FO refuse l’ANI QVT 2013: Dangers pour les droits des salariés

Illustration : FO refuse l'ANI QVT 2013: Dangers pour les droits des salariés - FGTA Force Ouvrière Coca-Cola

Le syndicalisme, c’est l’action concrète pour l’amélioration des conditions de travail et de vie de tous les salariés. Pour Force Ouvrière, cette mission est une priorité absolue, et cela passe notamment par la lutte acharnée contre les risques psycho-sociaux (RPS) et la promotion d’une véritable Qualité de Vie au Travail (QVT).

L’Ambition de Force Ouvrière : Une Vraie Qualité de Vie au Travail !

Depuis toujours, FO s’engage pour que le travail ne soit pas une source de souffrance, mais un levier d’épanouissement. C’est pourquoi nous mettons un point d’honneur à travailler sur l’impact des modes d’organisation du travail sur la santé des travailleurs. Notre objectif est clair : prévenir les risques psycho-sociaux et garantir une meilleure articulation des temps professionnel et personnel. C’est un combat quotidien pour le respect de chaque salarié.

L’ANI du 19 Juin 2013 : Une Déception Amère pour les Salariés

C’est avec une grande vigilance que Force Ouvrière a examiné le texte proposé à la signature des organisations syndicales, l’Accord National Interprofessionnel du 19 juin 2013, intitulé « vers une politique d’amélioration de la qualité de vie au travail et de l’égalité professionnelle ». Malheureusement, notre analyse est sans appel : ce texte est en grande partie creux et, pire encore, non créateur de droits nouveaux pour les salariés.

« Pour une bonne part, c’est une « charte d’intentions » qui correspond davantage à une démarche de type « responsabilité sociale des entreprises » qu’à un véritable accord national interprofessionnel. »

Ce que nous attendions, c’était un accord robuste, normatif, apportant des avancées concrètes. Au lieu de cela, nous nous retrouvons face à un texte qui n’apporte aucune avancée substantielle, y compris en matière d’égalité professionnelle, et qui, de surcroît, est de caractère expérimental, tel un « CDD » des droits sociaux.

Des Dangers Concrets pour les Droits des Travailleurs

Ce texte, loin de protéger, présente deux inconvénients majeurs et de réels dangers pour l’ensemble des salariés :

  • La possibilité d’expérimenter par accord d’entreprise, dit majoritaire, des dérogations au Code du Travail. C’est une porte ouverte à la régression sociale, où les protections collectives seraient balayées au profit d’accords locaux déséquilibrés.

    Le regroupement de négociations (pénibilité, contrat de génération, égalité professionnelle, GPEC, handicap…) a clairement vocation à diluer les revendications syndicales et à alléger les contraintes des entreprises, au détriment des droits acquis.
  • L’absence de contenu normatif, notamment sur des questions aussi importantes que l’égalité professionnelle ou le temps partiel. Sans règles claires et contraignantes, les intentions restent lettre morte et les inégalités perdurent.

Qui Sont les Grands Perdants de cet Accord ?

Ces éléments contribuent à nouveau à désarticuler la négociation collective et à en dévitaliser les niveaux nationaux. La conséquence directe ? Un report de l’essentiel des discussions au profit des négociations d’entreprise. Cette décentralisation à outrance oublie délibérément :

  • L’intérêt social des salariés des TPE/PME, souvent les plus vulnérables et les moins bien représentés au niveau local.
  • L’intérêt économique de ces mêmes TPE/PME, qui ont besoin d’un cadre national clair et stable.

Enfin, un risque majeur et sournois demeure : le contournement et l’affaiblissement des IRP, et notamment des CHSCT. Ces instances, garantes de la santé et de la sécurité, sont menacées dans leur rôle essentiel.

Force Ouvrière Dit NON ! Pour la Défense des Droits de Tous les Salariés !

Face à un texte aussi décevant et dangereux pour les droits des travailleurs, la position de Force Ouvrière est claire et ferme. Pour toutes ces raisons, et parce que nous ne transigerons jamais avec les acquis sociaux, Force Ouvrière ne signera pas l’accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 « vers une politique d’amélioration de la qualité de vie au travail et de l’égalité professionnelle ».

Notre engagement est et restera la défense intransigeante des droits des salariés, la construction d’un dialogue social juste et équilibré, et la promotion d’une Qualité de Vie au Travail qui soit une réalité, pas une simple intention.

Nous continuerons le combat. Ensemble, faisons respecter nos droits !

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