Le management améliore-t-il le travail des salariés ?

Synthèse de l'article

Collègues, marre des réorganisations à répétition qui ne changent rien à notre quotidien ? Cet article met le doigt sur le problème : des directeurs qui défilent, des réunions interminables où il faut faire semblant, et des managers qui ne savent plus manager. C'est nous, les collègues, qui en faisons les frais quand les problèmes sont cachés au lieu d'être résolus !

A chaque Directeur son organisation:

Chaque deux ans et demi, nous avons un nouveau Directeur puisqu’il y en a eu 7 en 17 ans d’usine. Chaque Directeur arrive avec sa mallette et un projet de nouvelle organisation. Qui dit nouvelle organisation dit modification de la pyramide des managers, mais la modification a une constante, elle ne fait que maîtriser le tiers du temps où les machines tournent. Et comme il faut aussi s’occuper des deux tiers du temps où les managers n’étaient pas là, voilà la journée bien remplie en réunionnite.

Réunion: mode d’emploi

Si vous voulez voir votre chef, ne comptez pas sur lui pour vos petits problèmes, il ne faut pas le déranger car il s’occupe des problèmes de l’usine (sauf des vôtres). Trop de réunions nuit à la qualité des réunions. Les réunions sont un cinéma où il faut paraître bonne figure:

  • – être au courant des choses,
  • – produire des tableaux et des graphes,
  • – dire qu’on a demandé des analyses,
  • – affirmer qu’on a des pistes de solution,
  • – savoir vendre le remède miracle,
  • – vanter les qualités de sa potion en cachant bien ses défauts,
  • – avoir des alliés intéressés (le retour d’ascenseur) ou obligés (je te tiens tu me tiens par la barbichette).

La check-list du parfait manager est là.

Il est tentant de ne faire que ce qui fait plaisir à entendre, d’abonder dans l’idée du supérieur, bonne ou moins bonne, parce que c’est le chef. Oser défendre un autre point de vue est difficile, pas vraiment encouragé, et en tout cas risqué.

Apprendre le métier:

Etre changé de poste, ce n’est pas facile à vivre. Si on a un poste de manager plus valorisant, tout le monde il est beau et les employés-ouvriers (ou les agents de maîtrise) sont bien gentils de former leur nouveau manager aux responsabilités de sa tâche. Le problème est qu’il ne suffit pas d’avoir le titre de responsable pour assumer des responsabilités et qu’avant de bien commander, il faut apprendre le métier. Quand on change d’organisation, il faut une période de rodage, tout comme avec une nouvelle voiture, et il vaut mieux rouler cool pour ne pas créer de frictions. Si on se plaint du booster qui chute après une nouvelle organisation, c’est qu’il valait mieux ne pas faire cette nouvelle organisation. Et si on n’a pas anticipé cette organisation en mettant un booster adapté, il est sûr qu’on va se plaindre. C’est le serpent qui se mord la queue.

Savoir manager:

Si on a un poste de manager moins valorisant parce qu’il ne comporte plus d’aspect management, c’est souvent parce qu’on n’a pas apprécié une façon de manager. Il y a la façon qui ne créé pas de vague parce qu’on a installé un bon brise vagues et la façon où on accepte la vague tout en sachant qu’elle amènera un sable nouveau en en retirant un peu de l’ancien. Manager en acceptant d’écouter les salariés ou de trancher dans des problèmes n’est pas bien vu et on risque les foudres du Comité de Direction Usine. Les managers qui réussissent à briser les vagues, c’est-à-dire à se contenter de parler aux salariés et à masquer les problèmes sont bien vus, mais c’est ensuite les Ressources Humaines qui font face au malaise et au mécontentement des salariés.

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