
Invité sur France Info, Yves Veyrier, Secrétaire général de Force Ouvrière, a éclairé la position de notre syndicat face à la mise en œuvre du passe sanitaire et ses conséquences alarmantes pour les salariés et leurs droits fondamentaux.
Le Passe Sanitaire : Une Faute, Pas Une Solution pour les Salariés !
Dès l’annonce de la possibilité de créer un nouveau motif de licenciement lié au passe sanitaire, Force Ouvrière s’est opposée avec force. Si cette menace a été écartée, la situation actuelle reste profondément insatisfaisante et précaire pour de nombreux travailleurs.
« Non, ça n’est pas une solution qui est satisfaisante du point de vue des salariés. L’aspect positif c’est le signal qui est donné avec l’annulation de ce nouveau motif de licenciement qui doit être compris comme le fait que la menace de sanction n’est pas la solution sur cette question de vaccination ou de pass sanitaire. Maintenant, nous sommes dans une situation bancale. Cela risque de mettre tout autant en situation compliquée les salariés dans la situation où ils se refuseraient à se faire vacciner. »
Cette « situation bancale » signifie concrètement que si un salarié refuse la vaccination et que la situation sanitaire perdure, il pourrait se retrouver sans aucun revenu, poussé à la démission et privé d’indemnités. Une pression inacceptable pour nos camarades !
Vaccination : Convaincre, Pas Contraindre !
Force Ouvrière est claire : la vaccination est un outil essentiel pour se protéger soi-même et protéger les autres, au même titre que le masque, le gel hydroalcoolique ou les protections physiques. Nous avons toujours demandé que des créneaux de vaccination soient prévus pour les salariés au contact du public. Cependant, la sanction n’est pas la voie à suivre.
« Il fallait parler de nécessité plutôt que d’obligation avec sanction, dire clairement que c’est du point de vue scientifique, du point de vue des nécessités de santé publique, qu’il était nécessaire de faire en sorte que soient vaccinés les salariés au contact de publics vulnérables […] Mettre l’accent sur cette nécessité et informer, expliquer et rassurer ! L’important est de rassurer les gens. »
Pour Force Ouvrière, la solution réside dans :
- L’information transparente : Expliquer les bénéfices du vaccin et les risques.
- L’explication pédagogique : Répondre aux interrogations légitimes.
- La rassurance active : Dissiper les craintes et fausses informations.
Soignants : Le Scandale d’une Mémoire Courte et d’une Confiance Bafouée
Nous saluons la prise en compte par les parlementaires des délais nécessaires pour l’obtention du passe vaccinal, notamment pour les soignants. Le fait qu’une première injection suffise d’ici le 15 septembre, avec possibilité de tests PCR en attendant le schéma complet, est un signe d’une précipitation initiale que nous dénoncions.
Mais soyons clairs : la réticence de certains soignants n’est pas un caprice, c’est le reflet d’années de mépris et de conditions de travail dégradées. Comment leur demander une confiance aveugle après avoir :
- Refusé la suspension du jour de carence en début de crise ?
- Ne pas avoir pleinement reconnu le COVID en maladie professionnelle ?
- Exigé qu’ils aillent travailler bien que positifs s’ils étaient asymptomatiques ?
- Forcé certains à fabriquer leurs propres blouses avec des sacs poubelles par manque d’équipement ?
« Bref, tout un environnement qui fait qu’il y a des interrogations. Il faut rassurer au sens où les vaccins sont sûrs, ils sont le moyen aujourd’hui de se protéger, de protéger les autres. Maintenant il faut se donner le temps justement. »
C’est en se donnant le temps d’informer, d’expliquer et de rassurer que l’on obtiendra les meilleurs résultats, car la santé de tous est notre priorité.
Au-delà du Vaccin : L’Agrégation des Colères Sociales que le Gouvernement Ignore
Il existe, certes, des personnes fondamentalement opposées à la vaccination. Mais il serait simpliste et dangereux de réduire toutes les manifestations à ce seul argument. Force Ouvrière l’a souligné : la colère est bien plus profonde.
« Vous avez toujours eu des anti-vax ou des contestataires de la science, malheureusement, ça existe et ça existera toujours. Ensuite, il y a aussi une agrégation de mécontentements. Il n’était pas bienvenu, FO l’a contesté, nous avons protesté contre le fait qu’on nous annonce à la fois cet enjeu sur le plan de la vaccination et que le Président de la République y joigne l’objectif de maintenir la réforme de l’assurance chômage, qui va pénaliser les demandeurs d’emplois les plus précaires, et la réforme des retraites. »
Mélanger une crise sanitaire avec des attaques brutales contre les droits sociaux des travailleurs (assurance chômage, retraites) est une stratégie cynique qui ne fait qu’attiser les tensions et discréditer l’action publique. Force Ouvrière s’y opposera toujours !
Force Ouvrière : Des Principes Inébranlables pour les Droits des Salariés
Notre position est constante : la santé publique est un enjeu majeur, mais elle ne doit jamais servir de prétexte à la régression des droits des salariés ou à l’application de mesures coercitives inefficaces.
« Il faut prioritairement et premièrement faire en sorte que le plus largement possible les uns et les autres, les salariés en particulier pour se protéger eux-mêmes se fassent vacciner. Pour cela, il faut rassurer. Ça n’est pas par la sanction ou l’indemnisation qu’on résout un problème de santé publique. »
Force Ouvrière continuera de se battre pour que les décisions sanitaires soient prises dans le respect des travailleurs, avec pédagogie, dialogue social et sans jamais sacrifier les principes de justice et de solidarité qui nous animent.
Yves VEYRIER
Secrétaire général de Force Ouvrière



