
Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière – Jeudi 21 mai 2009
La Négociation Collective : Pilier du Progrès Social, sous Attaque !
Chez Force Ouvrière, nous l’avons toujours affirmé : la négociation collective est bien plus qu’un simple outil. C’est un véritable levier de progrès social, un mécanisme essentiel pour améliorer les droits des travailleurs. Son objectif clair est d’octroyer aux salariés des droits supplémentaires à ceux déjà inscrits dans le Code du travail. C’est ce que nous appelons le principe de faveur, un acquis fondamental.
Malheureusement, ce principe sacré est aujourd’hui régulièrement battu en brèche. Les assauts répétés d’un patronat toujours plus avide visent à transformer la négociation en un moyen de déroger à la loi, c’est-à-dire de prévoir des dispositions moins favorables aux salariés. Une régression inacceptable !
Grâce à des centrales syndicales fortes et responsables comme Force Ouvrière, le pire a, jusqu’alors, pu être évité. Mais la vigilance reste de mise, car les menaces se précisent.
La Loi du 20 août 2008 : Une Déstructuration Inquiétante des Droits
La loi du 20 août 2008 a marqué un tournant dangereux, déstructurant un peu plus encore les droits des travailleurs. Comment ? En introduisant des mécanismes pervers :
- Favoriser les « syndicats jaunes » : Cette loi encourage la pénétration dans l’entreprise de syndicats non affiliés aux grandes centrales représentatives. Ces organisations, souvent complaisantes avec le patronat, peuvent alors signer des accords dérogatoires, entérinant des régressions sociales.
- Détourner les organisations syndicales de leur mission : En leur conférant une charge électorale excessive, la loi les oblige à pratiquer le « marketing électoral ». Cette dérive éloigne les organisations de leurs véritables responsabilités syndicales : la défense des droits, la revendication, la mobilisation.
Il est plus complexe de présenter aux salariés le refus d’une augmentation du temps de travail – un chantage souvent présenté par la direction en échange d’une renonciation à la délocalisation – que de leur faire les éloges des nouveaux chèques cinéma ou théâtre. Une stratégie de diversion dangereuse !
L’Épuisement des Militants : Une Tactique Délétère
Cette nouvelle donne a des conséquences directes et dramatiques sur le terrain. On ne peut décemment pas demander à la même personne d’être délégué syndical, élu au Comité d’Entreprise (CE) et de continuer à effectuer son travail habituel sans surcharge. C’est une mission impossible !
La politique d’épuisement des militants est clairement engagée. Elle vise à affaiblir les forces vives du syndicalisme, celles qui se battent au quotidien pour vos droits.
Force Ouvrière : Notre Mission, Notre Force !
Mais Force Ouvrière a de la ressource ! Face à ces attaques, notre détermination est intacte. Nous devons nous recentrer, plus que jamais, sur notre mission principale :
- Défendre l’intérêt collectif de la profession.
- Revendiquer sans relâche de nouveaux droits et de meilleures conditions.
- Obtenir des avancées concrètes pour tous les salariés.
- Mobiliser et rassembler pour faire entendre notre voix.
Nous avons déjà fait des démonstrations de force remarquables, notamment lors des mobilisations historiques des 29 janvier, 19 mars et 1er mai. Et ce n’est pas fini ! Notre combat continue, plus nécessaire que jamais.
L’Urgence Sociale : Remettons le Monde sur Ses Pieds !
Le constat est clair : le monde marche sur la tête. Mais ensemble, nous avons le pouvoir de le remettre sur ses pieds ! La question des droits des travailleurs et de la protection sociale devient existentielle pour un nombre croissant de nos concitoyens.
Les pouvoirs publics ne peuvent plus se dérober : ils doivent prendre leurs responsabilités face à une urgence sociale indéniable et grandissante.
Force Ouvrière reste mobilisée, déterminée à défendre chaque salarié, chaque droit, chaque avancée sociale. Rejoignez-nous dans ce combat essentiel !



