
Coca-Cola CCEP : Investissement à Grigny, Fermeture à Clamart… et 47 Emplois Supprimés !
Derrière l’éclat d’un nouvel investissement de 32 millions d’euros de Coca-Cola Europacific Partners France (CCEP) sur son site de Grigny (91), se cache une réalité plus sombre : le transfert des activités et la fermeture programmée du site historique de Clamart (92). Une décision qui aura des conséquences directes et lourdes sur l’emploi.
Quand la « Transition Environnementale » Rime avec Restructuration
Cette annonce, faite par CCEP France, intervient après un premier investissement massif de 114 millions d’euros en mai 2023. L’objectif affiché ? Créer à Grigny un « centre industriel d’excellence en Île-de-France » et « accélérer sur des solutions d’emballages permettant de réduire l’empreinte carbone de ses activités », le tout en s’appuyant sur une « véritable économie circulaire des emballages ».
La filiale française de CCEP, spécialisée dans les boissons sans alcool, se targue de produire 95 % de ses boissons dans l’un de ses cinq sites hexagonaux. Mais à quel prix social cette « excellence » et cette « transition » se construisent-elles ?
Les Promesses du Nouveau Site de Grigny : Lumière sur les Investissements
Le projet de 32 millions d’euros pour Grigny comprend des avancées techniques indéniables, présentées comme des améliorations pour la production et l’environnement :
- Installation d’une nouvelle ligne de production de verre consigné, avec une capacité maximale impressionnante de 60 000 bouteilles/heure.
- Conditionnement des boissons plates et gazeuses dans des formats variés (25 cl, 33 cl et 1 litre), pour alimenter la région Île-de-France, premier bassin de consommation français, en limitant les kilomètres parcourus.
- Amélioration des conditions de travail pour les collaborateurs (vestiaires, cantine).
- Augmentation de la part des énergies renouvelables, avec un chauffage géothermique et des panneaux solaires.
- Internalisation d’une grande partie du stockage des produits destinés à l’Île-de-France.
« Ce nouveau projet d’investissement témoigne de la confiance de CCEP dans la capacité de la France à accélérer sur la voie de la transition environnementale sur laquelle le groupe s’est engagé. La création du centre industriel d’excellence d’Île-de-France à Grigny nous permettrait, dès 2025, de réunir les conditions pour notre croissance tout en mettant en place les fondations nécessaires pour atteindre le Net Zero en 2040. »
— François Gay-Bellile, P-DG de CCEP France
Force Ouvrière prend note de ces objectifs ambitieux. Cependant, nous rappelons que la transition environnementale ne doit pas servir de prétexte à la dégradation des conditions sociales et à la suppression d’emplois.
L’Ombre au Tableau : La Fermeture du Site de Clamart et ses Conséquences Sociales
C’est le revers de la médaille, et le point de vigilance majeur pour Force Ouvrière. Après les travaux de Grigny, le site sera en capacité d’absorber les volumes de production de Clamart. Conséquence directe : le site de Clamart, le plus ancien de CCEP France, construit en 1965, sera définitivement fermé.
La date butoir est fixée à fin 2025 : toutes les activités de Clamart, y compris les lignes de production de bouteilles en PET recyclé (50 cl) et les produits pour la restauration rapide (Bag In Box, Mega Bag In Box), seront transférées vers Grigny.
Un Bilan Social Inacceptable : Des Postes Supprimés malgré les Recrutements
L’opération, présentée comme une optimisation industrielle, aura un impact humain direct et douloureux :
- Transfert de 106 emplois de Clamart vers Grigny.
- Mais surtout, la suppression de 47 postes !
- En parallèle, une quarantaine de nouveaux recrutements sont prévus au cours de l’année 2024, portant le total à 400 collaborateurs basés à Grigny.
Malgré les recrutements annoncés, le calcul est implacable : ce sont 47 emplois qui disparaissent de l’effectif global de CCEP France, un coût social que Force Ouvrière ne peut accepter sans réagir.
La Vigilance de Force Ouvrière : Pour un Accompagnement Juste et Digne
CCEP France a affirmé vouloir « mettre en place toutes les mesures sociales nécessaires pour limiter les conséquences, notamment celles favorisant les reclassements internes, avec des mesures d’accompagnement à la mobilité géographique et fonctionnelle, ainsi que les départs volontaires ».
Force Ouvrière sera extrêmement vigilante sur la nature et l’efficacité de ces mesures. Nous exigeons :
- Un accompagnement individualisé et renforcé pour chaque salarié impacté par la fermeture de Clamart.
- Des garanties concrètes de reclassement interne, avec des formations adaptées et prises en charge intégralement.
- Des indemnités de départ volontaire dignes, qui ne soient pas une simple opportunité de « débarrasser » l’entreprise de ses salariés les plus anciens.
- La transparence totale sur les critères de transfert et de suppression de postes.
L’Emploi Avant les Profits : La Lutte Continue !
L’investissement est une bonne nouvelle pour le développement industriel, mais il ne doit jamais se faire au détriment des travailleurs. Force Ouvrière rappelle à CCEP que la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ne se limite pas à l’environnement, elle inclut avant tout le maintien et la création d’emplois de qualité.
Nous restons mobilisés et prêts à défendre chaque poste, chaque salarié. La lutte pour des conditions de travail décentes et la protection de l’emploi est notre priorité. Force Ouvrière sera au rendez-vous pour que les profits de Coca-Cola ne riment pas avec la précarité de ses salariés !



