Coca-Cola Clamart : Fin d’une ère, FO défend l’emploi !

Fermeture de l’usine historique Coca-Cola de Clamart : 60 ans d’histoire industrielle s’achèvent

Clamart, décembre 2025 — C’est une page sombre qui se tourne pour le paysage industriel français. L’usine Coca-Cola de Clamart, un site emblématique des Hauts-de-Seine, ouvert en 1965 et fier de son statut de plus ancien site français du groupe, ferme officiellement ses portes. Après soixante années d’activité, la production cesse, marquant la conclusion d’un processus de réorganisation brutal, annoncé par Coca-Cola Europacific Partners France (CCEP) en février 2024.

Une page industrielle se tourne, des vies basculent

Pendant six décennies, l’usine de Clamart n’a pas seulement embouteillé des boissons. Implanté au 10 avenue Galilée, ce site a été le cœur battant d’une histoire industrielle riche, produisant des marques connues de tous : Coca-Cola, Coca-Cola Sans Sucres, Fanta, Sprite et bien d’autres.

Au-delà des millions de bouteilles produites, Clamart représentait avant tout des femmes, des hommes, des savoir-faire industriels uniques et une culture collective précieusement construite au fil des générations. Pour les salariés, les anciens salariés, leurs familles et l’ensemble des acteurs locaux, cette fermeture n’est pas la simple disparition d’une ligne de production : elle marque la fin d’un repère industriel historique, arraché au cœur des Hauts-de-Seine.

Une décision de transfert vers Grigny : la logique financière contre l’humain

La direction de CCEP avait annoncé le 15 février 2024 son projet de fermer le site de Clamart pour transférer ses activités vers l’usine de Grigny, dans l’Essonne. Leur justification ? Des contraintes liées à l’implantation urbaine et une volonté affichée de « renforcer la compétitivité industrielle du groupe » en Île-de-France.

Ce projet s’est accompagné d’investissements massifs annoncés à Grigny : après une première enveloppe de 114 millions d’euros communiquée en 2023, CCEP a évoqué un investissement complémentaire de 32 millions d’euros pour adapter les capacités du site d’accueil.

Mais une réorganisation industrielle ne peut pas être évaluée uniquement à l’aune des capacités de production, des volumes ou des investissements. Elle DOIT aussi être jugée à partir de ses conséquences humaines, sociales et territoriales. C’est là que le bât blesse.

Des conséquences humaines majeures : 153 salariés impactés, des familles déstabilisées

Dès l’annonce du projet, les chiffres communiqués faisaient état du transfert de 106 postes vers Grigny et de la suppression envisagée de 47 emplois. Derrière ces statistiques froides se cachent des réalités déchirantes :

  • Des parcours professionnels brisés ou réorientés de force.
  • Des contraintes de mobilité intenables pour de nombreux salariés.
  • Des organisations familiales bouleversées.
  • Des incertitudes légitimes sur l’avenir.

Le passage de Clamart à Grigny n’est pas une simple modification géographique. Pour beaucoup, il implique des temps de trajet supplémentaires, une réorganisation complète de la vie quotidienne et, parfois, une interrogation profonde sur la poursuite de leur carrière au sein de l’entreprise.

FO l’a rappelé avec force tout au long de cette période : aucune stratégie industrielle ne saurait être conduite en faisant abstraction de celles et ceux qui ont contribué, année après année, à la performance et à la réputation de Coca-Cola en France. Le profit ne doit pas écraser l’humain !

La mobilisation FO pour les salariés : un combat pour la dignité

Face à l’annonce de la fermeture, les salariés se sont mobilisés avec leurs représentants Force Ouvrière. La FGTA-FO a notamment souligné que la fermeture était prévue pour décembre 2025, avec un transfert de production vers Grigny, et a porté sans relâche les revendications légitimes des équipes concernées.

Cette mobilisation a poursuivi un objectif clair, non négociable :

  • Défendre les intérêts individuels et collectifs de chaque salarié.
  • Obtenir des garanties concrètes et incompressibles.
  • Refuser que les conséquences d’une décision industrielle soient uniquement supportées par les travailleurs.

Nos priorités syndicales dans les négociations :

  • Garantir un accompagnement réel et individualisé de chaque salarié.
  • Obtenir des mesures de mobilité adaptées, tenant compte des contraintes de transport, de santé, d’ancienneté et de situation familiale.
  • Préserver au maximum l’emploi, les qualifications, la rémunération et les conditions de travail.
  • Assurer une transparence complète sur les suppressions de postes, les reclassements et les évolutions d’organisation.
  • Reconnaître pleinement l’engagement des équipes de Clamart, qui ont contribué pendant des décennies au développement de l’entreprise.

Défendre l’emploi et le dialogue social : l’avenir industriel se construit AVEC les travailleurs

La fermeture de Clamart rappelle une réalité trop souvent négligée par les grands groupes : derrière les décisions de concentration industrielle et les annonces d’investissements, il y a toujours des collectifs de travail, des compétences et des territoires vivants.

Le transfert vers Grigny peut répondre à une logique industrielle portée par la direction. Mais il ne saurait effacer l’exigence d’un dialogue social loyal, d’une négociation équilibrée et d’un respect absolu des droits des salariés. L’avenir industriel ne peut être construit durablement qu’avec celles et ceux qui produisent la richesse de l’entreprise.

En ce jour de fermeture officielle, Force Ouvrière rend un hommage appuyé et solennel aux salariés de l’usine de Clamart — à celles et ceux qui y travaillent encore, à ceux qui y ont travaillé et à tous ceux qui ont fait vivre ce site depuis 1965. Leur professionnalisme, leur engagement et leur attachement à leur outil de travail resteront indissociables de l’histoire de Coca-Cola en France.

FO restera mobilisée pour que chaque salarié concerné soit respecté, accompagné et défendu, sans exception. Notre combat pour la justice sociale continue !

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