
Victoire Historique au Guatemala : Quand la Solidarité Syndicale Triomphe chez Coca-Cola !
Une Lutte Décennale Face à la Répression Anti-Syndicale
Depuis les années 1980, les travailleurs et travailleuses de Coca-Cola au Guatemala ont écrit une page majeure de l’histoire des conflits sociaux. Ils ont mené un combat acharné, aux côtés de l’UITA (Union Internationale des Travailleurs de l’Alimentation), contre The Coca-Cola Company (TCCC) pour la reconnaissance de leurs droits élémentaires.
Pendant des décennies, la situation était inacceptable :
- Sur les trois usines d’embouteillage que compte le pays, seule une était reconnue par FEMSA, l’embouteilleur pour l’Amérique latine.
- Les deux autres usines, sous la gestion de la famille Schutt, étaient des bastions d’hostilité et de répression constantes. Toute tentative d’exercer les droits fondamentaux des salariés était brutalement contrecarrée.
- Dans l’une de ces usines, le syndicat existait mais subissait des pressions intolérables.
- Dans l’autre, toutes les tentatives de syndicalisation étaient accueillies par une franche hostilité de la direction, bafouant la liberté d’association.
C’était une situation de déni de justice sociale, où la peur et l’intimidation régnaient en maîtres.
Le « Processus d’Atlanta » : Une Stratégie Syndicale Internationale Payante
Face à cette situation intenable, l’UITA a intensifié son action. Dès 2005, un forum de négociation internationale, le fameux « processus d’Atlanta », avait été mis en place suite à la reconnaissance de l’UITA par TCCC. C’est lors d’une réunion cruciale en 2008 que l’UITA a mis TCCC devant ses responsabilités : laisser les travailleurs des usines Schutt dans une lutte permanente pour leurs droits était inacceptable.
Les discussions furent longues, ardues, mais la détermination syndicale a payé. En 2012, TCCC a finalement acquis les deux usines jusqu’alors gérées par la famille Schutt. Ce fut un tournant majeur !
« Grâce à l’engagement indéfectible de nos équipes syndicales et au cadre du Processus d’Atlanta, les travailleurs de ces usines ont enfin pu exercer ce qui leur était refusé depuis trop longtemps : leur droit fondamental à former et à adhérer à un syndicat ! »
Une victoire d’étape, mais ô combien significative, démontrant la puissance de la solidarité internationale.
Triomphe des Droits : Conventions Collectives et Protection pour Tous !
La persévérance a porté ses fruits, aboutissant à des avancées concrètes et historiques :
- Dans l’usine récemment syndiquée, l’organisation affiliée à l’UITA, SITRAABASA, a signé une première convention collective le 10 janvier 2015. Un accord fondateur qui marque la fin d’une ère d’arbitraire !
- Dans l’autre usine reprise par TCCC, une convention collective est en passe d’être conclue, garantissant des protections similaires.
C’est une victoire totale : aujourd’hui, toutes et tous les travailleurs de Coca-Cola au Guatemala peuvent enfin exercer pleinement leurs droits syndicaux. Ils et elles sont désormais protégés par une convention collective négociée, fruit de leur courage et de notre action commune. Plus jamais d’arbitraire, plus jamais de répression !
Ron Oswald (UITA) : « Le Courage et la Détermination de nos Membres »
Ron Oswald, Secrétaire Général de l’UITA, a salué cette avancée majeure avec des mots qui résonnent avec fierté :
« Cette évolution témoigne du courage et de la détermination inébranlable de nos membres au Guatemala à pleinement garantir et exercer leurs droits. L’UITA est fière de ses membres et de leur lutte exemplaire, ainsi que du rôle crucial joué par FESTRAS et FELATRAC, la fédération latino-américaine des travailleurs de Coca-Cola. »
Il a également souligné l’importance du cadre de négociation international :
« Fondé sur la volonté farouche de nos membres guatémaltèques, le cadre qui a rendu cette victoire possible a été principalement négocié lors du Processus d’Atlanta, un engagement international direct et permanent entre l’UITA et TCCC. Ce processus, qui a inclus une réunion décisive au Guatemala fin août 2014 avec toutes les parties prenantes, a permis, comme précédemment au Pakistan, d’atteindre une syndicalisation à 100 % des opérations d’embouteillage de Coca-Cola au Guatemala. C’est la garantie que les travailleurs et travailleuses de Coca-Cola dans ce pays peuvent aujourd’hui exercer leur droit internationalement reconnu d’appartenir à un syndicat ! »
Cette victoire n’est pas seulement celle des travailleurs guatémaltèques ; c’est un signal fort pour le mouvement syndical mondial :
- La solidarité internationale est une arme puissante.
- Le dialogue social, même âpre, peut mener à des avancées majeures.
- Les droits des travailleurs doivent être respectés partout, sans exception.
Force Ouvrière : Un Combat Permanent pour les Droits Syndicaux Partout dans le Monde !
L’exemple du Guatemala nous rappelle l’importance de l’action syndicale organisée. Force Ouvrière, en tant que membre actif de l’UITA et défenseur des droits des travailleurs, salue cette victoire et continuera de se battre sans relâche pour que la liberté syndicale et la dignité au travail soient une réalité pour toutes et tous, partout dans le monde !



