
Coca-Cola à Bierne-Socx : Une Extension « Historique » pour qui ? Force Ouvrière Demande Transparence et Garanties !
« Un moment historique ! » André Figoureux, président de la Communauté de Communes du Canton de Bergues (CCCB), n’a pas ménagé ses mots lors de la signature officielle. Jeudi, aux côtés de Frédéric Godier, le directeur de l’usine Coca-Cola, il a formalisé la vente de 14,71 hectares au géant américain du soda. Un accord présenté comme une opportunité de « poursuivre le développement local ». Mais pour Force Ouvrière, derrière les déclarations officielles, cette opération soulève de graves questions sur l’emploi, la transparence et l’utilisation des fonds publics.
Le Deal « Historique » : Quand les Terres Publiques Profitent au Géant du Soda
L’usine Coca-Cola, implantée dans la Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) de Bierne-Socx depuis 1989, va considérablement s’agrandir. Avec cette nouvelle acquisition à l’arrière du site, elle couvrira désormais près de 33 hectares. Un développement immobilier majeur pour une entreprise qui emploie 371 salariés sur ce site, sur les 2 800 que compte le groupe en France.
« L’accord permettra à ce dernier de poursuivre le développement local en profitant de cette nouvelle capacité immobilière. »
— Frédéric Godier, directeur de l’usine Coca-Cola, laconique sur les détails.
Une Décennie de Démarches et d’Investissements Publics Massifs
Cette signature, rapide en apparence, est l’aboutissement d’un processus de plus de dix ans, financé en grande partie par la collectivité :
- Avril 2002 : Lancement du projet d’extension de la ZAC à la demande de Coca-Cola.
- 2003 : Début des études.
- 9 juillet 2007 : La ZAC est déclarée d’utilité publique par arrêté préfectoral.
- La CCCB a reçu une subvention de 527 859 € de dotation de développement rural pour ce projet.
- Des fouilles archéologiques, obligatoires, ont coûté 1,71 million d’euros HT, dont 171 953 € financés par l’État. Elles se sont étalées du 26 avril 2011 à fin avril 2012.
- Des travaux d’aménagement (buttes antibruit, voirie…) ont été lancés pour un montant de 2,7 millions d’euros HT.
Gérard Lescieux, maire de Bierne, et Christian Ley, maire de Socx, saluent la volonté de Coca-Cola de « pérenniser son activité et de permettre à des familles de continuer à vivre et à travailler sur le territoire ». De belles paroles, mais qu’en est-il de la réalité pour les travailleurs ?
L’Ombre au Tableau : Quand la Direction Oublie le Dialogue Social !
Si les élus locaux célèbrent, le contraste est frappant du côté des salariés. La CGT de l’usine, interrogée, dénonce un manque total de transparence :
« Nous n’avons pas été informés par notre direction d’un quelconque projet de nouvelle infrastructure. »
— La CGT de l’usine Coca-Cola
Pour Force Ouvrière, cette opacité est inacceptable. Comment une entreprise peut-elle mener un projet d’une telle envergure, bénéficiant de millions d’euros de fonds publics, sans même informer ses propres représentants du personnel ? C’est un déni de dialogue social et une atteinte aux droits des travailleurs.
Un Mystère Persistant Autour de la Réelle Utilisation des Terrains
Les doutes des syndicats ne s’arrêtent pas à l’absence d’information. Fabrice Vangrevelynghe, délégué CGT, pointe des faits troublants :
« L’usine a déjà la possibilité, avec les installations existantes, de rajouter deux lignes de production supplémentaires – l’usine en compte six au total -, donc je ne vois pas pourquoi Coca-Cola construirait sur la nouvelle parcelle. Les machines, de plus, se modernisent, on peut augmenter nos capacités. Tout ce que je vois, c’est un entrepôt pour du stockage, mais la direction ne confirme pas cette information. »
— Fabrice Vangrevelynghe, délégué CGT
L’hypothèse d’un simple entrepôt de stockage, plutôt que de nouvelles lignes de production créatrices d’emplois qualifiés, est une grave préoccupation. Est-ce là le « développement local » promis ? Est-ce pour cette finalité que des millions d’euros de fonds publics ont été investis par les contribuables ? Force Ouvrière exige des réponses claires et des garanties concrètes pour l’emploi !
La Communication de Coca-Cola : Des Chiffres, Mais Quelles Garanties Sociales ?
Le service communication du groupe préfère mettre en avant des chiffres impressionnants :
- 170 millions d’euros investis sur le site de Dunkerque depuis 1989.
- 22,7 millions d’euros entre 2009 et 2012 pour en faire « l’un des plus performants de Coca-Cola Entreprise, plus grand site de production en France et deuxième en Europe ».
- 75 millions d’euros investis par le groupe en 2012 et 66 millions d’euros prévus en 2013 (dont 7 millions pour Dunkerque).
L’usine est également présentée comme une « référence en matière de responsabilité sociale et environnementale », certifiée ISO5001. Des arguments qui sonnent creux quand le dialogue social est bafoué et que l’avenir des salariés est entouré de mystère.
Force Ouvrière Exige des Actes : L’Emploi et le Dialogue Social ne Sont Pas Négociables !
Force Ouvrière ne peut se satisfaire de cette situation. L’expansion d’un site industriel, surtout lorsqu’elle bénéficie d’un soutien public aussi conséquent, doit s’accompagner d’engagements fermes :
- La transparence totale sur la destination réelle des nouvelles parcelles et les projets d’infrastructures.
- Des garanties claires et écrites sur le maintien et la création d’emplois, en refusant la précarisation ou la simple logistique au détriment de la production.
- Un dialogue social constructif, régulier et sincère avec l’ensemble des organisations syndicales représentatives.
Nous serons vigilants et continuerons de demander des comptes à la direction de Coca-Cola. L’avenir des 371 salariés de Bierne-Socx et l’utilisation des deniers publics méritent bien plus que des silences et des promesses vagues. L’emploi n’est pas une marchandise, le dialogue social n’est pas une option !



