
Force Ouvrière refuse l’ANI : Une décision unanime pour défendre les droits des salariés !
Le lundi 14 janvier, le Bureau confédéral de Force Ouvrière a pris une décision forte et unanime : ne pas signer l’accord national interprofessionnel (ANI) conclu le 11 janvier.
Cet accord, pompeusement intitulé « pour un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés », ne tient en réalité aucune de ses promesses pour les travailleurs.
Un accord déséquilibré : La flexibilité patronale à marche forcée
Cette décision n’est en rien une surprise. Notre Secrétaire général, Jean-Claude Mailly, l’avait clairement laissé entendre au cours de la dernière semaine de négociations. Il avait rappelé à plusieurs reprises que toute signature de FO était conditionnée au retrait des dispositifs patronaux visant à accroître la flexibilité.
Malheureusement, le texte final, validé par la CFDT, la CGC et la CFTC, regorge de ces exigences patronales. La liste des reculs pour les salariés est longue et alarmante :
- De nouvelles procédures de plan social, rendant les licenciements encore plus aisés.
- Une mobilité interne forcée, sans réel consentement du salarié.
- La création de deux « CDI au rabais », véritables mascarades de contrats stables.
L’inacceptable chantage à l’emploi : Baisse de salaires et licenciement facilité
Mais l’une des mesures les plus graves et lourdes de conséquences pour les salariés est sans conteste la possibilité offerte aux employeurs d’imposer, en cas de « graves difficultés conjoncturelles » et pour une durée de deux ans :
- Une baisse de salaire.
- Et/ou une augmentation du temps de travail.
Et le pire ? Le salarié qui oserait refuser ce sort inique serait automatiquement licencié pour motif économique. C’est un véritable permis de licencier et de baisser les salaires, sous couvert de « sauvegarde de l’emploi » !
Les « avancées » pour les salariés : Un écran de fumée à coût zéro
En revanche, lorsque l’on cherche les véritables avancées pour les salariés, le constat est accablant. L’accord propose des dispositifs d’une fragilité déconcertante, dont la mise en œuvre est soit repoussée, soit vidée de sa substance.
Droits rechargeables au chômage : Une promesse sans lendemain
La mise en place de droits rechargeables à l’assurance-chômage ? Elle sera… « discutée dans une négociation ultérieure ». Les contours seront fixés par un groupe de travail, avec une condition inacceptable d’emblée : il est déjà acquis que ce dispositif « ne pourra pas aggraver le déséquilibre financier du régime ». En clair : il ne devra pas coûter un euro de plus. Une avancée qui n’en est pas une !
Complémentaire santé : Rendez-vous en 2016… et après ?
Quant à la généralisation de la couverture complémentaire santé, présentée comme une victoire, elle ne sera obligatoire qu’à partir de début 2016. Un délai bien trop long pour une mesure d’urgence sociale.
Le « tour de passe-passe » patronal sur la précarité : Qui gagne vraiment ?
C’est peut-être sur la question épineuse de la surtaxation des contrats précaires que le patronat a le mieux démontré son art de la manipulation. Cette mesure a été vendue comme une « concession arrachée » par les syndicats dans les dernières heures de négociation. La réalité est tout autre :
- La plupart des CDD (saisonniers, intérim) sont miraculeusement exclus du dispositif.
- Selon un premier chiffrage, cette surtaxation ne coûtera que 100 millions d’euros au patronat.
- En échange, le patronat récupère 150 millions d’euros de nouveaux allégements de cotisations d’assurance-chômage.
Le calcul est simple et sans appel : le patronat gagne 50 millions d’euros dans l’opération ! C’est un véritable tour de passe-passe patronal, une supercherie aux dépens des travailleurs.
C’est après une analyse détaillée de cet accord que FO a conclu : « la flexibilisation, c’est maintenant ; la sécurisation de l’emploi pour demain, peut-être ».
L’ANI : Un nouvel épisode d’une longue série néfaste pour l’emploi
Cet accord s’inscrit malheureusement dans la droite ligne des politiques de l’emploi mises en œuvre depuis une trentaine d’années. Des politiques qui ont toutes pour objectif commun d’alléger le « prix du travail » et d’accroître la flexibilité, sans jamais créer les emplois promis. Rappelons quelques étapes de cette longue liste noire :
- 1983 : Désindexation des salaires.
- 1986 : Suppression de l’autorisation administrative de licenciement.
- 1992 : Allégements sociaux sur le temps partiel.
- 1995 : Allégements sociaux sur les bas salaires.
- 2000 : Mise en place des 35 heures, également dévoyée.
À chaque fois, des centaines de milliers d’emplois étaient promis… sans jamais se concrétiser. S’il demeure en l’état, cet accord viendra s’ajouter à cette liste des dispositifs néfastes pour l’emploi et les droits des salariés.
Force Ouvrière : Toujours au front pour nos droits !
Force Ouvrière continuera de défendre sans relâche les droits des salariés, de lutter contre la précarité et de s’opposer à toute régression sociale. Nous refusons cet accord qui sacrifie les travailleurs sur l’autel d’une compétitivité illusoire. Notre mobilisation est plus que jamais essentielle !



