
L’Intelligence Artificielle s’invite dans nos entreprises : Force Ouvrière exige un dialogue social renforcé !
L’Intelligence Artificielle (IA) est à nos portes, transformant progressivement nos méthodes de travail et nos organisations. Si sa présence est encore modeste dans les accords collectifs d’entreprise, son évocation a connu une hausse fulgurante ces dernières années. Pour Force Ouvrière, cette tendance est un signal clair : il est urgent d’anticiper et de négocier pour que l’IA soit un levier de progrès social, et non un facteur d’incertitude.
« L’IA ne doit pas être subie, mais négociée ! Force Ouvrière est sur le pont pour défendre les droits et l’emploi des travailleurs face à cette révolution technologique. »
Une présence croissante de l’IA dans les négociations : les chiffres parlent
Selon une étude éclairante du Centre d’Études de l’Emploi et du Travail (CEET), la proportion d’accords faisant mention de l’IA a été multipliée par 2,5 entre 2018 et 2023. Cette augmentation témoigne d’une prise de conscience grandissante des interlocuteurs sociaux. Bien que seulement 242 accords sur les 285 421 publiés sur Légifrance entre septembre 2017 et avril 2024 fassent référence à l’IA (soit moins d’un sur mille), ce chiffre, encore faible, masque un intérêt croissant et une volonté d’adaptation.
Pour FO, mentionner l’IA dans les négociations n’est pas qu’une formalité. C’est un engagement essentiel pour :
- Adapter ces technologies aux besoins réels des salariés.
- Protéger l’emploi et prévenir les suppressions.
- Favoriser le développement des compétences et la formation continue.
Des approches sectorielles contrastées face à l’IA
L’étude révèle des dynamiques différentes selon les secteurs, même si l’IA est abordée dans la quasi-totalité des activités (à l’exception notable de l’agriculture ou des industries extractives).
Le secteur de l’information et de la communication : fer de lance de la négociation IA
C’est sans surprise le secteur de l’information et de la communication qui est le plus actif. Il représente près d’un quart des accords mentionnant l’IA, alors qu’il ne pèse que 3,4 % de l’ensemble des accords collectifs signés depuis 2017. Cette surreprésentation s’explique par son exposition directe à l’IA générative, notamment dans des domaines comme l’informatique ou l’audiovisuel.
L’industrie manufacturière : l’IA comme levier d’amélioration et de formation
L’industrie, bien que moins prolifique en accords spécifiques sur l’IA, aborde souvent le sujet de manière plus approfondie. Dans la manufacture, l’IA est perçue comme un moyen d’optimiser l’automatisation existante. C’est aussi dans ce secteur que l’on observe des utilisations innovantes, visant à répondre aux besoins spécifiques des travailleurs, notamment à travers des programmes de formation ciblés.
« L’IA peut et doit être un outil au service de l’humain, pas l’inverse. Dans l’industrie, nous voyons déjà comment elle peut améliorer les conditions de travail grâce à la formation et à l’adaptation. »
L’emploi au cœur des préoccupations, mais pas seulement !
La thématique de l’emploi est, logiquement, la plus fréquemment associée à l’IA. Elle est mentionnée dans 34,7 % des accords traitant de l’IA, contre seulement 3,9 % de l’ensemble des accords collectifs. Cette surreprésentation souligne les inquiétudes légitimes des salariés face à l’impact potentiel de l’IA sur les effectifs, notamment dans des secteurs comme la finance et les assurances, où l’automatisation est souvent perçue comme une menace immédiate pour les postes.
Cependant, les négociations ne doivent pas se limiter à l’emploi. Force Ouvrière insiste pour que d’autres thèmes cruciaux soient systématiquement abordés :
- La lutte contre les discriminations, pour garantir une IA éthique et équitable.
- L’inclusion des travailleurs handicapés, pour que l’IA soit un facteur d’accessibilité.
- Le télétravail, avec des clauses protégeant les salariés de toute surveillance abusive par des outils d’IA.
- La formation et l’adaptation des compétences, pour accompagner chaque travailleur dans ces évolutions.
« Force Ouvrière est vigilante : l’IA ne doit jamais devenir un prétexte à une surveillance accrue ou à des discriminations. Nos accords collectifs sont les boucliers de nos droits ! »
Élargir le dialogue social pour une IA au service des travailleurs
L’étude du CEET conclut, et Force Ouvrière le réaffirme avec force : il est impératif d’élargir les discussions sur l’IA au-delà de la seule question de l’emploi. Nous devons intégrer pleinement les dimensions de l’organisation du travail et des conditions de travail.
Notre objectif est clair : faire de l’IA un outil au service de l’amélioration des conditions de travail, tout en soutenant activement l’adaptation des compétences dans un environnement professionnel en constante mutation. Le dialogue social est la seule voie pour maîtriser cette transition et s’assurer que le progrès technologique rime avec progrès social.
« L’IA est une révolution technologique, mais le dialogue social est la clé pour qu’elle soit une opportunité pour tous, et non une menace pour quelques-uns ! Engageons-nous collectivement pour une IA éthique et protectrice des droits des travailleurs. »




