FGTA-FO Dijon 2013: Agir pour l’emploi et les salaires

Illustration : FGTA-FO Dijon 2013: Agir pour l’emploi et les salaires - FGTA Force Ouvrière Coca-Cola

La FGTA-FO : Dix ans après, l’appel de Dijon pour l’emploi et les salaires résonne toujours !

En avril 2013, alors que la France et l’Europe s’enfonçaient dans une austérité destructrice, la FGTA-FO (Fédération Générale des Travailleurs de l’Agriculture, de l’Alimentation, des Tabacs et des Services annexes) réunissait son Congrès Fédéral à Dijon. Dix ans plus tard, la résolution générale « AGIR POUR L’EMPLOI ET LES SALAIRES » adoptée alors reste d’une actualité brûlante. Elle incarne la détermination inébranlable de notre syndicat à défendre les droits de tous les travailleurs, retraités et chômeurs.

« Réuni à Dijon les 23, 24, 25 et 26 avril 2013, le Congrès de la FGTA-FO réaffirme sa ferme détermination à défendre les droits et garanties des salariés, retraités et chômeurs qui résulte du Code du travail et des conventions collectives. »

La FGTA-FO, forte de sa représentativité dans des secteurs essentiels, a toujours placé la hiérarchie des normes et la pratique contractuelle et conventionnelle au cœur de ses combats. Nos secteurs d’action incluent :

  • L’agriculture et les métiers de l’environnement connexes
  • L’agro-alimentaire
  • Le commerce
  • L’industrie hôtelière et du tourisme
  • Les tabacs et services annexes
  • Les services à la personne, la coiffure, etc.

I. Face à la crise : Non à l’austérité, Oui au pouvoir d’achat !

Le constat alarmant de 2013 : une crise systémique et des politiques d’austérité

Dès 2013, notre Congrès dénonçait la crise systémique du capitalisme et l’urgence d’un changement de cap radical. Les politiques d’austérité, menées par le gouvernement et soutenues par le patronat, n’engendraient et n’engendrent toujours que plus de misère, touchant en premier lieu les salariés les plus précaires : jeunes, femmes et seniors.

« Le Congrès condamne l’austérité qui prend appui sur le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) ratifié par le Parlement à l’automne 2012 et qui impose, aux états européens, un encadrement de leurs dépenses et une réduction des déficits publics à hauteur de 3 % du PIB. »

Nous condamnions également l’Accord National Interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013, véritable cheval de Troie pour la flexibilité et la compétitivité au détriment des salariés. La non-signature de cet accord par la confédération FO fut une victoire, et nous avons soutenu toutes les actions contre sa transcription en loi.

Nos revendications pour un pouvoir d’achat retrouvé

La financiarisation de l’économie au détriment de l’emploi et des salaires est une réalité contre laquelle nous nous battons. Les salaires stagnent, les prix flambent (alimentation, loyers, énergies), et le chômage atteint des sommets. Pendant ce temps, la part des richesses pour les patrons et les actionnaires n’a cessé de croître.

La FGTA-FO exige :

  • Des augmentations générales fortes pour tous : salaires, retraites et prestations sociales.
  • La réouverture immédiate des négociations de branche pour recréer de véritables écarts hiérarchiques.
  • Un « coup de pouce » significatif au SMIC, seul levier pour relancer l’économie et l’emploi.
  • La généralisation d’un 13e mois.
  • Une prime transport pour tous.

Nous apportons notre soutien indéfectible aux salariés victimes des plans sociaux et des suppressions d’effectifs, notamment dans les secteurs de la FGTA-FO.

II. Des conditions de travail dignes : Notre combat quotidien

Précarité et pressions intolérables : Stop à la dégradation !

Les conditions de travail se dégradent dans tous nos secteurs. La recherche constante de gains de productivité engendre des pressions intolérables et une souffrance au travail en forte augmentation. Face à cette précarité croissante, la FGTA-FO réaffirme son attachement au contrat à durée indéterminée à temps complet comme forme normale du contrat de travail.

Nous revendiquons fermement :

  • La suppression du temps partiel subi et sa substitution par du temps plein.
  • L’abrogation des dérogations prévues dans le cadre de la « directive détachement » et la fin des abus.
  • La réduction du travail précaire sous toutes ses formes (CDD, intérim, saisonniers, etc.), car il est inadmissible que ces contrats ne permettent pas de vivre décemment.
  • Le refus de toute remise en cause de la durée légale du travail à 35 heures et des accords de réduction du temps de travail.
  • L’attachement au repos dominical et le respect de la vie privée et familiale des salariés. Nous nous opposons à l’élargissement de l’ouverture du dimanche.

Santé et sécurité : Une priorité absolue

Le développement de la précarité fragilise les salariés et les rend plus vulnérables aux risques professionnels. La FGTA-FO exige :

  • Une obligation de négociation sur la prévention des risques professionnels.
  • L’application stricte de la législation en matière de sécurité pour tous.
  • Une médecine du travail indépendante et dotée de moyens suffisants, élément fondamental de prévention.

III. Sécurité Sociale : Un pilier de solidarité à défendre !

Notre attachement indéfectible aux principes fondateurs de la Sécurité sociale pour tous est une constante. Nous rappelons l’essence même de ce système :

« La Sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. »

Article premier de l’ordonnance du 4 octobre 1945

La Sécurité sociale, fondée sur la solidarité, est un pilier des valeurs républicaines défendues par la FGTA-FO. Elle doit permettre à chacun de cotiser en fonction de ses moyens et de se soigner en fonction de ses besoins.

Nos combats pour la Sécurité Sociale :

  • Nous dénonçons la campagne mensongère contre la Sécurité sociale, bouc émissaire de tous les maux, alors qu’elle a joué un rôle d’amortisseur social essentiel.
  • Nous nous opposons à l’étatisation, aux déremboursements et à toute velléité de privatisation.
  • Nous exigeons la réduction du déficit par la compensation des milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales faites aux entreprises.
  • Nous rappelons l’importance du paritarisme et de ses conseils d’administration, garants d’un contrôle efficace des institutions de prévoyance.
  • Nous demandons une couverture complémentaire santé pour tous et l’ouverture de négociations dans toutes les branches.

IV. Retraites : Garantir l’avenir par la répartition !

La FGTA-FO réaffirme son attachement aux retraites par répartition, seul système garantissant la retraite des générations futures par la solidarité intergénérationnelle et interprofessionnelle. La crise a prouvé le danger des systèmes par capitalisation.

  • Nous réaffirmons notre opposition à la réforme injuste et inefficace de 2010.
  • Nous nous opposons à toute réforme systémique du régime général visant un compte notionnel ou par point.
  • Nous soutenons les actions de la Confédération Force Ouvrière face aux attaques sur les retraites.
  • Nous revendiquons un retour de la retraite à taux plein à 60 ans après 40 ans de cotisations.

V. Égalité professionnelle : Plus qu’un principe, une réalité à construire !

L’égalité entre les hommes et les femmes est un principe fort que la FGTA-FO porte dans toutes les négociations sociales et salariales.

  • Nous exigeons l’égalité des salaires, des promotions, et une meilleure conciliation vie professionnelle/familiale, quel que soit le sexe, l’âge ou l’origine.
  • Chaque convention collective doit obligatoirement comporter des mesures en faveur de cette égalité.
  • Nous combattons tous les stéréotypes et appelons nos syndicats à œuvrer pour une plus grande mixité dans toutes les structures syndicales.
  • Nous nous félicitons des sanctions financières pour les entreprises de plus de 50 salariés ne négociant pas d’accord sur l’égalité professionnelle depuis le 1er janvier 2012.

VI. Formation professionnelle : L’outil de l’émancipation des salariés

La formation professionnelle est un outil indispensable pour tous les salariés. Son accès doit être facilité et doit permettre de :

  • Favoriser l’insertion professionnelle et le maintien dans l’emploi.
  • Développer les compétences et faciliter l’accès à la qualification.
  • Permettre le retour à l’emploi après une interruption d’activité (enfants, dépendance).

Nous demandons des efforts particuliers pour les salariés des TPE-PME, les moins qualifiés, les actifs précaires et les demandeurs d’emploi. Le temps de formation doit être considéré comme du temps de travail effectif. Nous soutenons l’optimisation du DIF (Droit Individuel de Formation) et du CIF (Congé Individuel de Formation), et revendiquons la valorisation du tutorat par la formation et la rémunération.

VII. Solidarité syndicale internationale et européenne : L’union fait notre force !

La mondialisation accélère la concentration des entreprises. Les décisions ne se prennent plus au seul niveau national, d’où la nécessité d’un renforcement de la coopération et de la solidarité syndicale internationale pour faire respecter les droits des salariés.

  • Nous condamnons fermement l’impunité dont jouissent ceux qui agressent ou assassinent des militants syndicaux.
  • La FGTA-FO soutient les efforts de l’UITA et de l’UNI pour un dialogue avec les multinationales, afin de faire reculer la précarité et d’améliorer les conditions d’emploi.
  • Nous exigeons que les règles internationales de commerce soient assorties de dispositions sociales et environnementales.
  • Nous constatons que la dimension sociale reste le parent pauvre de la construction européenne.
  • Nous appelons au renforcement de la démocratie institutionnelle et du volet social au plan européen, notamment via les Comités d’Entreprise Européens.

VIII. Renforcer la FGTA-FO : Notre indépendance, votre bouclier !

Indépendance syndicale : Notre ADN

L’attachement indéfectible à l’indépendance syndicale est le seul moyen d’exercer un véritable contrepoids à l’État et au patronat. Notre objectif premier est d’agir pour l’amélioration des conditions de vie et de travail et pour l’égalité des chances.

« Le Congrès continue de condamner la loi dite de la démocratie sociale d’août 2008, issue de la position commune entre le MEDEF et la CGPME, du côté patronal, et la CGT et la CFDT, du côté des syndicats de salariés, qui remet en cause la liberté syndicale. »

Cette loi a durci les règles de représentativité et de validité des accords collectifs, rendant plus difficile l’implantation syndicale et la défense des intérêts des travailleurs.

Un syndicalisme d’adhérents pour plus de poids

Défendre notre conception du syndicalisme libre et indépendant, conformément à la Charte d’Amiens, passe par le développement de notre organisation. Nous appelons nos syndicats à se renforcer par une politique active d’adhésion, car la représentativité syndicale est désormais liée aux résultats des élections professionnelles.

Pour garantir notre capacité à négocier et signer des accords collectifs, nous devons :

  • Multiplier nos implantations syndicales.
  • Renforcer la formation syndicale de tous nos militants, notamment via l’INACS.
  • Développer les USTA (Unions des Syndicats des Travailleurs de l’Alimentation) comme lieux d’échanges et de coordination.

Nous nous réjouissons de l’adoption du crédit d’impôt sur la cotisation syndicale à hauteur de 66 %, une revendication constante de Force Ouvrière qui favorise la syndicalisation pour tous, y compris les non-imposables.

Fort des résultats de l’élection dans les Très Petites Entreprises de décembre 2012, qui ont consolidé la troisième place de Force Ouvrière au niveau national interprofessionnel, la FGTA-FO est plus que jamais mobilisée.

Le Congrès de Dijon appelait, et appelle toujours, les travailleurs salariés, actifs, retraités et chômeurs, à rejoindre le syndicalisme libre et indépendant que perpétue et représente Force Ouvrière, en amplifiant le développement de la FGTA-FO. Nous appelons nos syndicats à se mobiliser, à défendre partout les revendications de la FGTA-FO, et à voter et faire voter pour les listes FO à l’occasion de chaque élection dans les entreprises !

(1)Fédération Européenne des Travailleurs de l’Agriculture, de l’Alimentation et du Tourisme
(2)Union Network International
(3)Union Internationale des Travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’Hôtellerie-restauration, du Tabac et des branches connexes.
(4)Institut National de l’Alimentation des Commerces et des Services
(5)Union des Syndicats des Travailleurs de l’Alimentation

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