
Un nouveau PDG chez Coca-Cola France : Ben Lambrecht face à l’héritage social et aux attentes de FO
Après deux décennies passées au sein du géant Coca-Cola, entre le Benelux et la Grande-Bretagne, Ben Lambrecht prend les rênes du premier fournisseur de boissons en France. Ce patron d’origine belge, réputé pour ses « talents de manager, de négociateur et son sens du dialogue », est attendu au tournant. Force Ouvrière ne manquera pas d’évaluer si ces qualités se traduisent par des avancées concrètes pour les salariés, ou s’il ne s’agit que de rhétorique managériale.
Un « management participatif » : Vraie écoute ou simple façade ?
Dès ses premiers pas au siège d’Issy-les-Moulineaux, le nouveau PDG de Coca-Cola Entreprise France multiplie les contacts. Il aime « échanger avec ses équipes », allant jusqu’à regretter l’absence d’open space pour faciliter le dialogue. Une posture d’ouverture qui tranche avec celle de son prédécesseur, Tristan Farabet, jugé plus réservé.
« Je crois qu’il ne faut jamais perdre une opportunité d’établir le contact »
affirme le Belge de 49 ans. Mais pour Force Ouvrière, la question est de savoir si ce « contact » débouche sur une véritable prise en compte des préoccupations des travailleurs. Le management participatif, son credo affiché, doit aller au-delà de la simple consultation.
« Il y a toujours plus d’idées dans cinq têtes que dans une seule »
défend-il. Certes, mais ces idées doivent être valorisées et les salariés, justement rémunérés pour leur apport. Le « dialogue » doit être bilatéral et équitable, pas unilatéral.
Croissance ou emploi : Le dilemme laissé par le prédécesseur
Ben Lambrecht arrive dans un contexte où la filiale française de Coca-Cola exprime « une forte envie de renouer avec la croissance ». Les deux dernières années ont été marquées par l’impact de la taxe soda, qui a « contrarié la dynamique des soft-drinks ».
Cependant, Force Ouvrière rappelle que le nouveau PDG hérite surtout d’un lourd passif social :
- Son arrivée fait suite à un plan de suppression d’emplois.
- Ce plan a entraîné la fermeture de directions régionales, impactant directement des centaines de familles.
- Les syndicats ont dressé un bilan très contrasté du passage de Tristan Farabet, marqué par une gestion sociale jugée insuffisante et peu transparente.
Alors que des « solides programmes de soutien à l’occasion de la Coupe du Monde de football » sont annoncés pour relancer les ventes, Force Ouvrière exige des programmes de soutien tout aussi solides pour les emplois et les conditions de travail des salariés.
Le « dialogue » : Une priorité, mais pour qui ?
L’expérience de Ben Lambrecht inclut la gestion de crises majeures. En juin 1999, alors directeur d’un centre de ventes en Belgique, il a dû faire face à la crise des canettes contaminées, une période où 90 millions de litres de boissons furent détruits et les produits retirés de la vente.
« Nous avons dû apprendre à mieux communiquer avec nos consommateurs pour les rassurer »
se souvient-il. Cette expérience renforce sa conviction dans les « vertus du dialogue ». Mais ce dialogue doit-il se limiter aux consommateurs et aux distributeurs ?
Après s’être concentré sur ses collaborateurs (en surface ?), Ben Lambrecht souhaite désormais rencontrer les distributeurs « pour les écouter, comprendre leur mode de fonctionnement et leurs attentes ».
« Mon objectif est de construire une croissance durable avec nos clients »
précise-t-il. Force Ouvrière s’interroge : où se situe le dialogue avec les représentants du personnel dans cette stratégie de croissance ?
Alors que le PDG perfectionne ses « techniques de vente » via des formations à Harvard et à l’Insead, FO rappelle que la valorisation des compétences des salariés, la sécurité de l’emploi et le respect des droits sociaux doivent être au cœur de toute « croissance durable ». Le syndicat restera vigilant et prêt à défendre les intérêts des travailleurs de Coca-Cola France.



