Accord Pérenne : FO dénonce l’épuisement des salariés

Illustration : Accord Pérenne : FO dénonce l'épuisement des salariés - FGTA Force Ouvrière Coca-Cola

Accord Pérenne : Force Ouvrière dénonce un chèque en blanc pour l’épuisement des salariés !

Après avoir brusquement mis un terme aux négociations, la Direction a rappelé les organisations syndicales ce vendredi 07 octobre 2011. Face à la pression et aux accords plus favorables obtenus par nos camarades de Toulouse et Marseille concernant le repos en week-end, la Direction s’est (enfin !) « raisonnablement » alignée. Une avancée, certes, mais qui laisse un goût amer pour Force Ouvrière.

Pourquoi cet arrière-goût de défaite ? Parce que cette avancée équitable et légitime est intégrée dans un accord pérenne. Un accord à long terme, voire à très long terme, qui menace de nous reléguer à une position de spectateurs sociaux.

Qu’est-ce qu’un « Accord Pérenne » et pourquoi est-il si dangereux ?

Un accord pérenne est un accord qui, pour être dénoncé (en cas de dysfonctionnement, plan de restructuration, changement de législation ou obsolescence), doit l’être par l’ensemble des partis signataires (syndicats et Direction).

Vous l’aurez compris : si les syndicats dénoncent seuls un tel accord pour des causes réelles et sérieuses, il demeurera en vigueur. La Direction n’aura qu’à faire traîner les discussions ou refuser de le dénoncer pour maintenir le statu quo. C’est un verrouillage inacceptable de nos droits à la négociation !

Alors que la Direction nous assure qu’elle comprend la fatigue engendrée par plus de 20 années de 3*8, qu’elle s’engage à en faire un sujet d’étude prioritaire en 2012 pour sortir rapidement de cette organisation d’un autre temps… cette même Direction nous « vend » un accord qui lui permettra de faire traîner ce fonctionnement encore et encore, jusqu’à l’épuisement total des salariés. N’y a-t-il pas une contradiction flagrante ici ?

Plus qu’un accord : l’ombre du plan de restructuration plane

Pour les salariés, cette négociation est cruciale. Elle dépasse le simple cadre de l’accord SD. Elle touche directement à leurs conditions de travail et aux questions brûlantes soulevées par le plan de restructuration que nous subissons actuellement.

Les salariés sont conscients de l’enjeu global. Cet accord doit être vu dans sa globalité, avec les conditions de travail intenable qu’il générera en semaine et en week-end. Trop d’interrogations pèsent sur notre avenir pour signer un chèque en blanc en faveur d’un accord week-end pérenne :

  • Quelle sera la charge de travail supplémentaire pour les salariés en zone packaging ? Qui prendra en charge le travail du cariste approvisionnement ?
  • Comment sera répartie la charge de travail qualité supplémentaire en zone soutirage ?
  • Comment sera répartie la charge de travail supplémentaire du salarié en moins de la zone PAL ?
  • Quel sera le rôle des supports d’équipe ? Leur charge de travail va-t-elle changer ?
  • Quels et combien de systèmes d’innovations et de modernisations vont-ils encore nous tomber du ciel dans le seul but de supprimer de nombreux postes au nom de la rentabilité ?
  • Y aura-t-il d’autres plans destructeurs de nos postes et de nos conditions de travail dans un avenir plus ou moins proche ?
  • Les techniciens de maintenance d’aujourd’hui seront-ils les opérateurs production de demain, au vu des avenants qui tombent en ce moment ?

FO exige des solutions réelles, pas des accords qui figent le problème !

Encore une fois, Force Ouvrière était favorable à un accord à durée limitée. Une durée limitée aurait réellement incité nos dirigeants à travailler sur des solutions alternatives au fonctionnement 3*8 + week-end. Elle aurait aussi permis de prendre en considération les craintes légitimes des salariés face au plan de restructuration.

Oui, nous voulons la croissance et la pérennité de notre usine, mais sans « griller les étapes » comme ont tendance à le faire nos chères têtes pensantes ! Notre avenir doit aussi passer par le terrain et ses hommes, et pas seulement par des directives pondues par quelques cerveaux sous pression.

Par cet accord illimité dans le temps, il est fort à craindre que le 3*8 perdure encore de longues années. Le levier que nous avions pour contrebalancer les aberrations de la « Supply Chain » est bel et bien tombé aux oubliettes. Les salariés travaillant en semaine seront les grands perdants de cette manœuvre.

Force Ouvrière aurait préféré négocier avec ce levier qu’était l’avenant SD, sans se servir des salariés comme simple force de négociation.

Demain, le seul moyen de se faire entendre pour les salariés sera de sortir devant les grilles de l’usine. Serez-vous prêts à retenter l’expérience ?

Halte aux promesses fallacieuses !

On viendra vous expliquer qu’on va gagner des volumes ou que grâce à la signature, il y aura des embauches supplémentaires. Tant mieux et félicitations aux nouveaux embauchés ! Mais il faut savoir que ce seront des CDD requalifiés en CDI, et non du personnel supplémentaire. Car oui, dans le plan de restructuration, on supprime des postes dans les zones !

Et dans cet avenant, qu’est-ce qui améliore concrètement mes conditions de travail et me sécurise face au plan de restructuration ? Rien !

Le résultat de l’intéressement pour cette année est déjà obtenu, avec 3 millions de caisses d’avance par rapport au budget et des critères d’intéressement au beau fixe. Il ne dépend absolument pas de cet avenant. Ne vous laissez pas manipuler !

FO déçue, mais toujours mobilisée !

Oui, Force Ouvrière est bien déçue du dénouement de cet accord SD. Un accord que, ne l’oublions pas, nous avions nous-mêmes remis sur la table de négociation grâce à la comparaison que nous avions faite avec nos collègues FO de Toulouse.

Le même accord, mais limité dans le temps, aurait récompensé notre implication dans sa construction. Mais ce ne sera pas le cas. Nous en mesurerons bientôt les lourdes conséquences.

Attendons-nous à :

  • Recevoir les foudres d’un plan PPP qui, n’en doutons pas, va bizarrement s’accélérer et sans doute faire encore très mal à beaucoup d’entre nous.
  • Faire de la figuration en négociation annuelle pour ne recevoir que des miettes jetées par une Direction indifférente aux revendications des salariés.

Oui, nous avons perdu beaucoup par cet accord illimité. Les conséquences se feront sentir très prochainement.

« Bravo » à la Direction qui mène à bien son plan de restructuration. Il faut dire qu’elle aura bien été aidée.

FORCE OUVRIERE demeurera les pieds sur terre et objective. Nous nous tenons à la disposition des salariés pour toutes informations supplémentaires ou une aide concernant un avenant à signer ou tout autre problème.

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