
Non au Dumping Social : Force Ouvrière Dénonce la Délocalisation en Bulgarie !
Le 7 septembre dernier, un projet de « plan d’organisation d’optimisation de sa structure finance » a été annoncé. Derrière ce jargon managérial se cache une réalité brutale : la suppression de 170 postes en Europe, dont 31 en France. Face à cette menace, le Comité Central d’Entreprise (CIE), sous l’impulsion de Force Ouvrière, a rendu un avis résolument défavorable le 2 octobre sur la note économique présentée.
Au-delà de l’évidence d’un dumping social, une question essentielle se pose : le choix de la Bulgarie pour l’établissement d’un Centre de Service Partagé est-il vraiment raisonnable ? Force Ouvrière affirme que non. L’expérience bulgare est une preuve cinglante de l’échec des politiques de « bas salaires » et de « flexibilité à tout prix ».
Des Postes Sacrifiés Partout en Europe : Une Vague de Licenciements Inacceptable
Ce projet d’optimisation, qui n’est qu’une course effrénée à la réduction des coûts, impacte directement 188 CDI/CDD sur le continent. Voici la répartition des postes menacés :
- France : 31 postes
- Belgique : 47 postes
- Hollande : 1 poste
- Grande-Bretagne : 52 postes
- Norvège : 19 postes
- Suède : 20 postes
Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques ; ils représentent des vies, des familles et des savoir-faire sacrifiés sur l’autel de la rentabilité à court terme.
Bulgarie : Le Coût Humain du « Faible Coût »
La décision de délocaliser vers la Bulgarie est présentée comme une « opportunité ». Mais quelle est la réalité sociale et économique de ce pays, mise en lumière dès le mercredi 7 novembre 2012 par des rapports syndicaux internationaux ?
La Faillite de la Stratégie du FMI et de l’UE en Bulgarie
Depuis le milieu des années 1990, la Bulgarie a été érigée en modèle de « marché du travail le plus déréglementé d’Europe », affichant le coût du travail le plus faible des vingt-sept États membres de l’Union européenne. Le résultat est sans appel :
- C’est l’un des pays où le taux d’emploi s’est le plus détérioré depuis 2008.
- Elle se classe aujourd’hui en deuxième place après la Grèce pour la pauvreté généralisée.
« La Bulgarie est la preuve flagrante qu’une stratégie économique fondée sur les bas salaires et la flexibilité du travail est vouée à l’échec »
— dénonçait la CSI (Confédération syndicale internationale) dans son rapport « Nouveaux fronts », publié le 10 octobre.
4 Euros Par Jour pour Survivre : La Triste Réalité des Travailleurs Bulgares
Les chiffres sont glaçants et révèlent une profonde misère sociale :
- Près d’un million d’emplois détruits ces quatre dernières années.
- Le taux de chômage s’élève à 19% si l’on inclut les travailleurs découragés (estimation de l’OIT).
- Le salaire minimum national mensuel, gelé pendant deux ans et demi, n’était que de 270 BGN en 2011, puis 290 BGN en 2012 (soit à peine 148 euros).
- Une fois les impôts et charges déduits, un travailleur doit survivre avec environ 4 euros par jour.
Les salaires moyens en Bulgarie sont tout simplement les plus faibles de l’Europe de l’Est. Est-ce là le modèle que notre direction veut imposer ?
Une Stratégie Économique Vicieuse et Échouée
Cette stratégie du faible coût du travail, malheureusement impulsée depuis le milieu des années 1990 par l’Union européenne et le FMI, a eu des conséquences désastreuses. Comme l’explique la CSI :
« Elle a condamné le pays à dépendre des industries à faible valeur ajoutée, ce qui l’empêche de rattraper les pays les plus avancés de l’Union européenne. »
En 2010, 55% des exportations manufacturières bulgares concernait des produits à très bas contenu de compétences. L’expérience bulgare n’est pas un succès à imiter, mais un contre-exemple criant :
« L’expérience bulgare démontre que les réformes draconiennes du marché de l’emploi, qui sont imposées aux travailleurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie et dans d’autres pays de la périphérie de l’Europe, n’ont pas lieu d’être. »
Force Ouvrière : Contre le Dumping Social, Pour la Dignité des Travailleurs !
Force Ouvrière dénonce avec la plus grande fermeté ce projet de délocalisation qui relève du pur dumping social. Il est inacceptable de sacrifier des emplois qualifiés en Europe occidentale pour profiter d’une main-d’œuvre sous-payée et précarisée en Bulgarie, un pays où les politiques libérales ont créé une pauvreté abyssale.
Nous continuerons de nous battre pour la dignité des travailleurs, pour des salaires justes et pour un développement économique et social équilibré, loin des logiques destructrices de la compétition par le bas.
Article paru dans FO Hebdo n°3049



