Coca-Cola & Daltys : FO dénonce des licenciements masqués

Hier matin, le conseil de prud’hommes de Boulogne-Billancourt a été le théâtre d’une audience tendue de près de trois heures. Au cœur des débats : la situation d’une centaine de salariés du site de Clamart de Coca-Cola, qui assignent leur employeur. La raison ? Le syndicat Force Ouvrière, aux côtés des travailleurs, dénonce une manœuvre visant à masquer des licenciements par le biais d’un transfert d’activité vers l’entreprise Daltys. Un cas emblématique des pratiques patronales qui tentent de contourner la loi et d’affaiblir les droits des salariés !

Un Transfert d’Activité « Masqué » : Quand Coca-Cola Se Débarrasse de ses Salariés

L’affaire est claire : Coca-Cola souhaite se délester de son activité de distributions automatiques. Cette activité, qui gère près de 40 000 distributeurs de boissons chaudes et froides en France, serait transférée à Daltys. Conséquence directe ? Une centaine d’employés, principalement en charge du réapprovisionnement de ces machines, devront devenir des salariés de Daltys Cola, une nouvelle antenne spécialement créée par Daltys pour cette opération.

Les « Compensations » : Un Pansement sur une Plaie Ouverte ?

Pour faire passer la pilule, l’avocat de Coca-Cola a détaillé des mesures censées faire en sorte que les salariés vivent « mieux ces bouleversements » :

  • Les salariés bénéficieront de 24 mois des mêmes contrats.
  • Une prime de 14 000 € leur serait versée.
  • Pendant six mois, ils ne pourront pas être licenciés par Daltys.
  • Passé ce délai, ils pourraient de nouveau postuler chez Coca-Cola.

« Au total, Coca paie plusieurs millions pour nous céder… Il voulait vraiment se débarrasser de nous », a persiflé l’un des salariés présents, résumant parfaitement le sentiment général.

Ces « compensations » sont loin de rassurer les principaux concernés. Au contraire, elles plongent les salariés dans une profonde inquiétude.

« Enfumage » et « Plan Social Déguisé » : L’Analyse Inflexible de Force Ouvrière

Pour Force Ouvrière, la situation est limpide. Loin d’être un simple transfert, il s’agit d’une manœuvre pour éviter de lourdes obligations sociales.

« Tout cela, c’est de l’enfumage ! Il s’agit d’un plan social déguisé. Coca, qui a déjà licencié une centaine d’employés en 2012, craint pour son image et veut trouver un moyen d’éviter un nouveau Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) », a affirmé David Mettin, l’avocat des employés, avec le soutien total de FO.

Face à cette accusation de déguisement, la défense de Daltys peine à convaincre :

« C’est profondément choquant, répond Nicolas de Sévin, l’avocat de Daltys. Nous prenons ces engagements pour accompagner socialement les salariés et on nous accuse de mentir. Coca fait mal ce métier de la distribution. Nous ne voulons plus y investir mais le confier à quelqu’un qui sait mieux le faire que nous ».

Une rhétorique bien connue pour justifier les dégraissages : la faute à « celui qui fait mal le métier ». Pourtant, l’avocat de Daltys a réaffirmé, devant les moues dubitatives de la présidente de séance, que « Daltys n’a aucun intérêt à se séparer de ces salariés ».

Des paroles qui sonnent creux quand on connaît la réalité des restructurations où la première chose qui saute, c’est souvent le personnel.

Notre Combat : Exiger la Transparence et la Protection des Droits des Salariés !

Force Ouvrière est mobilisée pour défendre les droits de ces salariés. Nous exigeons :

  • La reconnaissance de ces transferts comme de véritables licenciements.
  • La mise en place d’un véritable Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) avec des mesures d’accompagnement justes et dignes.
  • La transparence totale sur les motivations réelles de Coca-Cola et de Daltys.
  • Le respect intégral des droits des travailleurs, quel que soit le contexte économique ou les stratégies des multinationales.

La décision du conseil de prud’hommes sera rendue le 6 juin. D’ici là, les employés devraient, eux, rejoindre Daltys dès la fin mai, avec l’épée de Damoclès de l’incertitude planant au-dessus de leurs têtes. FO continuera de veiller et de se battre pour que la justice sociale l’emporte sur les profits masqués !

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Source de l'article :Lire sur leparisien.fr