
Salaires vs. Rachat de RTT : Force Ouvrière exige la vraie solution pour le pouvoir d’achat !
Le gouvernement et le patronat nous proposent des « rustines », des solutions temporaires qui ne s’attaquent pas à la racine du problème. La dernière en date ? Le rachat des jours de RTT. Mais pour Force Ouvrière, la réponse est claire et non négociable : seule une augmentation significative des salaires permettra de redonner un réel pouvoir d’achat aux travailleuses et travailleurs !
« Stop aux fausses solutions ! C’est l’augmentation des salaires qui redonnera du pouvoir d’achat aux salariés, pas une rustine temporaire qui menace leur droit au repos. »
Rachat de RTT : Une mesure à la loupe
Le vendredi 22 juillet, l’Assemblée nationale a validé une disposition du projet de loi de finance rectificative pour 2022. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
- Les RTT (Récupération du Temps de Travail) sont des jours ou demi-journées de repos compensant une durée de travail supérieure aux 35 heures hebdomadaires légales. Ils sont donc une compensation directe pour le temps de travail excédentaire.
- La nouvelle disposition permet aux entreprises de racheter les jours de RTT non utilisés par les salariés.
- Ce rachat est présenté comme avantageux : il est exonéré d’impôts et de cotisations sociales, et plafonné à 7 500 €.
À première vue, l’idée peut sembler séduisante pour certains. Mais Force Ouvrière met en garde : derrière cette façade se cache une menace profonde pour les droits fondamentaux des salariés et une incapacité à résoudre durablement la crise du pouvoir d’achat.
Pourquoi Force Ouvrière dit NON à cette « fausse bonne idée » ?
Le Droit au Repos n’est pas une marchandise !
Force Ouvrière réitère son attachement indéfectible au respect du droit au repos. Plus largement, nous défendons la préservation de la santé physique et mentale des travailleurs. Monétiser les jours de RTT, c’est ni plus ni moins qu’inciter les salariés à « travailler plus pour gagner plus » au détriment de leur bien-être.
Rappelons que le droit au repos n’est pas une simple commodité, mais un principe fondamental inscrit dans nos textes les plus sacrés :
- Au rang constitutionnel : article 11 du préambule de la Constitution du 4 octobre 1958.
- Dans les textes européens et internationaux : directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003.
« Le droit au repos est un pilier de la protection des travailleurs. Le monétiser, c’est ouvrir la porte à la surcharge de travail et à l’épuisement professionnel. »
De plus, cette mesure ignore l’obligation de l’employeur en matière de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. Un salarié reposé est un salarié plus efficace et en meilleure santé. L’inverse est aussi vrai.
Une mesure inutile et paradoxale
Au-delà des principes, cette disposition est tout simplement inutile et paradoxale :
- Inutilité : Les jours de RTT non pris peuvent déjà être déposés sur un Compte Épargne Temps (CET). À défaut de CET, les accords d’entreprise qui ont mis en place les RTT prévoient déjà des dispositions pour les jours non utilisés en fin de période. La nouvelle mesure n’apporte donc aucune véritable nouveauté ou flexibilité pour les salariés.
- Paradoxe : Comment peut-on invoquer sans cesse l’objectif du plein emploi tout en faisant travailler davantage ceux qui ont déjà un emploi ? C’est un contresens économique et social !
FO reste ferme : Seule l’augmentation des salaires compte !
Face à l’inflation galopante, aux prix de l’énergie qui explosent et à la dégradation du pouvoir d’achat, Force Ouvrière ne déviera pas de sa revendication prioritaire et légitime : l’augmentation générale des salaires.
Nous ne nous contenterons pas de mesures pansements, temporaires et potentiellement dangereuses pour la santé des travailleurs. Nous exigeons une revalorisation durable et juste des rémunérations, négociée dans toutes les branches et toutes les entreprises.
« Le rachat des RTT est une diversion. La seule urgence sociale, c’est l’augmentation des salaires pour permettre à chacun de vivre dignement de son travail ! »
FRÉDÉRIC SOUILLOT
Secrétaire général de Force Ouvrière




