
Alors que Coca-Cola s’efforce de polir son image publique et de se présenter sous son meilleur jour, la réalité pour des milliers de ses travailleurs à travers l’Europe est bien différente. Le 5 mai, la presse n’avait d’yeux que pour la mobilisation massive des salariés de Coca-Cola, unis pour dénoncer l’hypocrisie d’une entreprise qui prône le bonheur tout en détruisant des emplois et en généralisant la précarité.
Quand les Travailleurs Disent STOP à la Précarité chez Coca-Cola !
Partout en Europe, la colère gronde. Des milliers de travailleurs de Coca-Cola ont cessé le travail, mettant en lumière une stratégie d’entreprise qui privilégie les profits à outrance au détriment du capital humain. Licenciements, sous-traitance à marche forcée, et conditions de travail dégradées : voici la triste « formule » que Coca-Cola applique, loin de son image pétillante.
Une Vague de Solidarité Inédite
La mobilisation a été impressionnante et a démontré une solidarité européenne sans faille :
- Des milliers de manifestants se sont rassemblés devant le siège de Coca-Cola à Anderlecht, Belgique, réunissant des salariés de six usines belges.
- Une action similaire a eu lieu à Madrid, Espagne, devant le siège de Coca-Cola Iberian Partners.
- Des assemblées, conférences de presse et distributions de tracts ont également été organisées en France, Allemagne, Grèce, Italie et Portugal.
Ces travailleurs découragés mais déterminés se sont unis sous la bannière de la Fédération Européenne des Syndicats de l’Alimentation, de l’Agriculture et du Tourisme (EFFAT), qui représente 2,6 millions de travailleurs dans 38 pays. Leur message est clair : dénoncer la course effrénée à la réduction des coûts par les seules suppressions d’emplois, malgré la situation financière solide de l’entreprise.
Coca-Cola : Des Chiffres qui Glacent le Sang
L’attaque systémique de Coca-Cola contre ses employés en Europe est étayée par des chiffres qui ne peuvent laisser personne indifférent. C’est une véritable destruction planifiée de l’emploi :
- L’effectif de Coca-Cola Enterprises est passé d’environ 14 000 personnes en 2010 à environ 11 000 aujourd’hui.
- Au cours des cinq dernières années, Coca-Cola Hellenic a fermé 25 à 30% de ses 120 usines, entraînant la perte d’environ 14 000 emplois.
- En Grèce, confrontée à une souffrance humaine immense due à l’austérité, seules quelques-unes des 11 anciennes usines de Coca-Cola fonctionnent encore.
- En Italie, les usines de Cagliari et Biella ont fermé, laissant environ 580 travailleurs au chômage.
- Plus récemment, Coca-Cola Iberian Partners a engagé la suppression de 1190 emplois et la fermeture de quatre de ses 11 usines espagnoles, sans aucune concession acceptable malgré les efforts des syndicats FITAG-UGT et CCOO Feagra.
Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques ; ils racontent une stratégie d’entreprise insidieuse, non déclarée, visant à doubler les ventes et les profits d’ici 2020, et à « rationaliser » des opérations européennes qui génèrent déjà 40% de ses bénéfices. Pour Force Ouvrière, il est inacceptable que la maximisation des profits se fasse sur le dos des travailleurs.
L’Hypocrisie Coca-Cola : « Inspirer le Bonheur » ou le Désespoir ?
La mission officielle de The Coca-Cola Company est « d’inspirer des moments d’optimisme et de bonheur ». Pourtant, ce que nous voyons aujourd’hui, c’est une entreprise qui inspire des moments de désespoir et de détresse pour des milliers de familles. Les travailleurs belges, organisés par la LBC-NVK, se sont mobilisés en solidarité, implorant Coca-Cola de rétablir « l’élément humain » dans sa stratégie de ressources humaines.
Le cynisme atteint son paroxysme avec le « programme d’ambassadeurs » de Coca-Cola, qui demande aux travailleurs de défendre l’entreprise contre les critiques en matière de santé, d’environnement et de droits humains.
« Tant que Coca-Cola continuera de démanteler les droits de ses plus grands atouts – les employés dont les efforts quotidiens font le succès des produits Coca-Cola dans le monde entier – les efforts pour améliorer son image de marque et sa réputation sont vains. »
— Enrico Somaglia, Responsable Politique d’EFFAT, devant des centaines de manifestants à Madrid.
Il est risible d’attendre de ses travailleurs qu’ils agissent comme des ambassadeurs de bonne foi alors que leurs emplois sont constamment menacés. Les consommateurs sont loin d’être dupes d’une stratégie de relations publiques qui ignore la réalité sociale.
Nos Revendications : Un Retour à la Coopération Constructive !
Les travailleurs, soutenus par l’EFFAT et Force Ouvrière, exigent un retour immédiat à la coopération constructive qu’ils ont partagée avec Coca-Cola par le passé. Nous insistons pour que Coca-Cola s’engage avec les syndicats afin de garantir la viabilité à long terme du système Coca-Cola, en tenant compte des solutions alternatives proposées par les représentants des travailleurs pour éviter les licenciements et la sous-traitance abusive.
La journée d’action du 5 mai s’inscrit dans la continuité du Manifeste Européen pour un Coca-Cola Socialement Durable, publié en mars par le Groupe de coordination Coca-Cola supervisé par l’EFFAT. C’est une tentative continue d’instaurer un dialogue constructif et permanent avec la direction de Coca-Cola pour convenir d’une approche commune de la gestion de la transition et limiter les conséquences négatives des restructurations sur les travailleurs.
Force Ouvrière reste mobilisée et vigilante. Nous ne laisserons pas les profits dicter l’avenir de milliers de travailleurs. La lutte pour des droits sociaux respectés et des emplois durables continue !




