
Quand le profit prime sur la vie : Coca-Cola s’attaque à ses salarié·e·s aux Philippines !
En pleine crise sanitaire mondiale, alors que des millions de personnes luttent pour leur santé et leur survie économique, certaines multinationales révèlent leur vrai visage. The Coca-Cola Company aux Philippines en est un exemple choquant. La direction profite cyniquement de la pandémie de COVID-19 pour s’en prendre aux dirigeant-e-s syndicales-aux de la FCCU-SENTRO, affiliée de l’UITA, et menacer ses membres de licenciement, de procédures disciplinaires et de recours à la police.
Une crise sanitaire exploitée pour briser le droit syndical
Face à une pandémie mortelle et des mesures de confinement strictes, la direction de Coca-Cola a imposé des conditions inacceptables à ses employé-e-s. Plutôt que de protéger ses forces vives, l’entreprise a ordonné à celles et ceux qui auraient été exposé-e-s à la COVID-19 de se mettre en autoquarantaine… et ce, sans aucune rémunération !
La situation est devenue alarmante à l’usine de San Fernando, dans la province de Pampanga. Suite au décès d’un parent d’un employé de l’usine, qui avait eu des contacts avec ce dernier, la préoccupation et la peur de l’infection ont gagné les rangs des salarié·e·s. C’est dans ce contexte tendu qu’une réunion syndicale d’urgence s’est tenue le 28 mars.
Les dirigeants syndicaux de la FCCU-SENTRO ont alors exhorté les employé-e-s à respecter les recommandations gouvernementales et à rester à la maison en cas de crainte d’exposition ou de contamination, affirmant que les décisions de chacun-e seraient respectées. Un acte de responsabilité syndicale et de solidarité humaine, loin de tout « sabotage économique ».
La riposte brutale de la direction : licenciements et accusations infondées
La réponse de Coca-Cola ne s’est pas fait attendre, et elle fut d’une violence inouïe. Les 6, 7 et 8 avril, la direction a riposté en prenant des mesures disciplinaires à l’encontre de sept dirigeants et membres du syndicat des usines de San Fernando et Canlubang.
Parmi eux, des noms connus de la lutte syndicale :
- Alfredo Marañon
- Belarmino Tulabut
- Danilo Pineda
Leur crime ? Avoir défendu leurs collègues en pleine crise. Leur accusation par la direction ? Ni plus ni moins que de « sabotage économique » !
Cette accusation, grotesque et infondée, est une tentative flagrante de criminaliser l’action syndicale légitime.
La répression a culminé le 8 mai, où ces trois dirigeants courageux ont été licenciés.
La direction ne s’est pas arrêtée là. Le 18 mai, le Secrétaire général de la FCCU-SENTRO, Brendo Enriquez, a écrit à la direction de TCCC pour protester contre ces licenciements. En retour, il a lui-même fait l’objet de mesures disciplinaires et risque le licenciement. Une intimidation claire pour faire taire toute contestation !
Quand la police s’invite à la manifestation pacifique
L’escalade de la répression a atteint un nouveau sommet le 9 juin. Alors que des travailleurs-euses organisaient une manifestation pacifique pour protester contre le licenciement de leurs dirigeants syndicaux, la direction de Coca-Cola a demandé à la police d’interrompre ce rassemblement.
Pourtant, les manifestant·e·s avaient respecté toutes les règles :
- Ils portaient des masques.
- Ils respectaient la distanciation physique.
- Ils avaient même convenu de procédures avec la police locale.
Interrompre une manifestation pacifique, respectueuse des règles sanitaires et démocratiques, est une atteinte intolérable aux libertés fondamentales et au droit de manifester.
The Coca-Cola Company : la seule responsable !
Que personne ne s’y trompe : aux Philippines, les activités de Coca-Cola sont détenues à 100 % par The Coca-Cola Company à Atlanta, aux États-Unis. Il est donc impératif de le souligner :
La responsabilité de l’intimidation, des licenciements abusifs et des menaces envers notre affiliée et ses membres incombe entièrement à The Coca-Cola Company. Elle ne peut se cacher derrière une filiale locale !
Force Ouvrière soutient la FCCU-SENTRO : la solidarité est notre force !
Nous sommes clairs : les représentant-e-s syndicales-aux qui luttent pour faire valoir le droit fondamental de leurs membres à un lieu de travail sûr ne commettent pas de « sabotage économique ». Ils exercent leurs droits légitimes !
Les syndicats ont le droit inaliénable de :
- Communiquer avec leurs membres.
- Communiquer avec leurs fédérations internationales (comme l’UITA).
- Se réunir et de manifester leur mécontentement pacifiquement.
Force Ouvrière dénonce avec la plus grande fermeté ces agissements de The Coca-Cola Company. Nous apportons notre soutien indéfectible à la FCCU-SENTRO et à tous les travailleurs et travailleuses qui luttent pour leurs droits. La solidarité internationale est notre réponse à la répression patronale !



