CCE à Paris : FO exige transparence et emploi pour les salariés

Paris (awp/afp) – Coca-Cola Enterprises (CCE), le géant de l’embouteillage des produits Coca-Cola en Europe de l’Ouest, a annoncé sa décision de demander une seconde cotation sur Nyse Euronext à Paris. Cette initiative, qui s’ajoute à sa présence à New York, vise officiellement à attirer les investisseurs européens.

Pour Force Ouvrière, cette manœuvre financière, si elle témoigne d’une stratégie de marché, doit avant tout être l’occasion d’interroger les réelles implications pour l’emploi et les conditions de travail sur le territoire français. Au-delà des chiffres boursiers, qu’en est-il de l’engagement social de CCE ?

CCE à la conquête de la Bourse de Paris : Plus de visibilité, et après ?

C’est une nouvelle qui ne passe pas inaperçue : CCE, acteur majeur de l’économie européenne, souhaite renforcer sa présence financière. À partir de fin mai, l’entreprise prévoit d’introduire ses actions sur Nyse Euronext à Paris. L’objectif affiché est clair et financier.

« Cette seconde cotation […] permettra d’augmenter notre notoriété et notre visibilité auprès des investisseurs français et européens, »

a déclaré à l’AFP Hubert Patricot, président de la branche Europe de CCE. Il ajoute, sans ambages, que cela simplifiera l’accès à leurs projets :

« Ils auront un accès plus simple et plus direct à nos plans de développement, nos plans de croissance. »

Pour Force Ouvrière, cette « simplicité d’accès » doit s’appliquer aussi à la transparence vis-à-vis des salariés et de leurs représentants. La croissance financière doit rimer avec une croissance sociale, garante du bien-être des travailleurs.

Un empire européen en quête de capitaux, mais quel engagement social ?

Domiciliée aux États-Unis, CCE a stratégiquement recentré ses activités sur l’Europe de l’Ouest, après avoir cédé ses opérations nord-américaines et acquis des embouteilleurs en Suède et en Norvège. Cette restructuration dessine un acteur pan-européen de poids.

Avec 13 500 employés et un chiffre d’affaires colossal de 5,5 milliards d’euros, CCE n’est pas une entreprise anodine. Elle est l’embouteilleur exclusif des produits de The Coca-Cola Company et le leader incontesté des boissons rafraîchissantes non-alcoolisées en Europe de l’Ouest.

Derrière ces chiffres impressionnants, Force Ouvrière s’interroge : quelles sont les garanties pour les travailleurs qui génèrent cette richesse ? L’augmentation de capital doit-elle se faire au détriment des conditions de travail ou de la sécurité de l’emploi ?

La France, un marché « dynamique » ou une simple opportunité financière ?

Le choix de Paris n’est pas anodin, selon M. Patricot. Il évoque des raisons techniques, comme les liens avec le New York Stock Exchange et le programme « Fast Path » qui simplifie la seconde cotation. Mais il va plus loin :

« C’est aussi ‘une reconnaissance de l’attractivité d’Euronext Paris’ et une matérialisation de notre engagement très fort en France, le marché le plus dynamique, là où nous avons le potentiel de croissance le plus fort. »

Force Ouvrière prend acte de ces déclarations. Cependant, nous exigeons des preuves concrètes de cet « engagement très fort en France ». Un marché « dynamique » doit avant tout bénéficier à ceux qui le font vivre au quotidien : les salariés.

Nos attentes sont claires et non négociables :

  • Des investissements durables dans les outils de production sur le territoire français.
  • Le maintien et le développement de l’emploi local, avec des contrats stables et de qualité.
  • Des conditions de travail dignes et respectueuses des droits des salariés, avec des salaires justes.
  • Un dialogue social constructif et transparent avec les organisations syndicales, pour anticiper et accompagner les évolutions.

Force Ouvrière veille au grain : Nos revendications sont claires !

L’arrivée de CCE sur la place boursière parisienne ne doit pas être une simple formalité financière. Elle doit être l’occasion de réaffirmer les valeurs du travail face à la seule logique du profit. Les milliards d’euros de chiffre d’affaires et la reconnaissance boursière n’ont de sens que s’ils profitent à l’ensemble de la chaîne, et en premier lieu, aux salariés.

« Pour nous, à Force Ouvrière, la ‘croissance’ et le ‘potentiel’ dont parle CCE doivent avant tout se traduire par une amélioration tangible de la vie des salariés, et non par une simple envolée des cours boursiers. »

Nous serons vigilants et nous ne manquerons pas de rappeler à CCE que le vrai dynamisme d’une entreprise repose sur le bien-être et la reconnaissance de celles et ceux qui la font tourner jour après jour.

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