
+2 %, c’est officiel, mais est-ce suffisant ?
La grille des salaires minima de la convention collective nationale des activités de production des eaux embouteillées, des boissons rafraîchissantes sans alcool et de bière (IDCC 1513) a été revalorisée de 2 % au 1er janvier 2025. Cette revalorisation, fruit des négociations entre les organisations syndicales et patronales de la branche, s’applique à l’ensemble des entreprises couvertes par la convention. Pour les salariés, la question essentielle est simple : cette hausse suffit-elle à compenser l’érosion du pouvoir d’achat constatée ces dernières années ?
Rappel : qu’est-ce que la grille conventionnelle ?
La grille conventionnelle fixe les salaires minimums obligatoires pour chaque niveau et échelon de la classification professionnelle de la branche. Aucun employeur couvert par l’IDCC 1513 ne peut rémunérer un salarié en dessous du minimum correspondant à son niveau. C’est un filet de sécurité essentiel, particulièrement pour les salariés les moins qualifiés ou les plus récemment embauchés.
La grille est structurée en plusieurs niveaux (de I à IX ou équivalent), chacun correspondant à un degré de qualification, de responsabilité et d’autonomie. Les échelons permettent une progression au sein de chaque niveau, en fonction de l’expérience et de l’ancienneté.
Les nouveaux minima par niveau et échelon
Avec la revalorisation de 2 %, les salaires minimaux de la branche BRSA progressent sur l’ensemble de la grille. Pour les premiers niveaux, cette hausse représente un gain mensuel brut de l’ordre de 35 à 40 euros. Pour les niveaux intermédiaires et supérieurs, la progression est proportionnellement plus importante en valeur absolue mais identique en pourcentage.
Il est important de noter que ces minima conventionnels ne doivent jamais être inférieurs au SMIC. Lorsque la grille conventionnelle passe en dessous du SMIC, c’est ce dernier qui s’applique. La revalorisation de 2025 vise notamment à éviter cet « écrasement » des premiers niveaux sur le SMIC, qui dévalorise l’ensemble de l’architecture salariale de la branche.
- Niveaux I et II : les plus impactés par le rattrapage du SMIC, la revalorisation leur redonne un différentiel minimal
- Niveaux III à V : la progression de 2 % s’applique pleinement et maintient l’attractivité de ces postes
- Niveaux VI et au-delà : la revalorisation suit la même logique proportionnelle
L’écart avec l’inflation réelle
Si 2 % de revalorisation est un signal positif, il faut le mettre en perspective. L’inflation cumulée sur les trois dernières années (2022-2024) a dépassé les 12 % sur les produits alimentaires et l’énergie, qui constituent l’essentiel des dépenses des ménages modestes. Les revalorisations successives de la grille n’ont pas comblé cet écart.
Un salarié au niveau II qui gagnait le minimum conventionnel en 2022 a vu son salaire progresser d’environ 6 à 7 % en trois ans grâce aux revalorisations de grille, alors que son panier de courses a augmenté de 12 à 15 %. La perte de pouvoir d’achat est réelle et documentée.
FO rappelle que la grille conventionnelle est un plancher, pas un objectif. Les entreprises de la branche qui réalisent des bénéfices ont la responsabilité de verser des salaires réels supérieurs aux minima, et de compenser l’inflation par des augmentations à la hauteur de la hausse des prix.
Ce que FO revendique pour la prochaine révision
Pour les prochaines négociations de branche, la position de FO est claire :
- Une revalorisation d’au moins 3,5 % pour rattraper le retard accumulé face à l’inflation
- Un mécanisme d’indexation automatique des minima sur l’indice des prix à la consommation
- La revalorisation des primes conventionnelles (ancienneté, nuit, dimanche) qui n’ont pas bougé depuis trop longtemps
- L’ouverture de négociations sur les classifications pour moderniser la grille et mieux reconnaître les compétences
La grille salariale est un droit collectif défendu par votre syndicat. Pour que les prochaines revalorisations soient à la hauteur, faites entendre votre voix avec FO.
Sources
- Salaires des eaux embouteillées et boissons au 1er janvier 2025 — juristique.org, 25 février 2025
FGTA FO : La Fédération Générale des Travailleurs de l’Agriculture, de l’Alimentation et des secteurs connexes
La FGTA FO défend les salariés de tous les secteurs de l’agroalimentaire, pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.
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