Coca-Cola: Restructuration, Profits & Menaces sur l’Emploi | FO

Coca-Cola : Quand la « Vision 2020 » des Actionnaires Menace l’Emploi des Salariés !

Le géant mondial des boissons, la Coca-Cola Company (KO), et son partenaire historique, Coca-Cola Enterprises Inc. (CCE), annoncent une restructuration majeure de leurs opérations nord-américaines et européennes. Derrière le jargon financier et les promesses de « valeur à long terme pour les actionnaires », Force Ouvrière décrypte une opération qui, comme souvent, risque de se faire sur le dos des travailleurs.

Ce que le communiqué de presse présente comme une « évolution stratégique » s’aligne sur le plan « Vision 2020 » de Coca-Cola, censé « doubler les revenus et les ventes d’ici 2020 ». Mais pour Force Ouvrière, cette course effrénée au profit ne doit pas masquer les conséquences sociales désastreuses qu’elle pourrait engendrer.

Amérique du Nord : La Mainmise Totale, le Coût Social en Perspective

La Coca-Cola Company rachète l’intégralité des activités nord-américaines de CCE, ce qui représente environ 75 % du volume d’embouteillage pour les États-Unis et pratiquement 100 % pour le Canada. À terme, KO contrôlera directement environ 90 % de l’ensemble du volume nord-américain.

« Notre nouvelle structure nord-américaine nous permettra d’avoir à notre disposition un ensemble sans égal d’entreprises, qui seront notre passeport pour arriver à faire les profits les plus importants sur le marché mondial des boissons non alcoolisées prêtes à consommer. »
Muhtar Kent, PDG de la Coca-Cola Company.

Pour FO, ce « passeport pour les profits » est souvent un aller simple pour l’incertitude pour les salariés. La centralisation des opérations, la « réorganisation de la manufacture, de la chaîne d’approvisionnement et de la logistique » mentionnée par M. Kent, sont des signaux clairs de rationalisation des effectifs et de pression accrue sur les conditions de travail.

Europe : Une Nouvelle CCE Sous Haute Tension

Dans le même temps, CCE se transforme en une entité purement européenne, devenant le troisième plus important embouteilleur indépendant du monde. Elle acquerra les activités d’embouteillage de KO en Norvège et en Suède pour 822 millions de dollars, avec une option sur l’Allemagne. Les actionnaires de CCE recevront une action de la nouvelle entité et 10$ par action en espèces.

« Cette transformation va permettre de créer de la valeur à court terme pour les actionnaires de CCE, puisqu’ils vont recevoir plus de 4 milliards de dollars en espèces par le biais de remises en espèces et de rachats planifiés d’actions. »
John Brock, PDG de CCE.

Clair comme de l’eau de roche : les actionnaires sont les grands gagnants. Mais que signifie cette nouvelle configuration pour les salariés européens ? Une exposition accrue à la concurrence et des objectifs de performance toujours plus agressifs. La « plus grande souplesse financière » de la nouvelle CCE pourrait bien se traduire par une flexibilité forcée pour les équipes.

Les « Synergies Opérationnelles » : Le Coût Humain de la Rentabilité

Le mot clé qui doit alerter tous les salariés est : « synergies opérationnelles ». La Coca-Cola Company prévoit des économies immédiates de 350 millions de dollars sur quatre ans. Pour Force Ouvrière, ces chiffres ne sont pas abstraits :

  • Elles signifient des suppressions de postes.
  • Elles impliquent une intensification des cadences.
  • Elles entraînent une pression à la baisse sur les salaires et les acquis sociaux.

Muhtar Kent le dit lui-même : « Nous allons procéder à une réorganisation de nos opérations ayant trait à la manufacture, à la chaîne d’approvisionnement et à la logistique, de façon à dériver des réductions de coûts sur le temps. » Traduction syndicale : la chasse aux coûts est ouverte, et les emplois en seront la première victime.

Les Vrais Bénéficiaires : Actionnaires Contre Salariés

Pendant que les directions parlent de « valeur irréfutable » pour les actionnaires, le tableau est bien différent pour les salariés :

  • Les actionnaires de CCE encaissent 4 milliards de dollars en espèces et conservent des parts dans une société au « profil de croissance amélioré ».
  • La nouvelle CCE planifie un rachat d’actions d’environ un milliard de dollars et un dividende annuel de 0,50$ par action.
  • La Coca-Cola Company anticipe une augmentation des bénéfices par action d’ici 2012.

Pour Force Ouvrière, il est inacceptable que les profits record des uns se construisent sur l’incertitude et la précarité des autres. Ce transfert de capital vers les actionnaires est une attaque directe contre le pouvoir d’achat et la sécurité d’emploi des travailleurs.

Un Avertissement Crucial : La Résistance Salariale est Anticipée !

Dans les « Avertissements concernant les énoncés prospectifs », un paragraphe révèle les craintes réelles des directions :

« […] notre capacité et la capacité de nos partenaires d’embouteillage à maintenir de bonnes relations avec la main-d’œuvre, y compris la capacité à renouveler les accords de convention collective selon des termes satisfaisants et à éviter les grèves, arrêts de travail, ou agitations ouvrières. »

Ce passage, souvent ignoré par les médias financiers, est un aveu ! Il montre que la direction anticipe des tensions sociales, des mobilisations et des grèves face à ces réorganisations. C’est la preuve que notre action syndicale est attendue et redoutée.

Force Ouvrière : Notre Réponse face à l’Offensive Capitaliste

Face à cette énième manœuvre financière, Force Ouvrière réaffirme son engagement indéfectible auprès des salariés de Coca-Cola et de ses filiales, en Amérique du Nord comme en Europe. Nous serons vigilants et déterminés à défendre leurs droits et leurs emplois.

Nous exigeons :

  • Des garanties solides et pérennes pour l’emploi, sans aucune suppression de poste.
  • Des négociations immédiates et transparentes sur les mesures d’accompagnement pour toutes les personnes impactées par ces restructurations.
  • La préservation de tous les acquis sociaux et des conditions de travail.
  • Un dialogue social réel et constructif, et non une simple communication descendante.
  • Le renforcement de la solidarité syndicale internationale pour faire face à cette stratégie globalisée.

Les salariés ne sont pas une variable d’ajustement ! Force Ouvrière sera présente sur tous les fronts pour s’assurer que cette « évolution stratégique » ne se traduise pas par une régression sociale. La lutte pour le respect des travailleurs et la défense de leurs droits continue !

Consultez le site officiel pour plus de détails sur la transaction (en anglais).

Partager à un collègue :