
La direction de Coca-Cola et les organisations syndicales, dont Force Ouvrière, ont conclu vendredi 12 avril un accord collectif majeur. Ce texte améliore significativement le projet initial de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), fruit de mois de négociations intenses et d’une mobilisation syndicale déterminée.
Une Victoire Négociée : Moins de 200 Emplois Supprimés chez Coca-Cola France
Ouverte en novembre dernier, la procédure d’information-consultation du comité central d’entreprise de Coca-Cola touchait à sa fin. Les quatre syndicats du groupe (CFDT, CGC, CGT et FO) ont finalement apposé leur signature sur un accord collectif qui marque une avancée pour les salariés.
Le Poids des Négociations : Des Mesures Sociales Renforcées
Grâce à la persévérance des représentants des salariés, l’entreprise s’engage désormais à supprimer moins de 200 postes sur les 2 800 emplois que compte Coca-Cola en France. Une réduction notable par rapport aux prévisions initiales. Ces suppressions se feront principalement via des dispositifs protecteurs :
- Des départs volontaires, avec une première vague prévue en septembre 2013 et une seconde en février 2014 (repoussant ainsi l’échéance initialement fixée à juin 2013).
- Des préretraites financées par l’entreprise, accessibles dès 55 ans.
« L’entreprise a accepté de revoir certaines modalités pour que le plan soit plus intéressant pour les salariés, avec par exemple des indemnités incitatives pour les salariés retrouvant rapidement un poste à l’extérieur, » explique Cyril Herbin, délégué syndical central FO, soulignant l’importance des négociations menées par FO pour obtenir de meilleures conditions.
Préserver les Conditions de Travail : La Vigilance de FO
Au-delà des suppressions de postes, la réorganisation envisagée par Coca-Cola est une restructuration profonde qui impacte les directions régionales, les équipes commerciales et les services financiers. Face à ces bouleversements, Force Ouvrière a insisté sur la nécessité de protéger les salariés qui restent.
Une Commission Dédiée aux Conditions de Travail
L’accord prévoit la mise en place d’une commission réunissant les CHSCT et la direction. Cette commission aura pour mission d’étudier les conditions de travail des salariés dont le poste sera affecté par la réorganisation. Une expertise extérieure sera confiée à un cabinet spécialisé, garantissant une analyse objective et indépendante des impacts.
« L’entreprise a sorti son carnet de chèques, » résume Christian J., délégué CFDT, mais pour FO, au-delà de l’aspect financier, c’est la préservation de la santé et de la sécurité au travail qui prime, pour tous les salariés.
Redécoupage des Instances Représentatives : Un Futur Enjeu
Après la mise en œuvre de ce plan social, les syndicats anticipent déjà de nouvelles négociations concernant le redécoupage des périmètres des instances représentatives. Avec potentiellement moins de comités d’établissement (actuellement au nombre de 7), la vigilance de FO sera cruciale pour s’assurer que la représentation des salariés reste forte et efficace.
FO, Gardienne des Droits Individuels Face aux Engagements Collectifs
L’accord collectif signé contient une clause par laquelle les organisations syndicales s’engagent à renoncer à toute contestation judiciaire du PSE.
Le texte stipule qu’en « contrepartie des concessions faites par la société, les organisations syndicales prennent tant individuellement que solidairement leur volonté de n’intenter aucune action judiciaire en leur nom propre tendant à contester, sur quelques fondements et devant quelque tribunal que ce soit, les projets de réorganisation (…) et ce y compris la justification économique des réorganisations, l’organisation des procédures, les conséquences sur les conditions de travail, l’hygiène, la santé et la sécurité des salariés, l’ordre des licenciements, la détermination des catégories professionnelles, le reclassement et l’ensemble des mesures du PSE. »
Cependant, Force Ouvrière a obtenu une clause essentielle, dont elle revendique la paternité, qui protège les droits individuels des salariés :
L’accord admet que les syndicats « ne sauraient renoncer à leur devoir d’accompagnement d’éventuelles actions individuelles si elles venaient à recevoir des demandes en ce sens de la part des salariés« .
Cette disposition est fondamentale. Elle garantit que, malgré l’accord collectif, FO restera aux côtés de chaque salarié qui souhaiterait contester individuellement son licenciement ou les conditions de son départ. C’est un engagement fort de Force Ouvrière pour la défense individuelle des travailleurs, même dans le cadre d’un accord global.
FO continuera sa mission de veille et d’accompagnement pour s’assurer du respect de l’accord et de la protection des droits de tous les salariés de Coca-Cola.



