
Alors que l’actualité économique s’emballe autour des annonces de Coca-Cola Europacific Partners (CCEP), Force Ouvrière se positionne en sentinelle des droits des travailleurs. Le géant des boissons a en effet dévoilé un nouvel investissement de 32 millions d’euros pour son futur Centre industriel d’excellence d’Ile-de-France à Grigny. Une somme qui s’ajoute aux 114 millions d’euros déjà annoncés en mai 2023. Mais derrière les chiffres et les discours « verts », quelle est la réalité pour les salariés ?
Des investissements « verts »… mais pour qui ?
CCEP présente cette initiative comme une étape majeure pour sa présence en France et surtout, pour sa transition durable. Grigny est appelé à devenir le principal site de production du groupe en Ile-de-France, avec un accent mis sur les emballages respectueux de l’environnement et la réduction de l’empreinte carbone. Des objectifs louables en apparence, mais qui ne doivent pas occulter les enjeux sociaux.
La promesse d’une ligne ultra-moderne : progrès ou menace ?
Au cœur de ce projet, l’installation d’une ligne de production de Verre Consigné ultramoderne à Grigny. Une prouesse technologique capable d’embouteiller 60 000 bouteilles par heure !
« Cette installation polyvalente pourra embouteiller une variété de boissons, des formats standard aux formats plus grands, répondant ainsi aux besoins diversifiés du marché. »
Si l’efficacité est au rendez-vous, Force Ouvrière s’interroge : cette modernisation à marche forcée s’accompagnera-t-elle de formations adéquates pour les salariés ? Quel sera l’impact réel sur la charge de travail et la sécurité des postes face à une automatisation croissante ?
Des conditions de travail « améliorées » ? Nous exigeons plus !
L’entreprise évoque également des « améliorations significatives » pour les conditions de travail et l’empreinte environnementale du site. Au programme :
- Des cantines et vestiaires modernisés.
- Une utilisation accrue d’énergies renouvelables.
Force Ouvrière salue toute démarche visant le bien-être des employés et la durabilité environnementale. Cependant, nous rappelons que des cantines et vestiaires dignes sont un droit fondamental, non un privilège ! Nous attendons des engagements concrets sur des sujets bien plus structurants :
- Une rémunération juste et revalorisée.
- Des conditions de travail non-dégradées par la productivité.
- Un dialogue social transparent et constructif.
« Ce nouveau projet d’investissement témoigne de la confiance de CCEP dans la capacité de la France à accélérer sur la voie de la transition environnementale sur laquelle le groupe s’est engagé. » – François Gay-Bellile, PDG de CCEP France.
Belle déclaration. Mais la « confiance » de CCEP doit aussi se traduire par des actes envers ses salariés, et non se limiter à des discours pour les investisseurs.
Le revers de la médaille : la menace sur l’emploi à Clamart
C’est ici que l’enthousiasme laisse place à la vigilance. En parallèle de ce développement à Grigny, un transfert des activités du site de Clamart est prévu. La finalisation est attendue pour la fin 2025, avec le regroupement de plus de 400 collaborateurs sur le site de Grigny.
Plus de 400 collaborateurs regroupés : un transfert qui pose question
Le terme est lâché : « Bien que ce transfert implique la suppression de certains postes… »
C’est inacceptable ! Un investissement de cette ampleur ne peut pas se faire au prix de la précarisation de l’emploi ou de la mise sur le carreau de salariés dévoués. Les « mesures sociales » évoquées par CCEP pour « limiter les conséquences sur le personnel » ne suffisent pas à rassurer Force Ouvrière.
FO exige des garanties concrètes !
Force Ouvrière sera intransigeante sur ce point. Nous demandons des garanties formelles et vérifiables concernant :
- Le maintien de l’emploi pour chaque salarié concerné par le transfert.
- Des mesures d’accompagnement solides pour ceux dont le poste serait impacté : reclassement interne prioritaire, formations qualifiantes, aides à la mobilité.
- Une négociation collective qui assure une transition juste et équitable pour tous.
- La prise en compte de l’ancienneté et des compétences de chacun.
La « transition » ne doit pas être un prétexte à des plans sociaux déguisés. Les profits records de CCEP doivent bénéficier à ceux qui les génèrent : les travailleurs !
Notre position : un développement oui, mais pas au détriment des travailleurs !
Force Ouvrière n’est pas opposée au développement économique, bien au contraire. Nous sommes pour un progrès social et économique qui profite à tous. Mais ce progrès doit être humain et équitable.
Nous serons vigilants et mobilisés pour que cet investissement à Grigny soit une véritable opportunité pour les salariés, et non une source d’inquiétude et de précarité.
Force Ouvrière continuera à défendre sans relâche les intérêts des salariés de CCEP, à Clamart comme à Grigny. Le dialogue social doit être la pierre angulaire de toute transformation, et non une simple formalité.
Restons mobilisés !



