
L’Hypocrisie Coca-Cola : « Des raisons d’y croire » ou de s’inquiéter ?
C’est une nouvelle qui secoue les couloirs de Coca-Cola Enterprises (CCE) en France : le service de distribution automatique, et ses 102 salariés dévoués, est sur le point d’être cédé au groupe Daltys. Une décision inacceptable qui a immédiatement déclenché une mobilisation forte des équipes, soutenue par Force Ouvrière.
Quand la pub ment : Le double discours de Coca-Cola
Alors que la dernière campagne publicitaire de Coca-Cola claironne « des raisons d’y croire » et prétend encourager « les gens à aller vers un monde meilleur », la réalité est bien différente pour ses propres employés. La directrice marketing du journal Les Échos affirmait :
« Avec cette campagne, nous prenons la parole pour encourager les gens à aller vers un monde meilleur. »
Une déclaration cynique, quand on sait que son embouteilleur, Coca-Cola Enterprises, est précisément en train d’encourager certains de ses salariés à « aller vers un monde meilleur »… en les cédant à une autre entreprise ! Un paradoxe flagrant qui met en lumière le fossé entre l’image de marque et la réalité sociale.
Coca-Cola Enterprises : Une rentabilité qui ne profite pas aux salariés
Derrière cette décision se cache une entité aux reins solides. Comme le souligne Mathieu Lapprand dans le dernier numéro de FO Hebdo, Coca-Cola Enterprises est détenue à 33 % par Coca-Cola Company, la maison mère d’Atlanta. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : son résultat net s’élevait à 667 millions d’euros en 2013 ! Cette multinationale est l’embouteilleur de Coca-Cola pour plusieurs pays européens, affichant une santé financière éclatante. Alors pourquoi cette cession ?
Un passé social déjà lourd en France
Ce n’est pas la première fois que Coca-Cola Enterprises fait parler d’elle pour des restructurations douloureuses. En 2013, l’entreprise sortait tout juste d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) en France, qui avait conduit à la suppression de 160 postes sur les 2 800 salariés. Une histoire qui pèse lourd dans l’inquiétude actuelle des employés.
La Mobilisation S’Intensifie : 102 emplois menacés, FO en première ligne
La mobilisation actuelle a pris de l’ampleur suite à la réunion du Comité Central d’Entreprise (CCE) qui a lancé une consultation relative à cette cession en avril 2014. Le service concerné, celui de la distribution automatique, emploie 102 salariés et est rattaché au service commercial. La réaction des équipes ne s’est pas fait attendre :
- Une mobilisation massive a eu lieu fin janvier dernier.
- Pas moins de 90 % de ces salariés étaient en grève !
Un signal fort envoyé à la direction, qui témoigne de leur détermination à défendre leurs emplois.
Daltys : Un repreneur aux pratiques sociales alarmantes
L’inquiétude est d’autant plus grande que le repreneur pressenti, la société Daltys, a une réputation qui précède ses intentions. Cyril Herbin, délégué syndical central de FO, est catégorique :
« Coca-Cola externalise les futurs licenciements. »
Il dénonce une manœuvre visant à se décharger des responsabilités sociales. Le service en question est pourtant essentiel, assurant le remplissage et l’exploitation des distributeurs automatiques de la marque, dans les entreprises et centres commerciaux. Quant à Daltys, les signaux sont alarmants :
- L’entreprise est connue pour son absence de CCE, un organisme clé pour le dialogue social.
- Elle maintient en son sein des normes sociales très diverses entre les structures du groupe, laissant craindre une précarisation des conditions de travail.
Le délégué syndical ne cache pas son inquiétude quant à la pérennité des emplois cédés et réaffirme la volonté de Force Ouvrière de poursuivre la mobilisation pour éviter cette cession.
Force Ouvrière Agit : Non à la cession, oui à l’emploi !
Force Ouvrière se tient aux côtés des 102 salariés de la distribution automatique de Coca-Cola Enterprises. Nous refusons cette logique de profit qui sacrifie les emplois et la stabilité des travailleurs. La mobilisation continue, car il est inacceptable qu’une entreprise aussi prospère se défausse de ses responsabilités sociales. Ensemble, nous lutterons pour le maintien des emplois et des droits !



