Publié par André

No23   

19-décembre-2000   


Editorial:  

PLUS ROYALISTES QUE LE ROI !  

 

Ainsi caractérise-t-on, selon un écrivain cette "catégorie de gens qui a, paraît-il, existé dans tous les temps et existera probablement toujours, pour le malheur de ceux qu'ils croient servir".

Chez Coca-Cola Entreprise, tant dans le commercial et l'industriel qu'au siège, des pressions anormales existent depuis la crise franco-belge qui a infléchi les ventes et elles ont pris une ampleur depuis le passage aux 35h qui ont diminué le temps de travail effectif. Rassurons tout de suite Coca-Cola Entreprise: les pressions ne sont que minoritaires dans l'entreprise. Rassurons aussi l'encadrement: il n'est pas toujours conscient qu'il franchit des limites et commence à déraper.

Il y a quand même des salariés qui se prennent pour des sous-patrons en voulant imposer et faire ce qu'ils veulent. Cette tendance à se prendre pour l'employeur peut aller jusqu'à vouloir sélectionner pour pousser les salariés qui ne correspondent pas au moule vers le licenciement ou la démission. Peut-être peut-on alors s'expliquer pourquoi il y a dans telle ou telle zone trop de jeunes qui ne restent que 18 à 30 mois. L'attrait de la concurrence n'explique pas tout. Un jeune ne peut pas de suite être aussi efficace qu'un ancien, même s'il a l'oeil plus vif et la répartie plus prompte.

La cause principale des pressions, qui est vécue comme normale par ceux qui l'exercent, c'est les objectifs du manager. Face à des objectifs qu'on reçoit, il y a deux attitudes possibles:
1 - faire marcher l'entreprise
2 - faire marcher sa carrière.

Faire marcher l'entreprise, c'est considérer que le marché, le rendement ou le professionnalisme atteints jusque là doivent être consolidés tout en essayant d'y ajouter le plus fixé. Faire marcher sa carrière, c'est croire que ce qui a été atteint n'a pas besoin d'être entretenu et se braquer sur le nouveau qu'on veut. 

Quand un manager demande des tâches après ou avant la journée du travail du salarié, voire pendant ses congés, ce n'est pas normal. Quand un salarié a un contrat de travail précis et qu'on lui fait faire habituellement autre chose, ce n'est pas normal.

La forme principale des pressions, c'est l'égrainage d'un chapelet d'accusations injustes. Et elles sont injustes tout simplement parce qu'on regarde de son bureau, qu'on voit les objectifs sans les moyens, les points négatifs sans les positifs, la situation normale et non celle actuelle, les réalisations moyennes et non celle de la période.

Quand on critique des temps de trajet en oubliant la météorologie, les travaux routiers, les bouchons, ce n'est pas normal. Quand on est critiqué alors que le matériel pour répondre à une panne est absent, ce n'est pas normal. Quand on prend pour argent comptant des plaintes de clients sans chercher à comprendre la situation, ce n'est pas normal.

Ces pressions qui prennent des formes humiliantes, malsaines ou blessantes ne peuvent engendrer que quatre types de réactions:
1 - la fuite
2 - la déprime
3 - la révolte
4 - la soumission.

Parfois, il y a aussi conjugaison de deux de ces attitudes, soit que l'une aboutisse à l'autre, soit qu'elles alternent.

Le salaire est la contrepartie du travail, et pas de la fatigue, du stress ou de la dépression. La carrière, c'est bien, mais pas sur le dos des copains. Le contrat de travail n'est pas une autorisation pour recevoir des accusations blessantes, des jugements psychologiques à l'emporte-pièce ou des mesures rabaissantes.

Chacun dans son travail a besoin d'appréhender ses résultats de façon plus synthétique, de se comparer aux autres, d'être aidé de conseils face à des difficultés, et en cela, un manager est indispensable. Par contre, pour donner le meilleur de lui-même, chaque salarié a aussi besoin qu'on lui fasse confiance, qu'on lui lâche les baskets, afin de travailler de façon autonome et responsable et en apprenant aussi par des erreurs.

Lors de la dernière réunion de l'année prévue par l'accord sur l'ARTT, nous avons alerté la direction de Coca-Cola Entreprise sur quelques dérives de pressions inacceptables qui pouvaient exister et dont beaucoup se font par écrit. Il lui appartient d'oser s'informer (ou d'oser demander des informations aux DRH), et de comprendre que ce qui fait marcher l'entreprise et ce qui fait marcher parfois certains managers n'est pas la même chose car le bilan de l'entreprise est le résultat de la collaboration entre manager et managé, et non celui des règlements de compte. Le respect de tous les salariés est la base de la satisfaction de l'entreprise, des actionnaires et des clients.

Jean-Pierre PUZIN, Délégué syndical central


Nos engagements:

PLEIN GAZ SUR LA ZONE DE LYON !


Lors de la réunion du Comité d'établissement de Beynost d'octobre 2000, les élus du personnel ont rappelé à l'employeur que le travail dans l'entrepôt des camions Vending devait se faire dans le respect de la santé des salariés. Deux personnes sont présentes en permanence dans cet entrepôt. Il n'y a toujours pas d'extracteur de fumée, et, chaque matin, les camions garés à l'intérieur occasionnent lors du démarrage une pollution par les émanations de gaz sortant des tuyaux d'échappement moteur. Les salariés sont en droit d'attendre des solutions à cette nuisance.

Dépôt CCE: 19-décembre-2000 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article