Hyperconnexion : FO se bat pour votre Droit à la Déconnexion

Vous êtes en vacances et continuez à compulser vos mails de boulot ? Votre patron vous envoie des SMS à 23h30 et vous lui répondez depuis l’oreiller ? Si vous vous reconnaissez, alors vous souffrez d’hyperconnexion ! Un véritable fléau qui touche près de 70% des cadres, selon des chercheurs bordelais. Alors que la France a (enfin !) reconnu le droit à la déconnexion, il est temps de se défaire de cette laisse électronique. Force Ouvrière vous donne 5 raisons cruciales pour dire STOP et prévenir les burn-out.

1. L’hyperconnexion : une réalité qui nous concerne toutes et tous !

Ne vous y trompez pas, l’addiction au numérique n’est pas un phénomène marginal. En France, un Français sur deux ne peut se passer d’Internet plus de 3 jours sans ressentir un manque (étude Credoc, 2016). Pire encore, la moitié d’entre nous utilise smartphones, tablettes ou ordinateurs tous les soirs dans son lit, compromettant notre repos vital.

Les outils numériques, censés faciliter notre travail, sont devenus de véritables envahisseurs de notre vie privée. Une étude du cabinet Eléas (spécialisé en prévention des risques psycho-sociaux) révèle un chiffre alarmant :

Plus d’un tiers des actifs utilisent chaque jour leurs outils numériques professionnels en dehors de leur temps de travail.

Cette proportion est particulièrement élevée pour certaines catégories :

  • 61% chez les artisans, commerçants, chefs d’entreprise
  • 44% chez les cadres
  • 34% chez les professions intermédiaires
  • 29% chez les employés

Personne n’est épargné, et c’est un problème collectif qui demande une réponse collective !

2. Quand la « laisse électronique » nous étrangle : le cas des cadres

Le phénomène d’hyperconnexion a été minutieusement analysé chez les cadres par le laboratoire MICA de l’Université Bordeaux Montaigne. Leurs conclusions sont sans appel :

Les superbes outils à la pointe de la technologie sont souvent des cadeaux empoisonnés. Ces laisses électroniques poussent les cadres à faire du reporting permanent. Entre 60 et 70% d’entre eux vérifient ainsi leur messagerie en dehors des heures de travail, le soir, le matin, le week-end et pendant leurs congés.

Nadège Soubiale, maître de conférence en psychologie

La prétendue « souplesse » de ces outils est un leurre. Si certains cadres s’accommodent de cette invasion, beaucoup d’autres vivent très mal cet empiètement constant sur leur vie personnelle. Plus les responsabilités augmentent, plus la connexion devient une contrainte :

Ce sont les cadres de direction qui sont les plus hyper-connectés. La proximité avec le management renforce le sentiment d’urgence et la pression inhérente à l’organisation par projet, dans laquelle on ne compte plus ses heures. […] Des échanges vifs et interactifs, qui peuvent provoquer une certaine addiction.

Nadège Soubiale

Le constat est glaçant : 78% des cadres consultent leur boîte mail professionnelle avant de s’endormir. Bonne nuit garantie ? Non, plutôt nuits blanches et stress accumulé !

3. L’hyperconnexion, un danger réel pour notre santé mentale et physique !

Au-delà de l’anecdote (deux tiers des femmes et la moitié des hommes répondent à des appels en plein rapport sexuel, selon une étude anglaise !), la dépendance au numérique a des effets dévastateurs sur notre santé.

Les risques psychosociaux liés à l’hyperconnexion ont été au cœur de la thèse de Cindy Felio (Université Bordeaux Montaigne). Le groupe de recherche bordelais souligne une cause majeure :

La surabondance informationnelle est devenue anxiogène : « on est inondé d’informations » ; « on n’arrive plus à suivre » font souvent remarquer les cadres. C’est notamment cette surcharge informationnelle constante et la crainte de ne plus la maîtriser pour pouvoir agir qui accentuent le stress.

Le Technostress : un mal moderne à combattre

Nadège Soubiale est catégorique :

On peut ainsi basculer dans la dépression et le burn-out à cause de l’envahissement de toutes les sphères personnelles par le professionnel, et les difficultés à gérer ces temps-là.

Le « technostress » est bien réel, alimenté par le sentiment d’être débordé et le « multitasking » permanent. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Entre 50 et 70% des cadres évoquent une dégradation de leurs conditions de travail liée au numérique.
  • Entre 59 et 65% craignent des effets délétères pour leur santé (problèmes de dos, de posture, sédentarité).
  • Un tiers des cadres ont observé des cas de burn-out dans leur entourage, directement liés à une utilisation immodérée des TIC.

Le numérique, loin d’être neutre, a une responsabilité majeure dans l’explosion des cas de burn-out en France. Il est urgent d’agir !

4. La loi : un premier pas, mais pas suffisant !

Le droit à la déconnexion est désormais inscrit dans la loi. C’est une avancée, certes timide, de la loi El Khomri, effective depuis le 1er janvier 2017. Elle contraint les entreprises de plus de 50 salariés à mettre en place des dispositifs de déconnexion et à engager des discussions sur le sujet.

Cependant, comme le souligne Loïc Lerouge, chercheur au CNRS et à l’Université de Bordeaux, il s’agit d’un « droit mou ». Nadège Soubiale le confirme :

Cette loi n’est pas contraignante et c’est un problème. […] Elle a toutefois permis de dire que l’hyperconnexion n’est pas une question individuelle. […] La loi El Khomri a au moins cet avantage d’obliger à ce que cette question de la déconnexion soit débattue avec les partenaires sociaux. C’est un premier pas.

Nadège Soubiale

Force Ouvrière partage cette analyse : si la loi est un début, elle est un « droit mou » qui manque cruellement de sanctions. Nous nous battons pour des mesures plus contraignantes !

Quelques entreprises pionnières ont cependant compris l’enjeu. L’exemple d’Orange, éclaboussée par une vague de suicides, a montré que la dégradation de la qualité au travail et les burn-out ont un coût économique et humain inacceptable. Une prise de conscience nécessaire !

5. Des solutions concrètes pour une déconnexion effective !

Actuellement, même si le droit à la déconnexion est reconnu, une entreprise n’est pas « en tort » si elle vous contacte pendant vos repos, sauf cas de harcèlement moral. C’est inacceptable !

La situation doit évoluer, notamment avec la mise en place de chartes d’entreprise sur la déconnexion. L’employeur doit alors faire de la prévention pour protéger ses salariés. Des solutions innovantes émergent :

  • Des sociétés comme Calldoor proposent d’envoyer des messages de prévention sur les terminaux numériques ou même de les bloquer à des heures définies.
  • Loïc Lerouge suggère d’organiser des plages horaires de contact spécifiques pour le télétravail, et d’autres où la déconnexion est totale.

Mais attention, la déconnexion ne doit pas être une simple règle de plus, rigide et imposée. Elle doit être le fruit d’un véritable dialogue social :

La déconnexion ne doit pas être organisée comme un règlement de plus, de manière rigide, mais être l’objet de négociations, et d’une bonne compréhension par l’ensemble des salariés, des syndicats, des managers…

Nadège Soubiale

C’est là que Force Ouvrière intervient ! Nous sommes vos représentants pour négocier des accords collectifs ambitieux, protéger votre droit à la déconnexion et garantir votre bien-être au travail. Ne restez pas isolés face à l’hyperconnexion : contactez vos délégués FO !

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Source de l'article :Lire sur rue89bordeaux.com