La politesse du manager

Synthèse de l'article

Collègues, cet article essentiel met en lumière l'importance capitale de la politesse et du respect mutuel pour un travail fructueux au quotidien. Un management respectueux favorise non seulement la productivité de toutes et tous, mais est aussi la base d'un véritable dialogue social et du respect de nos droits fondamentaux.

Interlocuteur 1 : Je t’entends souvent insister sur la politesse qui doit exister du manager vers le managé. Peux-tu me développer ce que tu entends par là?


Personnage de bande dessinée avec une casquette rouge ornée d'un X blanc.

Interlocuteur 2 : Pas seulement du manager au managé, mais aussi du managé au manager. La base du travail commun entre manager et managé ne peut pas se faire de façon fructueuse si chacun ne respecte pas l’autre en tant que personne, quelles que soient les circonstances.


Personnage de bande dessinée avec une casquette rouge ornée d'un Y blanc.

Interlocuteur 1 : Oui, mais pourquoi faut-il ce respect réciproque?

Interlocuteur 2 : Le temps où l’encadrement était le seul à penser et le subordonné à exécuter est révolu. C’est le progrès matériel plus que l’allongement des études qui en est le facteur de révolution. L’employé qui travaille sur écran avec un tableur comme logiciel est capable de faire lui-même des analyses fines et d’en déduire des synthèses. L’ouvrier qui travaille sur machine avec des automates comprend la décomposition de chaque tâche dès lors qu’il doit passer en manuel et il peut déceler les mauvais réglages ou inventer une suite de tâches plus adaptée.

Interlocuteur 1 : Quels sont les moments où tu vois la politesse nécessaire en entreprise?

Interlocuteur 2 : Le manager doit déjà dire bonjour en voyant un autre salarié, qu’il soit ou non de son équipe. Dire bonjour pour le manager, c’est autoriser le managé à lui dire bonjour une autre fois, c’est mettre l’autre sur un pied d’égalité. Si le salarié à qui on a dit bonjour, quel que soit son statut, a un jour une information ou une idée qui peut intéresser l’autre, il pourra la lui communiquer naturellement et non à l’occasion d’une réunion publique. Si un jour le manager a besoin de l’aide ou de la collaboration des autres, ou s’il est en difficulté, il pourra plus facilement obtenir un soutien spontané.

Interlocuteur 1 : Mais dans le travail, comment doit se manifester cette politesse entre manager et managé?

Interlocuteur 2 : Une entreprise qui veut instituer un bon management apprend bien à son encadrement à remercier des tâches quotidiennes ou exceptionnelles demandées. Mais peut-être ne lui apprend-elle pas aussi bien à être poli pour dire ce qu’il estime qui ne va pas ou ne va pas assez.

Interlocuteur 1 : Dire les choses brutes, est-ce manquer de politesse?

Interlocuteur 2 : Une personne qui n’est pas polie est impolie. C’est la définition du dictionnaire et c’est aussi un constat réel. Quand un manager remercie pour un travail rendu, il constate la réalité du travail. Par contre, si le manager constate qu’un travail n’est pas rendu ou ne l’est pas comme il le souhaiterait ou au moment où il le souhaiterait, c’est qu’il y a peut-être des conditions de travail, de sécurité, de formation ou de fonction qui n’en permettent pas la réalisation optimum. Etre poli en faisant une remarque sur un travail imparfait, c’est pour le manager respecter le droit du managé à exprimer ces éventuels moyens. Un chef n’a pas obligatoirement raison quand il fait une remarque. Le manager sait que théoriquement il se passe quelque chose dans un automate programmable. Si cela ne se passe pas, c’est qu’il y a un problème. Les êtres humains ont aussi le droit d’avoir des problèmes.

Interlocuteur 1 : Tu as l’air de penser qu’une entreprise ne peut pas être performante si la politesse ne règne pas dans toute son organisation.

Interlocuteur 2 : Parfaitement. Une entreprise ne peut pas améliorer sa productivité si les relations humaines en son sein se dégradent, et quand la productivité est en chute, c’est d’abord du côté des relations humaines qu’un employeur doit corriger le tir car les techniciens ou un nouvel organigramme ne feront rien à eux seuls. Ce postulat a aussi un corollaire. Respecter les salariés, c’est aussi respecter les représentants que ces salariés se sont donnés dans des instances représentatives. La politesse dans les relations entre un employeur et des représentants des salariés, cela s’appelle le droit du travail. Le dialogue social ne peut pas exister dans une entreprise sans le respect des règles de l’entreprise que sont le code du travail, la convention collective, les accords d’entreprise et d’établissement et le règlement intérieur.

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