
L’Égalité Femmes-Hommes : Une « Grande Cause Nationale » Qui Patine !
Chaque 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes est l’occasion de rappeler un principe fondamental : l’égalité entre les femmes et les hommes. Pourtant, malgré les discours et l’estampille de « grande cause nationale » pour le quinquennat (comme le précédent !), les inégalités salariales et de carrière persistent, voire s’enracinent. Pour Force Ouvrière (FO), l’heure n’est plus aux effets d’annonce, mais à l’action déterminée des pouvoirs publics et du patronat.
Des Chiffres Incontestables : La Réalité des Écarts
Les faits sont têtus et parlent d’eux-mêmes :
- Le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 24 % à celui des hommes dans le secteur privé (tous temps de travail confondus).
- Dans la fonction publique, cet écart atteint 14 %.
- Les femmes, pourtant plus diplômées que les hommes, restent minoritaires sur les postes cadres : 39 % dans le privé, 43 % dans la fonction publique.
« Derrière les effets d’annonce, il y a une absence d’avancées concrètes. FO saisit, cette année encore, l’occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars pour exiger l’égalité réelle. »
Malgré un principe constitutionnel depuis 1946 et consacré par la loi depuis 1972, l’égalité professionnelle reste un mirage. Un front commun de huit organisations syndicales, dont FO, rappelle la nécessité d’une action résolue pour que ce droit devienne effectif.
L’Exécutif : Des Annonces en Cascade, des Avancées au Compte-Gouttes
Des Plans et des Promesses… Sous la Contrainte
L’année 2023 a vu une multiplication des annonces gouvernementales :
- Lancement en mars d’un plan quinquennal interministériel pour l’égalité femmes-hommes.
- Déploiement de l’index égalité à la fonction publique (services de l’État) dès l’été.
- Annonce, à l’issue de la conférence sociale du 16 octobre, de la création en 2024 d’un Haut conseil des rémunérations, avec un chantier dédié aux bas salaires liés aux temps partiels subis (des emplois majoritairement féminins).
- Promesse d’une concertation sur la réforme du congé parental et la refonte de l’index égalité dans les dix-huit mois.
L’Index Égalité : Une Façade Sans Effet ?
« Cinq ans ont été perdus ! Les défauts de conception de cet outil le rendent inopérant pour atteindre l’égalité effective. »
C’est le constat amer de Béatrice Clicq, secrétaire confédérale FO au secteur de l’égalité. FO réclame cette révision de l’index depuis sa création en 2019. L’exécutif semble n’avancer que sous la contrainte, notamment avec la future transposition (d’ici juin 2026) de la directive européenne sur la transparence salariale qui rendra caduc le principal indicateur de l’index actuel.
Pourtant, agir serait dans l’intérêt de tous ! Selon les calculs de FO, le respect de l’égalité salariale apporterait 5,5 milliards d’euros de cotisations supplémentaires par an. Cela exigerait d’aller au-delà de l’affichage et d’agir concrètement sur toutes les causes connues d’écarts, comme FO le revendique depuis toujours :
- La précarité des contrats.
- La sous-valorisation des métiers à prédominance féminine.
- La discrimination salariale.
- L’inégale évolution de carrière.
L’Index Égalité : Une Réforme Urgente et Impérative
Un Outil « Caduc » à Revoir de Fond en Comble
La reconnaissance par l’exécutif, le 16 octobre 2023, de la nécessité de bâtir un nouvel index plus ambitieux, plus transparent, plus fiable dans les dix-huit mois, donne raison à FO. Comment expliquer le paradoxe suivant ?
- L’écart salarial est de 24 % dans le secteur privé.
- La note moyenne des entreprises à l’index était de 88 sur 100 en mars 2023 !
Depuis 2020, seules soixante-dix-sept sociétés ont eu une note inférieure à 75 sur 100, les obligeant à des mesures correctrices. C’est dérisoire !
Les raisons de cet échec, pointées par la Cour des comptes et le Haut conseil à l’égalité (HCE), sont multiples :
- Une méthodologie inadaptée.
- Une absence de logique de résultats.
« L’indicateur sur les rémunérations ne garantit pas une comparaison pour un même travail ou un travail de même valeur. Et il n’y a pas d’obligation de présenter en CSE l’analyse de celui-ci, quelle que soit la note, alors que ce serait un levier dans la négociation sur l’égalité professionnelle. »
Le rapport-bilan du HCE, attendu en mars, confirmera ces critiques et apportera un appui crucial dans la future concertation.
Maternité et Carrière : Le Double Peine des Femmes Cadres
Entre « Réarmement Démographique » et Réalité du Terrain
Alors que le président de la République appelle à un « réarmement démographique », une récente enquête de l’Apec (publiée le 8 février) révèle la dure réalité des difficultés qu’induit la maternité sur les carrières des femmes cadres (qui représentent près de 40 % des cadres, contre 30 % en 2005).
- L’annonce de la grossesse à l’entreprise est perçue comme un moment angoissant, avec la sensation d’une « mauvaise nouvelle » et, pour certaines, un « sentiment de trahison » envers leur employeur.
- Le congé de maternité lui-même est souvent marqué par une absence de la salariée cadre pas toujours respectée, vécue comme un abus ou une intrusion.
Un Retour Difficile, des Conséquences Durables
Le retour de congé maternité est une véritable épreuve :
- 47 % des femmes interrogées le jugent difficile, et 14 % très difficile.
- La grande majorité des mères cadres soulignent la difficulté à faire face à la charge de travail malgré la fatigue, et à être « aussi efficaces (…) et engagées qu’avant ».
- Près des trois quarts des femmes cadres constatent que les entreprises ne mettent pas en place de dispositifs pour anticiper et aménager leur retour.
- Résultat : 44 % des mères cadres éprouvent des difficultés à retrouver leur place à leur ancien poste.
Ces difficultés ont des conséquences à long terme :
- 74 % des mères cadres estiment que le congé maternité ralentit la progression hiérarchique pendant plusieurs années.
- 78 % indiquent que la parentalité est globalement jugée pénalisante, freinant l’évolution professionnelle.
Les chiffres des écarts salariaux sont éloquents : chez les cadres, à profil et poste équivalents, l’écart salarial est de 7 % au détriment des femmes. En moyenne, les hommes cadres perçoivent une rémunération 15 % supérieure à celle des femmes.
FO Exige : Des Actes, Pas Seulement des Mots !
Face à ce constat alarmant, Force Ouvrière continue de se battre pour une égalité professionnelle réelle et effective. Nous ne nous contenterons pas de promesses ou d’outils inopérants. Il est urgent d’agir sur toutes les causes des inégalités : de la précarité des emplois féminins à la sous-valorisation des métiers, de la discrimination salariale aux freins à l’évolution de carrière liés à la maternité.
L’égalité femmes-hommes n’est pas une option, c’est un droit fondamental et un levier essentiel pour une société plus juste et plus prospère. FO restera mobilisée pour que ce droit devienne enfin une réalité pour toutes et tous !





