agiles grignotent des parts de marché. Le modèle des géants vacille.

Quand les profits vacillent, qui paie l’addition ?

La santé des citoyens s’améliore, mais celle des actionnaires se dégrade… et c’est là que le scandale commence ! Les investisseurs, préoccupés par la stratégie du géant, voient le bénéfice net chuter : de 1,87 milliard de dollars à 1,71 milliard de dollars en un an pour le seul quatrième trimestre. L’action Coca-Cola a cédé 8,7 % depuis le début de l’année !

Le plan « d’économies » : un coup dur pour l’emploi !

Face à cette situation, le patron Muhtar Kent assure que « Coke travaille à retrouver sa dynamique ». Mais quelle est cette « dynamique » ? Un plan d’économies drastique, bien sûr !

  • Un objectif : un milliard de dollars d’économies d’ici à 2016.
  • Des efforts ciblés : l’informatique et la chaîne d’approvisionnement.
  • La conséquence inévitable et inacceptable : de nombreuses suppressions d’emploi !

Oui, vous avez bien lu : pour « retrouver sa dynamique », Coca-Cola choisit de sacrifier des postes de travail. Pendant ce temps, les sommes « économisées » seront utilisées pour… renforcer les actions de promotion et de publicité ! L’image avant l’humain, encore et toujours.

La honte des rachats d’actions : le capital avant l’humain !

Le cynisme ne s’arrête pas là. Pour « apaiser les inquiétudes des actionnaires », dont le célèbre Warren Buffett, Coca-Cola compte racheter cette année entre 2,5 et 3 milliards de dollars de ses propres actions. C’est une stratégie purement financière visant à gonfler artificiellement le cours de l’action et les dividendes des actionnaires, au détriment des investissements réels et de l’emploi.

« Des milliards pour les actionnaires, des licenciements pour les travailleurs : voilà la triste réalité du capitalisme débridé ! »

L’innovation, oui, mais pour qui et à quel prix ?

Face à la nécessité de se réinventer, Coca-Cola mise sur la diversification. « Il faut plus d’innovation rapide », réclame l’analyste Ali Dibadj. Voici quelques pistes :

  • Prise de participation de 10 % au capital de Green Mountain Coffee Roasters, leader du café en capsules en Amérique du Nord. L’objectif : développer une machine à fabriquer des boissons fraîches pour contrer SodaStream.
  • Développement de produits plus naturels, comme Coca-Cola Life, commercialisé en Amérique du Sud, qui utilise la stévia comme édulcorant.

Force Ouvrière ne s’oppose pas à l’innovation, bien au contraire ! Mais nous exigeons que cette diversification se fasse dans le respect des droits des travailleurs, avec la création d’emplois décents et pérennes, et non pas comme un prétexte pour délocaliser ou précariser l’emploi existant. L’avenir des entreprises doit se construire avec les salariés, pas contre eux !

La lettre annuelle de Warren Buffett à ses actionnaires, attendue ce samedi, ne manquera pas de distiller des conseils pour Muhtar Kent. Mais nous, Force Ouvrière, nous avons un seul conseil pour tous les dirigeants : placez l’humain au cœur de votre stratégie, et non les dividendes !

Restons vigilants, restons mobilisés ! La lutte continue pour des entreprises socialement responsables !

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Source de l'article :Lire sur lesechos.fr