
Coca-Cola Londerzeel : Un Accord de Restructuration, mais la Lutte Continue !
Le bras de fer entre les syndicats et la direction de Coca-Cola Europacific Partners (CCEP) à Londerzeel a trouvé un dénouement, du moins sur le papier. Un accord a été conclu concernant la restructuration imminente du site, comme l’a confirmé mardi Tina De Greef, secrétaire syndicale à l’ACV/CSC Puls.
Pour Force Ouvrière, cet accord, bien que fruit d’intenses négociations, soulève des questions et laisse un goût amer. Il est crucial de comprendre les enjeux pour les salariés et les combats qui persistent.
L’Annonce Choc de Janvier : Fermeture et Démantèlement du Site
C’est en janvier de cette année que la direction de Coca-Cola a jeté un froid glacial sur le site de Londerzeel en annonçant sa fermeture pure et simple. Une décision lourde de conséquences pour des dizaines de familles :
- 25 employés se sont vus signifier un licenciement sec.
- Environ 50 employés sont contraints de déménager vers le site de Wilrijk.
- Une cinquantaine d’autres salariés devront rejoindre le site de Coca-Cola Anderlecht.
Pour beaucoup, c’est une rupture brutale avec leur quotidien, leurs habitudes et leur équilibre de vie.
Le Déménagement Forcé : Quand le Lieu de Travail Devient un Point de Rupture
Le transfert des salariés vers Wilrijk a été l’un des points les plus épineux des négociations. Pour de nombreux travailleurs, cela signifie un allongement considérable du temps de trajet, un coût supplémentaire et une fatigue accrue. Tina De Greef l’a rappelé avec force :
« Leur lieu de travail est modifié : un élément essentiel de leur contrat. »
Cette modification unilatérale d’un élément fondamental du contrat de travail est une atteinte directe aux droits des salariés et à leur qualité de vie.
L’Offre de la Direction : Des Mesures Insuffisantes Face à l’Impact Social
Face à la mobilisation syndicale, la direction a concédé des aménagements, mais ceux-ci sont loin d’être à la hauteur des enjeux et des pertes subies par les travailleurs.
- Les salariés concernés ont été autorisés à travailler à domicile quatre jours par semaine pendant les deux premières années suivant le déménagement, prévu pour la fin septembre de cette année.
- Cependant, cette mesure est limitée dans le temps : après deux ans, ce nombre tomberait à trois jours, puis à seulement 50% du temps.
Cette limitation du télétravail dans la durée a été un obstacle majeur et une source de profonde déception pour les syndicats. Elle ne répond pas aux besoins pérennes des salariés impactés par ce déménagement forcé.
La Riposte Syndicale : Quand les Salariés Disent STOP !
L’insatisfaction était palpable. Face à l’inertie de la direction et l’insuffisance des mesures proposées, les travailleurs ont montré leur détermination :
- Jeudi dernier, un tiers des employés a spontanément cessé le travail, envoyant un signal fort à la direction.
- Vendredi, un piquet de grève a été mis en place, matérialisant la colère et la solidarité des salariés.
Ces actions sont la preuve que les travailleurs ne se laisseront pas faire et qu’ils sont prêts à se battre pour leurs droits et leur dignité.
Un Accord « Mieux que Rien » : Le Combat n’est Pas Fini !
Après une nouvelle concertation ce lundi, et malgré l’absence de propositions supplémentaires significatives de la part de la direction, les travailleurs ont finalement approuvé le plan. Une décision pragmatique, mais empreinte d’une certaine résignation.
« C’était mieux que rien », a précisé Tina De Greef. « Les gens ont décidé de suivre le mouvement. »
Pour Force Ouvrière, cette phrase résume la pression et le manque d’alternatives réelles offertes aux salariés. Ce n’est pas une victoire éclatante, mais un compromis arraché dans des conditions difficiles.
Le Combat pour un Bureau Satellite : FO Continue d’Insister !
Malgré l’accord, la déception est grande, notamment concernant l’absence d’un bureau satellite à Londerzeel. Tina De Greef ne cache pas son amertume :
« Cela reste un point sensible. Il y aura sans doute des restructurations à l’avenir : un bureau satellite plus petit serait une solution élégante que Coca-Cola peut se permettre. Nous allons continuer à insister. »
Force Ouvrière partage pleinement cette analyse. Installer un bureau satellite à Londerzeel serait non seulement une solution élégante pour les salariés affectés, mais aussi un signe de respect et de responsabilité sociale de la part d’une entreprise comme Coca-Cola, qui a largement les moyens de le faire. C’est une question de justice sociale et de vision à long terme.
La lutte pour un meilleur avenir pour les salariés de Coca-Cola Londerzeel ne s’arrête pas là. Force Ouvrière restera vigilante et continuera d’appuyer toutes les revendications qui visent à améliorer les conditions de travail et à garantir la dignité des employés.



