
Alors que le gouvernement agite l’idée d’un déblocage exceptionnel de la participation et de l’intéressement, Force Ouvrière monte au créneau. Présentée comme une solution miracle pour relancer la consommation et soutenir le pouvoir d’achat, cette mesure est loin de convaincre notre syndicat. Pour FO, demander aux salariés de puiser dans leur épargne n’est pas une réponse durable à la crise. La véritable urgence ? Une augmentation générale des salaires !
Comprendre le « Déblocage Exceptionnel » : Ce que propose le gouvernement
Annoncée fin mars par le président François Hollande, cette initiative est au cœur d’un projet de loi qui sera soumis au vote de l’Assemblée nationale le 13 mai. L’objectif affiché est clair : injecter rapidement des liquidités dans l’économie.
En temps normal, les fonds de participation et d’intéressement sont bloqués pendant cinq ans, sauf cas très spécifiques (mariage, achat de logement, etc.), en échange d’une exonération fiscale. Le dispositif exceptionnel prévoit de déroger à cette règle avec des modalités précises :
- Les sommes seront disponibles dans la limite de 20 000 euros.
- Le retrait devra s’effectuer en une seule fois.
- Il n’y aura aucune pénalité fiscale sur les sommes débloquées.
- Aucune justification d’achat ne sera demandée aux salariés.
- Attention : les fonds gérés sur un Plan d’épargne retraite collectif (Perco) ou sur un fonds « solidaire » sont exclus de ce dispositif.
- La période d’accès envisagée pourrait s’étendre de juillet à décembre 2013.
- Le déblocage sera conditionné par un accord collectif d’entreprise ou, à défaut, par l’autorisation du chef d’entreprise.
Participation et Intéressement : De quoi parle-t-on ?
Ces mécanismes sont des dispositifs d’épargne salariale qui permettent aux employés de bénéficier des résultats de leur entreprise.
La Participation :
- Est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés réalisant un bénéfice suffisant.
- En 2010, elle a concerné 4,9 millions de salariés, pour un montant total de 7,4 milliards d’euros.
L’Intéressement :
- Est ouvert à toutes les entreprises, quel que soit leur effectif.
- Son fonctionnement est plus souple et facultatif.
- En 2010, 4,6 millions de salariés en ont bénéficié, pour 7,1 milliards d’euros.
Force Ouvrière dit NON ! Une fausse bonne idée pour le pouvoir d’achat
Pour Force Ouvrière, cette mesure est un mirage. Elle ne s’attaque pas aux racines du problème et, pire encore, elle est inégalitaire.
« Demander aux salariés de puiser dans leur épargne n’est pas une réponse à la crise économique et sociale. L’urgence c’est plutôt d’augmenter les salaires. En plus cette mesure est inégalitaire puisque la participation n’existe pas dans les petites entreprises. Il faudrait plutôt élargir le dispositif à tous les salariés. »
– Marie-Alice Medeuf-Andrieu, Secrétaire confédérale FO chargée des conventions collectives.
Les arguments de FO sont clairs et sans appel :
Une solution temporaire et superficielle :
Ce déblocage ponctuel ne résout en rien la baisse structurelle du pouvoir d’achat. Il s’agit de consommer l’épargne des salariés, et non de leur garantir des revenus décents et pérennes.
Une mesure profondément inégalitaire :
Comme le souligne notre Secrétaire confédérale, la participation est réservée aux grandes entreprises. Quid des millions de salariés des petites et moyennes entreprises qui n’ont pas accès à ces dispositifs ? Ils sont purement et simplement exclus de cette « aide ».
La VRAIE urgence : L’augmentation des salaires !
Plutôt que de « débloquer l’épargne », FO revendique des augmentations de salaires significatives. C’est la seule voie pour garantir un pouvoir d’achat durable et relancer l’économie sur des bases solides et justes pour tous les travailleurs.
Notre proposition : Un dispositif réellement universel :
Si le gouvernement souhaite soutenir le pouvoir d’achat via ces mécanismes, il doit impérativement élargir le dispositif à TOUS les salariés, quelle que soit la taille de leur entreprise. C’est une question de justice sociale.
Force Ouvrière continuera de se battre pour que les travailleurs obtiennent de véritables avancées sociales, et non des artifices qui masquent les problèmes de fond. Le combat pour des salaires justes et un pouvoir d’achat digne se poursuit !
Article paru dans FO Hebdo 3074



