
Article paru dans FO Hebdo 3082
Congé Parental : Quand l’État Rogner les Droits au Nom de l’Égalité !
Le gouvernement s’apprête à réformer le congé parental, clamant vouloir favoriser un meilleur partage entre les pères et les mères. Mais derrière cette façade d’égalité se cache une réalité bien moins reluisante : une attaque directe contre les droits des femmes et des familles, avec une économie de 405 millions d’euros pour l’État à la clé.
« Sous couvert de remédier à une inégalité homme-femme, l’État va rogner les droits des femmes, et donc des familles, faisant au passage une économie de 405 millions d’euros. »
Ce que le Projet de Loi Vise à Changer : Moins de Droits, Plus de Contraintes
Le projet de loi pour l’égalité entre les hommes et les femmes, qui devait être présenté le 3 juillet en Conseil des ministres, prévoit de rendre obligatoire un partage du temps de congé parental. Concrètement, voici les mesures qui vont impacter des milliers de familles :
- Pour les parents d’un seul enfant : Le droit actuel de six mois de congé parental pourra être étendu de six mois supplémentaires, mais à la condition expresse que ce soit le second parent qui en bénéficie. Finie la liberté de choix !
- À partir de deux enfants : Le congé parental, actuellement d’une durée de trois ans, sera raccourci à deux ans et demi pour un parent. Les six mois restants ne pourront être pris que par l’autre parent. Une durée réduite et une obligation de partage qui ne tient pas compte des réalités familiales et professionnelles.
La ministre des Droits de la femme, Najat Vallaud-Belkacem, estime que cette réforme pourrait porter le nombre d’hommes ayant recours au congé parental à 100 000 d’ici à 2017, contre seulement 18 000 aujourd’hui. Une projection optimiste qui ignore les freins structurels.
Force Ouvrière Dit NON à une Réforme qui Punit les Familles !
Force Ouvrière ne s’y est pas trompée. Le projet gouvernemental a recueilli un avis défavorable du conseil de la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF) – un avis auquel nos représentants ont activement contribué. Notre constat est clair : cette réforme enlève des droits aux femmes, et donc aux familles, sans aucune garantie que les pères prendront effectivement part au congé parental. L’État, lui, fera une économie de 405 millions d’euros sur le dos des travailleurs !
« Si les pères le plus souvent n’arrêtent pas leur activité, c’est sans doute en grande partie dû aux écarts de salaires entre les femmes et les hommes, puisque les salaires des femmes sont en moyenne inférieurs de 30% à ceux des hommes. Si l’on ne remédie pas au préalable aux inégalités de salaire, la mesure ne sera pas réellement efficace. »
– Jean-Marc Bilquez, Secrétaire confédéral FO chargé de la protection sociale.
Les Vraies Raisons Pourquoi les Pères Hésitent : L’INSEE Confirme nos Analyses
Une étude de l’INSEE, publiée le 24 juin, vient corroborer l’analyse de FO. Elle met en lumière les véritables freins à l’engagement des pères dans le congé parental, des freins que le gouvernement refuse d’adresser :
- Seulement un père sur neuf réduit ou interrompt son activité professionnelle pendant au moins un mois après la naissance d’un enfant, contre plus d’une mère sur deux.
- 46% des pères ont déclaré que le congé parental ne les intéressait pas a priori, contre 25% des mères.
- Parmi les hommes qui ont envisagé le congé parental mais ne l’ont pas pris :
- 30% invoquent le risque d’un effet néfaste sur leur travail ou leur carrière.
- Un petit quart d’entre eux a déclaré que le congé parental n’était pas assez payé.
Ces chiffres sont sans appel : tant que les inégalités de salaire et les pressions professionnelles ne seront pas traitées, imposer un partage ne changera rien, sinon de pénaliser davantage les familles.
L’Impact sur les Mères : Une Perte de Droits Inacceptable
Aujourd’hui, le congé parental (ou CLCA, Complément de libre choix d’activité, d’un montant d’environ 390 euros mensuels à taux plein) est une bouffée d’oxygène pour de nombreuses familles. L’étude INSEE montre d’ailleurs que :
- Les employées et ouvrières sont plus enclines à interrompre leur activité professionnelle (47% des mères titulaires d’un diplôme de niveau CAP-BEP ou inférieur le font).
- Les cadres et professions intermédiaires le sont moins (29% des mères diplômées, bac+2 et supérieur).
Pourquoi cette différence ? Parce que pour les premières, la perte de salaire est moins forte et relativement mieux compensée par la prestation du congé parental et par les économies réalisées sur les frais de garde et de transport. En réduisant la durée de ce congé pour un parent, le gouvernement retire un soutien essentiel à celles qui en ont le plus besoin.
FO S’OPPOSE Fermement à cette Régression Sociale !
Force Ouvrière dénonce avec force cette réforme qui, sous prétexte d’égalité, ne fait que réduire les droits sociaux et réaliser des économies budgétaires sur le dos des familles. Nous continuerons de nous battre pour de véritables mesures d’égalité professionnelle, qui s’attaquent aux inégalités de salaire et garantissent un réel choix aux parents, sans les contraindre ni les pénaliser.
Restez mobilisés avec FO pour défendre vos droits et ceux de vos familles !



