
Changement de Cap chez Coca-Cola Entreprise France : Force Ouvrière Demande Transparence et Dialogue Social
Le 1er septembre prochain marque un tournant majeur pour Coca-Cola Entreprise (CCE) France, leader incontesté du marché hexagonal des soft drinks. Ben Lambrecht prendra les rênes de la filiale, succédant à Tristan Farabet. Au-delà de la simple passation de pouvoir, ce changement de direction soulève des questions fondamentales sur les orientations futures de l’entreprise et, plus important encore, sur l’avenir des salariés. Chez Force Ouvrière, nous restons vigilants face à ces évolutions stratégiques.
Le départ de Tristan Farabet : Quand la « logique CCE » prime sur l’humain
L’annonce du départ de Tristan Farabet, le 15 juillet dernier, a suscité une vive émotion au sein des équipes. Après vingt ans passés chez Coca-Cola, dont quatre en tant que PDG de la filiale française, ce manager « apprécié » quitte l’entreprise. La raison avancée est, comme trop souvent, une question de « logique » corporate :
« Dans la logique CCE, sa carrière aurait dû se poursuivre à l’étranger, ce qu’il ne souhaitait pas pour ne pas « délocaliser » sa famille. »
Cette situation met en lumière une réalité préoccupante : même au plus haut niveau, la vie personnelle et familiale peut être sacrifiée sur l’autel de la mobilité internationale imposée par les grandes multinationales. Force Ouvrière dénonce cette pression constante à la « délocalisation » des carrières, qui impacte l’équilibre de vie de tous les travailleurs, du directeur au collaborateur de terrain.
Ben Lambrecht : Un « nouveau regard » pour quels changements ?
L’arrivée de Ben Lambrecht, un Flamand jusqu’alors patron de CCE Benelux, est présentée comme un signe clair de volonté de changement. C’est en effet une rupture avec la tradition de nommer des Français à la tête de la filiale, comme ce fut le cas avec Dominique Reiniche, Hubert Patricot ou Jean-Pierre Bagard.
Ce « regard et management nouveaux » interrogent. Dans un marché français des soft drinks aux spécificités marquées, où Coca-Cola est archidominant avec près de 50 % du marché, suivi par Orangina-Schweppes et loin devant Pepsi (seulement 3 %), les défis sont nombreux. Le marché ralentit depuis deux ans, impacté par divers facteurs :
- La conjoncture économique générale
- Les aléas de la météo
- Une hausse des taxes spécifiques
- Une suspicion croissante des Français vis-à-vis de l’aspartame pour les versions « lights »
La mission principale de Ben Lambrecht, 49 ans, sera de « faire le lien entre les équipes de CCE France et Hubert Patricot, PDG de CCE Europe ». Mais aussi de « s’acclimater à la France », un pays aux nuances culturelles et sociales distinctes de la Belgique. Pour Force Ouvrière, cette acclimatation doit impérativement inclure une compréhension profonde du dialogue social à la française et un respect scrupuleux des droits des travailleurs.
Ben Lambrecht : Une carrière dédiée à l’entreprise, de KPMG à CCE
Le parcours de Ben Lambrecht est celui d’un professionnel aguerri au monde de l’entreprise. Voici quelques étapes clés de sa carrière :
- 1986 : Entre chez Peat Marwick (KPMG)
- 1988 : Chef de marque chez R.J. Reynolds Tobacco
- 1990 : Responsable clients nationaux chez Delacre
- 1993 : Rejoint The Coca-Cola Company (manager marketing Fanta)
- 1996 : Directeur du centre de ventes CCE Belgique
- 2000 : Vice-président ventes et logistique CCE Belgique
- 2003 : Vice-président régions CCE Grande-Bretagne
- 2005 : Vice-président logistique CCE Belgique
- 2005 : Vice-président commerce et marketing CCE Belgique
- 2010 : PDG du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg)
- Septembre 2013 : PDG de CCE France
Ce CV illustre une ascension classique dans le milieu des multinationales. Force Ouvrière sera particulièrement attentive à la manière dont cette expérience internationale se traduira sur le terrain, notamment en termes de gestion des ressources humaines et de conditions de travail pour les salariés de CCE France.
FO Vigilante : Pour un dialogue social constructif et la défense de l’emploi
Face à ce changement de direction et aux défis du marché, Force Ouvrière réaffirme son rôle de défenseur des intérêts des salariés. Nous attendons de la nouvelle direction de Coca-Cola Entreprise France :
- Une transparence totale sur les orientations stratégiques et leurs impacts potentiels.
- Un dialogue social constructif et régulier avec les représentants du personnel.
- La protection de l’emploi et des conditions de travail des salariés.
- Le respect des acquis sociaux et des spécificités du droit du travail français.
La période de transition est toujours une source d’incertitude. Force Ouvrière sera présente à chaque étape pour veiller à ce que les changements de direction ne se fassent jamais au détriment des hommes et des femmes qui font la richesse de Coca-Cola Entreprise.



